Claas scorpion 7055 : une bête séduisante

Claas scorpion 7055 : une bête séduisante

Animal venimeux, char d'assaut britannique ou groupe de musique hard-rock allemand, le Scorpion est souvent assimilé à la puissance et au redoutable. Denis et Bernard Legay ont vérifié durant dix jours, sur leur exploitation de polyculture-élevage, si le chariot télescopique éponyme de Claas faisait réellement référence à son nom. Dix jours durant lesquels le Scorpion 7055 a aussi bien réalisé les travaux quotidiens de la ferme que ceux de saison.

Dix jours. C'est le temps passé par le Claas Scorpion 7055 au sein de l'exploitation de Denis et Bernard Legay, agriculteurs à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de- Calais). Le chariot télescopique de la firme allemande, présenté il y a quelques mois seulement, a en effet réalisé plus de trente heures de travail sur la ferme de polyculture-élevage des deux frères. Les exploitants, passant chaque année près de 1 200 heures au volant de leur modèle actuel, l'ont donc laissé de côté pour tester, en conditions réelles, le prétendant d'outre-Rhin. Tout juste déchargé du porte-engin, le Scorpion 7055 ne passe pas inaperçu dans la cour de l'exploitation. Son imposant gabarit, ses pneumatiques de 600/55R26,5 et sa panoplie de phares à LED lui donnent fière allure. L'arrivée de Vincent Marcusse, responsable des produits chariots télescopiques pour Claas France, nous permet d'appréhender les différents aspects techniques de l'appareil. Le descriptif du compartiment moteur ne semble pas inquiéter Denis Legay. En revanche, l'utilisateur, habitué à la conduite de modèles à convertisseur de couple, est plus perplexe à l'ouverture du chapitre dédié à la transmission. La marque dote en effet l'ensemble de sa gamme d'une variante hydrostatique. Baptisé VariPower Plus, ce module dispose de deux moteurs à cylindrée variable assurant à la fois la variation en continue de la vitesse d'avancement et l'inversion du sens de marche. Quelques mètres seulement suffiront cependant à l'utilisateur pour prendre en main l'appareil. « Marche avant engagée, l'engin ne bouge pas tant que l'accélé ra teur n'est pas sollicité. Cette souplesse d'utilisation est vraiment appréciable dans le bâtiment pour, par exemple, repousser le fourrage dans le couloir d'alimentation », notera pourtant, quelques jours plus tard, Bernard Legay.  

Apte aux différents travaux de la ferme

  L'imposant gabarit de l'engin ne pose pas de problème aux deux hommes. « La large surface vitrée, le parebrise arrondi et les nombreux rétroviseurs facilitent les manoeuvres dans le bâtiment. » La caméra fixée sur le support de phares avant droit n'est cependant pas indispensable selon les utilisateurs, d'autant que la visibilité à droite est satisfaisante selon eux. « L'idéal serait de déplacer la caméra à l'arrière du chargeur pour faciliter l'attelage du chariot de paille. Car si la visibilité n'est certes pas mauvaise sur le crochet hydraulique, la manipulation nécessaire à son déverrouillage est, elle, fastidieuse », précise Denis Legay. Le Scorpion sera notamment utilisé pour le ramassage de balles de foin puis au transport de bottes de paille avec un chariot de douze mètres. Le chargement du fourrage ne pose cependant que peu de difficultés à l'appareil. La pompe hydraulique offrant 187 l/min permet en effet au moteur de travailler à régime réduit même lorsque l'utilisateur active deux voire trois fonctions à la fois. Le ventilateur à double sens de rotation est, durant ces opérations, apprécié pour son efficacité de nettoyage des grilles du capot. Le moteur développant une puissance maximale de 156 chevaux est nettement plus sollicité lorsque l'attelage s'élance sur la route menant à l'exploitation. « L'ensemble parvient à atteindre 25 km/h durant l'ascension de la plus abrupte des côtes. Le frein moteur du télescopique participe, en descente, à contenir la poussée du chariot de paille. Le puissant frein de service arrête sans grande peine le convoi. »  

