Essai comparatif : 10 télescopiques s'affrontent seconde partie

Essai comparatif : 10 télescopiques s'affrontent seconde partie

Chose promise, chose due ! Pour cette seconde partie du test comparatif de chariots télescopiques, nous avons mené la vie dure à la mécanique. Les moteurs, l'hydraulique et les transmissions ont vite monté en température, parfois trop ! Ces chargeurs ont subi tour à tour des épreuves de consommation, des mesures d'effort de traction, des forces de levage... Après un aparté sur la réglementation, vous trouverez également dans ce dossier les avis de l'essayeur lors des tests de chaque chariot télescopique.

Réalisé fin juin au sein du Gaec Girard, situé à La Couarde dans les Deux-Sèvres, l'essai comparatif des dix chariots télescopiques a mis à mal la mécanique. Après les mesures en statique ainsi que les fiches techniques parues dans une première partie, dans le précédent numéro de Matériel Agricole (no 214), en octobre, vous trouverez dans ce second volet les résultats des tests dynamiques. En étroite collaboration avec les chambres d'agriculture de Poitou-Charentes, des Deux-Sèvres et de Charente, ainsi que la FD Cuma des Deux-Sèvres, nous avons mesuré la consommation des chargeurs lors de travaux de manutention, de chargement de fumier, au ralenti puis au transport avec un plateau Cosnet. Nous avons également évalué les temps de cycles et réalisé des tests de force de levage, de limite de basculement et d'effort de traction. Ces résultats sont complétés, sous forme de fiches, par l'avis de l'essayeur émis lors de chaque épreuve.  

LA CONSOMMATION

  Un bidon déviant le circuit de carburant de chaque chariot télescopique nous a permis de mesurer leur consommation en GNR, en le pesant avant et après chaque épreuve.  

Manutention

  Pour réaliser ce test de manutention, nous avons utilisé trois palettes chargées chacune d'un bloc de béton d'environ 1 600 kg. Ces blocs étaient déplacés du sol vers un plateau haut de 1,20 m. Les zones de chargement et de déchargement se situaient à une distance de 50 m environ sur un sol stabilisé en terre. Un temps de cycle complet durait environ une minute tandis que l'essai se déroulait pendant une heure. Lors des travaux de manutention, la palme du plus économe en carburant revient au Claas Scorpion dont la transmission hydrostatique Varipower permet d'évoluer sur un filet de gaz. Le Merlo et le Caterpillar complètent le podium. Ils font partie des engins demandant moins de 5 L de carburant par heure. Le JCB et le Case IH s'en sont moins bien sortis avec une consommation supérieure de plus de 45 % à celle du Claas.  

Chargement de fumier

  Nous avons mis à l'épreuve les machines en simulant le chargement de fumier dans une remorque ou dans un épandeur. Nous disposions d'un tas de fumier de bovins auprès duquel une rubalise simulait la hauteur de chargement. L'essai était réalisé avec un godet multifonction adapté et à pleines capacités de la machine. Il durait une heure. Dans cet exercice, le Caterpillar surclasse ses homologues en offrant un débit de chantier important tout en affichant un appétit mesuré. Il est talonné par le JCB et le Case IH. Ces derniers sont plus à leur aise dans cet exercice que lors de la manutention. Leur débit de chantier est intéressant, tout en conservant une consommation raisonnable. Les Bobcat, Dieci et Massey Ferguson disposent d'un débit de chantier également au-dessus de la moyenne, mais cette performance se paie en termes de consommation. Le Merlo et le Manitou ferment ce classement, car ils sont pénalisés par leur faible débit de chantier.  

Ralenti

  Nous avons mesuré la consommation de carburant de chaque chariot télescopique au ralenti pendant une heure. Pour cette mesure d'apparence simple, des différences significatives ont pu être observées. Le plus économe en carburant au ralenti est le Merlo avec moins de 1 L consommé en une heure. À la différence du Case IH qui, avec 2,8 L/h, s'est révélé gourmand. Sur le Dieci, le système de freinage reste en pression dès l'absence de conducteur au volant et entraîne un surplus de consommation.  

Transport

  Pour mesurer la consommation au transport, chaque chariot télescopique effectuait un parcours routier attelé à un plateau Cosnet de 11 m de long chargé de paille (poids total de 13,12 t). Le tracé, long de 20,9 km, intègre une côte de 2,3 km qui a permis de relever un temps de montée.   Le transport n'est pas la vocation première des chariots télescopiques comme en témoignent les écarts de consommation et de temps avec le tracteur témoin, un New Holland T6050 de 126 ch. Les résultats ne mettent pas en évidence des différences significatives entre les modèles dotés d'une transmission hydrostatique et ceux disposant d'un convertisseur de couple. En effet, sur le podium du temps de parcours se trouvent des modèles utilisant les deux technologies. Rapides, le Claas et le JCB se départagent au niveau de la consommation en faveur du second. Les Bobcat et Massey Ferguson font payer cher leur bon temps de parcours avec une consommation importante. Le Dieci et le Deutz-Fahr ont été les plus lents à boucler le parcours, mais ils ne sont pas les plus gourmands en carburant. Le Case IH et le Merlo, pour leur part, réalisent un temps de parcours moyen. Les temps pour parcourir la côte de 2,3 km présentent une amplitude importante de près de deux minutes entre le plus rapide et le plus lent. Le trophée du meilleur grimpeur revient au Claas, suivi de près par le Manitou. Le Deutz et le Dieci, à nouveau les plus lents, ne seront peut-être pas le meilleur choix pour les gros rouleurs.  

L'EFFORT DE TRACTION

  Nous avons mesuré l'effort de traction en sanglant chaque chariot télescopique à un poids lourd sur une aire bétonnée. La force, indiquée par un dynamomètre, est évaluée à vide puis avec une masse de 1 580 kg sur la fourche à palettes. La mesure est répétée trois fois, à 1 500 tr/min puis au régime maximal. Nous avons choisi de ne présenter ici que les valeurs à régime maximal.   Ce test d'effort de traction mène la vie dure aux préjugés. Alors que la transmission hydrostatique est souvent jugée moins performante pour des travaux de traction, le chariot télescopique Dieci, doté de ce type de boîte, est le champion de cette épreuve, à 1 500 tr/min comme à plein régime, à vide ou avec une masse sur le bras. Il est talonné par le Merlo, qui possède une transmission similaire, ainsi que par le Case IH, le Caterpillar ou le Deutz qui, pour leur part, utilisent un convertisseur de couple. Le Massey Ferguson ne tire fort que lorsqu'il est lesté et à plein régime. Les chariots télescopiques se tiennent dans un mouchoir de poche sur le critère de l'effort en pourcentage de la masse totale à vide. Lestés de 1 580 kg, six télescopiques sont capables de tracter plus de 80 % de leur poids total. Ce bloc de béton leur permet d'atteindre une force de traction moyenne de 7 550 daN.m, contre 6 300 daN.m à vide.  

LA CAPACITÉ DE LEVAGE

  La capacité de levage est un des points majeurs d'un engin de manutention. Pour la mesurer, le lève-palette est fixé à un point d'ancrage, en contrebas du chariot, à l'aide d'une sangle. La force, indiquée par un dynamomètre, est évaluée à plusieurs reprises, bras rentré et complètement sorti, à 1 500 tr/min puis au régime maximal. Seules les valeurs au régime maximal sont ici présentées. De même, les mesures sont réalisées avec et sans l'arrêt des mouvements aggravants. Cette sécurité, comme son nom l'indique, n'est pas censée être désactivée au travail.   Les capacités de levage mesurées sont toutes supérieures à celles annoncées par les constructeurs. Lorsque l'arrêt des mouvements aggravants est activé et la flèche rentrée, la machine qui s'en sort le mieux est le Deutz-Fahr avec une capacité supérieure à 5,4 t. Les Case IH, Claas et Dieci suivent avec des valeurs supérieures à 5 t. Les résultats diffèrent lorsque la sécurité est désactivée. Certaines protections laissent en effet une marge de sécurité importante pour l'utilisateur. Sur sept des dix modèles, l'écart atteint plus de 1 t. Le Case IH monte toujours sur le podium. Il est cette fois-ci accompagné du JCB et du Massey Ferguson, lequel, en supprimant la sécurité, augmente sa capacité de plus 1,4 t. Télescope sorti au maximum et sécurité activée, les valeurs relevées mettent en lumière des écarts importants. Avec une capacité supérieure à 2 t, les premières places sont occupées par Caterpillar suivi de Merlo, Case IH et Massey Ferguson. Les mauvais élèves sont le JCB et le Claas. Sur le premier, la sécurité a bloqué tous les mouvements. Sur le Claas, la capacité n'est que de 1 254 kg, le plaçant loin de ses concurrents. Une fois la sécurité désactivée, les écarts s'avèrent moins importants qu'avec la flèche rentrée. Les trois meilleurs résultats sont à nouveau détenus par Caterpillar, Merlo et Case IH ; tous les trois, ainsi que le Deutz-Fahr, se trouvent au-delà de 2,3 t.  