Une conduite confortable

  Les épreuves de chargement et de transport permettent également aux essayeurs d'apprécier le confort offert à bord. « La cabine bénéficie d'une bonne insonorisation, souligne Denis Legay. Le siège, doté d'un grand dossier et d'une suspension pneumatique, s'avère particulièrement confortable et intègre, sur le large accoudoir droit, le joystick multifonction. » Seule la hauteur d'accès en cabine sera décriée par l'utilisateur. Le Scorpion 7055 a également été sollicité pour le chargement de fumier. Malgré sa hauteur, il étonne par sa stabilité lors des déplacements avec un godet plein. Ses larges pneumatiques lui offrent de fortes capacités de traction même si, selon l'utilisateur, sa transmission manque légèrement de couple lors, par exemple, d'une entrée franche dans un tas. Sa souplesse, pour vider le godet en remorque, est cependant très appréciée par Denis Legay. « La pédale de frein agit, quand elle est relâchée progressivement, comme pédale d'approche et permet d'avancer pas à pas vers la benne. » L'inverseur du sens d'avancement, placé sur le joystick, est lui aussi approuvé. L'essayeur utilise, durant ces travaux, le dispositif Smart Handling automatisant, en mode godet, la rétraction du télescope dès l'abaissement du bras. Si le débit hydraulique est, une fois de plus, jugé amplement suffisant, l'opérateur aurait apprécié un peu plus de réactivité des commandes pour, notamment, secouer le godet lors de la vidange du fumier. À l'heure du bilan, Denis et Bernard Legay tirent un avis très positif de cet essai de longue durée. Les dix jours de test ont permis au Scorpion 7055 de Claas de séduire les deux agriculteurs, grâce notamment à son confort de conduite et à ses différents aspects pratiques. La transmission hydrostatique, souple et précise, ne les a pas laissés indifférents même si son niveau de couple n'atteint pas, selon eux, celui d'un convertisseur.  

le tour technique : tout y est

  Le chariot télescopique Scorpion 7055 de Claas bénéficie d'une finition haut de gamme pour plaire à une clientèle d'utilisateurs intensifs. Cet engin, comme les autres appareils de la gamme, accède en effet à des composants performants à l'image du circuit hydraulique, de la transmission Varipower Plus ou du moteur de 156 chevaux. Il dispose en plus d'une cabine suffisamment spacieuse et confortable, à condition toutefois de ne pas multiplier les montées et descentes à bord.  

156 chevaux sous le capot

  le Scorpion 7055 de Claas dispose d'un moteur à quatre cylindres d'origine Deutz développant une puissance maximale de 156 chevaux ECE R120. Ce bloc de 4,1 litres intègre notamment une injection à rampe commune s'alimentant dans un réservoir d'une capacité de 230 litres et un turbo à géométrie variable. L'air admis dans la chambre de combustion est d'abord grossièrement dépoussiéré, par effet Venturi, par un préfiltre présent sur le capot moteur. Le filtre principal assure ensuite un nettoyage supplémentaire avant que l'air ne soit dirigé, sous la pression du turbo, vers l'échangeur air/air. Le moteur respecte la norme antipollution Stage IIIB grâce à une vanne EGR, à un catalyseur d'oxydation (DOC) et à un filtre à particules (FAP). Ce dernier élément présente cependant, selon Claas, la particularité de se régénérer à une température maximale de 250 °C contre près de 600 °C sur un automoteur classique. L'utilisation de la machine, même dans un bâtiment, durant ce processus ne serait donc pas contre-indiquée. Le constructeur a également cloisonné le compartiment moteur afin de séparer le groupe de refroidissement du reste des éléments. Un ventilateur entraîné hydrauliquement par une pompe dédiée favorise l'évacuation de l'air chaud vers le haut et, lorsque son sens de rotation est inversé, évacue les résidus présents sur les grilles du capot. Claas préconise un changement de l'huile et des différents filtres du moteur après chaque période de 500 heures de fonctionnement.

Les fonctions sous la main

  la cabine à cinq montants des Claas Scorpion dispose de formes anguleuses offrant une large surface vitrée à bord. Deux marches sont cependant nécessaires pour atteindre le confortable siège de l'appareil. Cette implantation haut perchée de la cabine offre, en contrepartie, une vue relativement dégagée du côté droit. La marque propose néanmoins, en option, un écran affichant l'image perçue par un maximum de quatre caméras. L'opérateur dispose, sur l'accoudoir droit du siège, du joystick multifonction. Un sélecteur rotatif, placé à proximité, permet de définir le mode de direction et veille à réaligner automatiquement les roues lors de chaque changement. Des codes couleurs permettent enfin de discerner les fonctions hydrauliques (vert), électriques (bleu) ou de sécurité (rouge). Les commutateurs placés sur le plafond de la cabine sont, eux, dédiés aux commandes des quelque neuf phares à LED équipant le modèle présenté. Le conducteur bénéficie de série d'une climatisation à régulation manuelle et d'un compartiment réfrigéré. D'autres équipements, tels que le dégivrage électrique des vitres latérales et arrière et les rétroviseurs à commandes électriques, figurent au catalogue des options. Sur demande, est proposé le montage d'usine d'un dispositif de graissage automatique des quelque 25 points en mouvement de l'appareil.  