LA LIMITE DE BASCULEMENT

  Pour ce test, nous avons posé un bloc de béton de 1 580 kg sur une palette chargée sur les fourches. Cette masse est positionnée à 30 cm du sol, et l'essieu arrière des machines est placé sur des plaques de pesée. Le conducteur allonge le télescope jusqu'à déclencher la sécurité contre les mouvements aggravants. Une deuxième mesure est réalisée sans la sécurité, flèche sortie au maximum.   Lors des tests de limite de basculement, aucune machine n'a totalement délesté son essieu arrière. Cependant, l'intervention de l'arrêt des mouvements aggravants s'effectue plus ou moins rapidement selon les marques. Le Dieci, le Claas et le Bobcat font partie des plus préventifs. Ils coupent en effet leurs mouvements, alors qu'il reste encore 960 kg sur l'essieu arrière du Claas et plus de 1 300 kg sur les deux autres. Les sept autres machines sont toutes capables de sortir le télescope jusqu'en butée sans activer la sécurité. Le Merlo et le Caterpillar se distinguent des autres chariots avec respectivement 1,24 et 1,35 t restant sur leur essieu arrière. Lors de la coupure des sécurités, chaque engin a pu emmener le poids à sa portée maximale. Les plus délestés sur l'arrière ont été le Claas avec seulement 260 kg restant et le Manitou avec 330 kg.  

LES TEMPS DE CYCLE

  Nous avons chronométré à trois reprises chaque temps de cycle, avec la fourche à palettes, d'abord à 1 500 tr/min puis au régime moteur maximal.   Les champions du bennage et du cavage sont le Deutz-Fahr, le Caterpillar et le JCB, quel que soit leur régime moteur. Les chariots télescopiques les plus rapides pour charger une remorque devraient être le Massey Ferguson, le Bobcat et le Dieci, en raison de leurs mouvements rapides de montée et de descente du bras. Le Dieci est d'ailleurs le seul à le baisser en moins de 5 secondes à 1 500 tr/min. Le Caterpillar, le Deutz-Fahr, le Claas, le JCB, le Manitou, le Massey Ferguson et le Bobcat possèdent cependant un amortisseur de fin de course susceptible de pénaliser ces temps mais offrant davantage de confort à la conduite. Les chariots télescopiques se tiennent dans un mouchoir de poche lorsqu'il s'agit de manoeuvrer leur télescope. Ils demandent entre 4 et 6 secondes en moyenne pour rétracter leur bras, contre 5 à 8 secondes pour le sortir. Les commerçants en paille devraient apprécier le Bobcat, le Massey Ferguson et le Dieci qui se distinguent à nouveau pour leur rapidité à réaliser la double fonction : sortie et levée de flèche ainsi que l'entrée et la descente. Passer de 1 500 tr/min au régime moteur maximal permet de gagner en moyenne 5 secondes sur le temps de montée et de sortie de flèche, contre un peu plus de 2 secondes pour le mouvement simultané de descente et d'entrée.  

Réglementation : obligations et prévention salvatrices

  Les accidents liés à l'utilisation des engins de levage causent chaque année près d'une vingtaine de décès en France et provoquent l'invalidité de 800 à 900 personnes. Pourtant, des actions préventives et d'usage visent à réduire ces risques. Le point sur la question avec Jean-Luc Pérès, des Chambres d'agriculture France.  