Un circuit hydraulique haut de gamme

  Claas équipe de série le Scorpion 7055 d'un circuit hydraulique doté d'une pompe offrant un débit maximal de 187 l/min. Celle-ci s'alimente auprès d'un réservoir de 100 litres filtrant l'huile lors de son arrivée, puis à son départ vers les pompes. Le circuit de pression fournit ensuite les différentes fonctionnalités du bras télescopique via des électrovannes à commandes proportionnelles. Un distributeur placé à proximité du tablier dessert à la fois une fonction auxiliaire de l'outil et le système de verrouillage du godet. L'utilisateur dispose, en cabine, d'un menu permettant de paramétrer les débits maximaux entrant et sortant de cette fonction. Un astucieux dispositif de décompression autorise, moteur tournant, le branchement ou le débranchement des conduites de l'équipement attelé. Claas ajoute, en option, un distributeur à proximité de l'attelage arrière de la machine. Le bras télescopique, atteignant une hauteur maximale de sept mètres et d'une capacité de charge de 5,5 tonnes, dispose de série d'une suspension offrant trois modes de fonctionnement. Le premier garantit le fonctionnement permanent et évite, notamment lors de travaux de curage, de racler le sol sans creuser. Le mode auto est à privilégier dans la majorité des opérations. Cette configuration active automatiquement la suspension hydraulique du bras puis l'interrompt, pour travailler avec plus de précision, sous la barre des 7 km/h. La position manuelle n'active, elle, aucun de ces paramètres. Le système de coupure des mouvements aggravants, désormais obligatoire sur ce type d'engin, est ici contrôlé par la fonction Smart Handling dotée de trois modes d'utilisation. La sélection de la fonction godet lie la rentrée du télescope à la descente du bras. Le mode palette agit à la fois sur le bras et le télescope en ne commandant que les fonctions lever/baisser. Le conducteur dispose également d'un mode manuel le laissant libre de ses mouvements. La protection contre la surcharge bloque néanmoins certaines fonctions si les limites de l'appareil sont atteintes. L'opérateur doit, dans ce cas, maintenir un interrupteur de la main gauche puis vider son godet, baisser le bras ou rentrer le télescope.  

Transmission et moteur intimement liés

  Claas a pris le parti d'équiper l'ensemble de ses chariots à bras télescopique Scorpion d'une transmission de type hydrostatique baptisée Varipower. Le moteur hydraulique à cylindrée variable de cette solution contrôle à la fois l'allure et l'inversion du sens de marche. La transmission Varipower Plus, montée de série sur le Scorpion 7055, sur le tout nouveau 7060 mais aussi sur le plus gros 9055, se caractérise par l'intégration d'un second moteur hydraulique procurant davantage de couple qu'un modèle standard. L'utilisation de composants à cylindrée variable optimise également l'utilisation du moteur thermique. La fonction Smart Roading régule en effet le régime du moteur en fonction de la charge qui lui est soumise. L'appareil circule ainsi à une vitesse maximale de 40 km/h à un régime oscillant entre 1 800 tr/min, sur une portion plane par exemple, et le régime maximal lors, notamment, de l'ascension d'une côte. Trois gammes brident électroniquement la vitesse maximale d'avancement pour une réaction plus appropriée de l'accélérateur aux travaux effectués. L'escargot fixe ainsi une plage de vitesse large de 0 à 7 km/h contre 0 à 15 km/h pour la tortue. Enfin, la gamme lièvre permet d'atteindre, sans interruption, la vitesse maximale. Le passage d'une gamme à l'autre s'effectue par une simple impulsion sur un des deux boutons présents sur le joystick multifonction. Ce levier en croix intègre également l'unique commande d'inverseur du sens d'avancement, identifiable à sa couleur orangée, et un bouton de mise au neutre de la transmission. Les utilisateurs intensifs du chariot télescopique trouveront, à l'arrière du joystick, un interrupteur verrouillant le différentiel du pont avant. Claas a également pensé aux adeptes du godet désileur ou de la balayeuse nécessitant un débit hydraulique important et une vitesse d'avancement réduite. Deux petits potentiomètres, placés au pied du levier multifonction, permettent en effet de réguler manuellement le régime moteur et la vitesse maximale d'avancement de l'appareil.        

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