Chauffeurs formés

  L'obligation de formation à l'utilisation des machines pour réduire les accidents figure dans le Code du travail. Pour les engins de levage et de manutention, notamment de type chariot télescopique ou élévateur à mât vertical, l'employeur est obligé de délivrer une autorisation de conduite personnelle pour chaque matériel utilisé. Le chauffeur doit pour cela se montrer apte à cette activité et suivre une formation à la conduite en sécurité spécifique à chaque machine. Cette partie peut être réalisée en externe et éventuellement sanctionnée par un CACES (certificat d'aptitude à la conduite en sécurité). Ensuite, le responsable d'entreprise doit former le chauffeur aux spécificités de conduite et de sécurité du ou des chantiers à réaliser (confection de tas d'ensilage, gerbage de balles, circulation près d'une fosse, sous une ligne électrique...). Lors des manoeuvres, le conducteur doit s'assurer en permanence qu'il travaille en sécurité et qu'aucune tierce personne ne se trouve dans la zone de danger. Enfin, le dirigeant délivre une autorisation de conduite, non obligatoire pour les machines agricoles, signée par les deux parties, stipulant nominativement les matériels et les chantiers.  

Machines en règle

  Lors de l'acquisition de tout matériel neuf ou d'occasion, son propriétaire doit s'assurer que celuici respecte la réglementation. Dès l'achat, par écrit, et lors de la livraison, il doit obtenir le certificat de conformité (marquage CE) ainsi que le certificat d'homologation, dit « barré rouge ». La présence sur la machine de la plaque CE et du certificat CE atteste que l'engin respecte bien les règles de conception, les normes et règlements européens propres à chaque type de machine. Les achats d'occasion requièrent une attention particulière sur l'état de conservation des dispositifs de sécurité. Les chariots télescopiques sont autorisés à circuler sur la voie publique sous différents types d'homologations : tracteur agricole, MAGA (machine agricole automotrice) ou engins spéciaux bénéficiant d'homologation routière. La vitesse maximale, les capacités de charge et de traction (PTAC, PTRA) diffèrent selon la catégorie administrative du véhicule. Par conséquent, le décideur a intérêt à choisir le type d'homologation de son engin en cohérence avec les activités envisagées. Ce choix devra être stipulé sur le seul document ayant valeur légale : le bon de commande.  

Permis adéquat

  Suite à l'adoption de la loi Macron le 6 août 2015, le permis B (voiture) devient la règle de base pour la conduite des machines agricoles, et ce, quel que soit le type d'activité (agricole, forestière, travaux publics, environnementale...). La dérogation à tout permis pour les chauffeurs de matériels appartenant à une exploitation agricole ou forestière, une Cuma ou une entreprise de travaux agricoles, exclusivement pendant leurs activités agricoles et forestières, est toujours en vigueur. De manière générale, l'utilisation d'un engin de levage est interdite aux jeunes de moins de 18 ans. Le décret n° 2015443 du 17 avril 2015 assouplit la procédure en permettant d'affecter un apprenti mineur (tout jeune en formation professionnelle) sur des travaux réglementés, notamment le levage. La demande de dérogation est remplacée par une simple déclaration auprès de l'inspection du travail. Les jeunes apprentis, stagiaires ou salariés « rattachés » aux types de structures définies cidessus, peuvent ainsi conduire dès 16 ans les machines agricoles à condition de disposer d'une autorisation de l'employeur pour ce type de machine.  

Obligations de suivi

  Depuis juin 1993 pour les engins de terrassement et depuis mars 2004 pour les engins de levage, un contrôle technique appelé « vérification » est imposé à ces machines. Ce passage en revue doit intervenir dans trois situations : lors de la première mise en service sur l'exploitation pour les matériels neufs, d'occasion et même de location, après une réparation sur le système de levage ou sur une partie structurante de l'engin, ou de manière périodique. Dans ce cas, le contrôle a lieu tous les ans pour les engins manipulant des produits en vrac (terre, grain...) ou tous les six mois pour les engins destinés à la manipulation de produits conditionnés avec des pinces ou des fourches à palettes (big bag, balles de fourrage, palettes...). Selon la réglementation, ces vérifications doivent être réalisées par des personnes familières des opérations de contrôle technique et compétentes dans la connaissance de la réglementation et des machines. Depuis mars 2004, un carnet de maintenance doit accompagner l'automoteur de levage. L'utilisateur y répertorie l'ensemble des opérations effectuées ainsi que les dates et conclusions des vérifications. Ce cahier complète le document unique d'évaluation des risques de chaque entreprise.  

Essai comparatif : l'avis de l'essayeur

 

Bobcat : TL 470 HF AGRI

  Le chariot télescopique TL 470 HF Agri de Bobcat va droit au but. Sa cabine en l'occurrence, au tableau de bord spartiate, a le mérite d'offrir une prise en main instantanée. Le faible nombre de fonctions ne l'empêche pas pour autant de faire l'impasse sur la remise en ligne automatique des roues ou sur la suspension de flèche. Sa transmission hydrostatique se veut, elle aussi, des plus simples d'utilisation. La première gamme privilégie le couple pour entrer, voire monter, sur le tas de fumier. Le Bobcat s'est également distingué, durant cette épreuve, par sa stabilité à toute épreuve, préférant glisser plutôt que tanguer. L'inverseur réactif, sans pour autant être brutal, contribue à lui offrir un débit de chantier élevé. La réactivité des mouvements de la flèche, même en cumulant les fonctions, y participe également. Après avoir enclenché, à l'arrêt, la seconde gamme de la boîte, l'engin élance sans peine le convoi formé avec le plateau de paille Cosnet de 11 m. Ses performances n'ont rien à envier à celles de ses concurrents à convertisseur de couple, même si sa consommation demeure plus élevée. Son frein moteur omniprésent dans les descentes est en revanche nettement plus rassurant.  

Case IH : FARMLIFT 742

  Le Case IH Farmlift 742 est un des chariots télescopiques de référence pour les travaux extérieurs. Lourd et doté d'un large empattement, il se révèle en effet très stable et prévenant durant les phases de chargement de fumier. Le discret dispositif de coupure des mouvements aggravants n'a, d'ailleurs, jamais ralenti le débit de chantier de l'appareil. Seule la faible vitesse de descente du bras limite son rythme de chargement. Case IH a placé l'ensemble des commandes liées au système de levage et à la boîte de vitesses sur le joystick facilitant ainsi la prise en main. La transmission, dotée de six rapports sous charge, offre une belle souplesse de fonctionnement sur la route mais génère, au travail, un désagréable à-coup dès l'enclenchement de la marche arrière. Son convertisseur de couple manque également de progressivité pour appréhender, sans casser, les palettes de notre épreuve de manutention. L'ensemble moteur-transmission travaille néanmoins en silence au grand bénéfice du niveau de bruit en cabine. Les travaux dans les milieux exigus pâtiront, eux, du très large rayon de braquage mesuré de l'engin. La visibilité panoramique, notamment à droite, sera, à l'inverse, un précieux allié.  

Caterpillar : TH 407 C

  Le Caterpillar TH 407 C testé par la rédaction était équipé d'un moteur de 142 ch plus puissant que la majorité des autres modèles essayés. Cette spécificité ne l'a pas empêché d'offrir un rapport consommation/performance particulièrement favorable, quel que soit le travail réalisé. Le convertisseur de couple, associé à une boîte à six rapports sous charge, manque parfois de douceur lors des phases d'approche mais s'avère nettement plus à l'aise devant un tas de fumier ou dans les côtes du parcours routier. L'engin bénéficie en effet d'une importante capacité de traction lui permettant de remplir aisément le gros godet de 1,6 m3 à un rythme soutenu. Sa stabilité sur terrain meuble n'a jamais été mise à défaut malgré l'important volume de fumier transporté. Le grand angle de cavage de son tablier s'avère également précieux pour le vider complètement. La largeur du joystick, intégrant quatre paires de boutons, se montre néanmoins fatigante lors de manoeuvres répétitives. Si la faible hauteur de la cabine facilite l'accès à bord, elle limite cependant la visibilité latérale droite qui pâtit, en supplément, d'un capot moteur proéminent.  

Claas : SCORPION 7035

  Le Scorpion 7035 de Claas est l'un des chariots télescopiques associant le mieux la souplesse d'une transmission hydrostatique aux performances d'un convertisseur de couple. La VariPower offre en effet un couple de premier ordre, sur route comme face au tas de fumier, avec une précision infaillible pour appréhender des palettes. Pour y parvenir, le chauffeur dispose de trois plages de vitesse adaptant la course de l'accélérateur au travail en cours. Seule la pédale de frein, de petite taille et distante de celle de l'accélérateur, complique le freinage du pied droit. Le régulateur de régime du moteur SmartRoading réduit autant, sur la route, le niveau sonore que la consommation de carburant. Le confort reste, dans toutes les épreuves, de premier ordre grâce, notamment, à un siège doté d'un dossier haut et d'une suspension efficace. Le train arrière du Scorpion est cependant vite déstabilisé lorsque le godet est rempli. L'empattement et la masse du chariot, tous deux inférieurs à la majorité des autres modèles, expliquent en partie ce constat. L'automatisme de mémorisation de la position du godet est, quant à lui, un allié de taille lors d'opérations de chargement répétées.  

Deutz Fahr : AGROVECTOR 37.7

  Difficile de déstabiliser l'Agrovector de DeutzFahr. Ce modèle s'est en effet illustré au chargement du fumier par son équilibre à toute épreuve. Attelé à un godet de 1,2 m3 de capacité, l'engin profite d'un tablier offrant une importante course angulaire pour faciliter la vidange. Son moteur Deutz de 120 ch est néanmoins à la peine lorsque le rythme s'accélère. Il est d'ailleurs préférable d'engager le deuxième rapport de la transmission pour conserver un régime moteur suffisant à l'entraînement du système hydraulique. En cabine, le faible niveau sonore perçu au cours des différentes épreuves compense les quelques imperfections d'ergonomie remarquées à l'utilisation. Les quatre rangées d'interrupteurs présentes sur le joystick ont, notamment, causé quelques erreurs de manipulation. L'ordinateur de bord, bien que complet, mériterait également un affichage de plus grande taille. Rien à redire cependant sur la position de l'inverseur, à gauche du volant, ou sur la souplesse de passage des différents rapports sous charge.  

Dieci : AGRI PLUS 40.7 VS EVO 2

  L'Agri Plus 40.7 VS Evo 2 de Dieci s'est lui aussi prêté aux différentes épreuves concoctées par la rédaction. Ce modèle, doté d'une transmission dite « à variation continue », se démarque de ce fait des modèles hydrostatiques ou à convertisseur de couple. L'appareil est ainsi relativement souple d'utilisation et précis pour manipuler les blocs de béton de la première épreuve. La pédale d'approche participe activement à ce résultat. Seul le manque de visibilité à travers le tablier des fourches, dû à la présence du système de verrouillage hydraulique de l'outil, a réduit en petit bois plusieurs de nos palettes. Le système hydraulique très performant élève rapidement les godets chargés de fumier mais saccade néanmoins les mouvements lors de la descente de la flèche. Le mode tortue de la transmission permet de bénéficier d'un couple important pour entrer dans le tas de fumier mais limite en revanche la vitesse de déplacement à 5 km/h. Le mode lièvre, lui, s'avère très voire trop rapide pour ce travail, mais il autorise le réglage de la réactivité de la transmission. Ce second mode n'est cependant pas avare de frein moteur quand le chariot aborde les longues descentes du parcours routier. La cabine, quant à elle, n'est pas la plus large du marché mais bénéficie d'une profondeur importante et de nombreux équipements, à l'instar du toit ouvrant ou d'un ordinateur de bord clair et lisible.  

JCB : 536-70 AGRI SUPER

  Des dix chariots télescopiques essayés, le JCB 536-70 Agri Super est sûrement l'un des plus polyvalents. Ce modèle offre tout d'abord un confort de premier ordre sur les trous du circuit de manutention comme sur la route. La cabine, relativement haute, offre une bonne visibilité panoramique. Elle bénéficie d'une ergonomie particulièrement soignée, à l'instar de son tableau de bord bien organisé et lisible. Sa direction souple limitera la fatigue du conducteur, tandis que son joystick tombe sous la main. Ce dernier intègre d'ailleurs une fonction ingénieuse permettant de secouer automatiquement le godet sans s'acharner sur le levier. Léger sur la bascule, le JCB 536-70 l'est aussi sur l'essieu arrière. Sa stabilité, au chargement du fumier, est ainsi souvent mise à défaut par un godet d'origine à la masse à vide déjà élevée. La transmission de l'engin sait aussi faire preuve de souplesse pour les manoeuvres de précision. Sur la route, le verrouillage de son convertisseur et la désactivation de l'entraînement du pont avant permettent d'obtenir la consommation de carburant la plus réduite, tandis que l'automatisme de passage des deux derniers rapports de la transmission libère le conducteur de cette tâche.  

Manitou : MLT 735 120 PS

  Le Manitou MLT 735 120 PS se distingue d'emblée par sa facilité de conduite. Son tableau de bord épuré et son joystick épousant la main offrent en effet une prise en main quasi instantanée. La forme spécifique de ce dernier procure, en plus du confort de conduite, une grande précision durant les manoeuvres de manutention. Le chauffeur bénéficie d'une visibilité panoramique appréciée autant dans les bâtiments qu'à l'extérieur. Sur la route comme au chargement, la cabine peine néanmoins à filtrer les vocalises de la transmission à six rapports sous charge comme celles du moteur Deutz. La consommation de carburant de ce dernier figure cependant, quel que soit le travail réalisé, en dessous de la moyenne de la catégorie. Le convertisseur s'est, lui, fait remarquer par son manque de souplesse, lors des phases d'approche, d'autant que le dispositif de débrayage automatique, désaccouplant la transmission dès la sollicitation de la pédale de frein, offre un temps de latence à chaque redémarrage. Le système de réalignement des roues doté de voyants lumineux ainsi que l'automatisme de la boîte de vitesses sont en revanche appréciables quand vient l'heure de prendre la route.  

Massey Ferguson : 9407 S XTRA

  Le Massey Ferguson 9407 S Xtra a été le dernier des chariots télescopiques testés durant nos dix jours d'essai. Ce modèle s'est rapidement caractérisé par sa facilité de prise en main. Son poste de conduite on ne peut plus épuré, à la finition peu flatteuse, ne retient, il est vrai, que le strict essentiel. Sa transmission hydrostatique, dotée de deux gammes mécaniques, a, quant à elle, déjoué les pronostics tant sur le parcours routier qu'au cours de l'épreuve de chargement. L'engin, attelé au plateau de paille Cosnet de 11 m de long, a en effet vite gravi les côtes mais a aussi été l'un des plus gourmands en carburant. La précision d'approche de sa transmission et la visibilité sur les fourches ont, elles, été appréciées lors de la manutention de palettes. Enfin, le 9407 S Xtra s'est illustré par sa capacité de traction, en première gamme, pour entrer dans le tas de fumier. L'inversion du sens d'avancement s'effectue rapidement, mais en douceur, depuis le commutateur placé sur le joystick multifonction. Sa stabilité n'a que rarement été mise en défaut tout comme son circuit hydraulique, performant et réactif à la fois.  

Merlo : TF 38.7 CS 120

  Premier de nos dix télescopiques à être essayé, le Turbofarmer 38.7 de Merlo a placé, d'entrée de jeu, la barre du confort relativement haut. La suspension hydropneumatique de sa cabine nous a séduits sur la route comme au cours des différentes épreuves de manutention. Les équipements à bord ne manquent pas, à l'instar du terminal à écran couleur, autorisant la pesée, ou du joystick intégré à l'accoudoir. Dommage, cependant, que ce dernier soit placé trop haut et sans grande marge de réglage. Les boutons-poussoirs de la colonne de direction pilotant l'inverseur du sens d'avancement sont eux aussi trop distants du volant et trop petits. Leurs homologues sur le joystick sont heureusement plus pratiques à l'utilisation. Le moteur de 122 ch, un peu juste lors de chargements intensifs, est cependant épaulé par un circuit hydraulique réactif. La transmission hydrostatique rassure dans les descentes, grâce à son important frein moteur, tout en restant progressive lors des phases d'approche. Bon point également pour le dispositif Eco Power Drive Top modulant le régime moteur selon les sollicitations du chauffeur sur le joystick. Le conducteur utilise ainsi la pédale d'accélérateur classique comme unique pédale d'avancement.    

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