Chantier de damageVenez faire un tour en dameuse à Tignes

Venez faire un tour en dameuse à Tignes
(©Agri-91)

À la mi-janvier, je me suis rendu à Tignes, une station de ski de haute montagne située en Savoie, pour découvrir l’organisation d’un chantier de damage.

 J’ai accompagné, le temps d’une soirée puis d’une matinée, quatre chauffeurs de dameuses. Leur rôle ? Assurer l’entretien d’un dédale de plus de 300 km de pistes. À cette période, l’enneigement est très correct. Il atteint plus de 1,5 m en bas des pistes. Suivez-moi, je file au garage du parc d’engins basé au Lac, un village à 2 100 m d’altitude.  

Les conducteurs d’engins de damage se relaient de 17 heures à 9 heures du matin, tout comme Clémentine qui assure le service de la matinée.

Il est 17 heures quand les pistes ferment leurs portes au public. Le temps pour moi de prendre la direction du garage à dameuses de la station. À 17 h 30, les chauffeurs arrivent sur place. Ils préparent leur machine, font le plein, démarre leur monture pour que les différents composants et fluides montent en température. Certains en profitent pour laver les vitres couvertes de calcaire issu de la neige de culture. Avant de partir déplacer des mètres cubes de neige, Sébastien, le chef du service damage, briefe son équipe du soir composée de dix conducteurs d’engins de damage en leur expliquant les différents travaux à effectuer durant la nuit. Ces tâches sont rapportées par les pisteurs, selon la détérioration des pistes générée par les skieurs ou encore les dégradations causées par les conditions climatiques. Le parc matériel du domaine skiable de Tignes comprend 15 machines, dont 11 dameuses dites « standards » et 4 chenillettes équipées d’un treuil. Ces engins proviennent en grande partie du constructeur allemand Kässbohrer, avec 11 PistenBully 600, mais la station possède également quatre Leitwolf de l'Italien Prinoth, installé dans le Tyrol du Sud.

Lors de ma soirée, Thomas travaillait en binôme avec une autre dameuse. Le soir, le damage des pistes est privilégié pour que la neige durcisse durant la nuit.

Une soirée tranquille

Pour ma première soirée, j’embarque avec Thomas. Il est au volant d’un des derniers modèles de la marque allemande. La PistenBully 600 Level Red présente un nouveau design de capot et de nombreux équipements améliorés, comme le joystick pour la gestion de la lame. Le dameur démarre sa machine, et nous quittons le garage. Ce soir-là, mis à part du « lissage », qui consiste à damer un certain nombre de pistes, il n’y a pas grand-chose d’autre à effectuer. « Nous n’avons pas recensé de chute de neige depuis le début des vacances de Noël. Les conditions météorologiques sont correctes depuis le 23 décembre. Avec le froid, la neige est très stable et ne bouge pas. Il suffira d’éliminer les quelques bosses suite aux passages des skieurs et de ramener la neige au milieu des pistes. La plupart du temps, le soir, nous faisons juste un simple entretien de surface pour que la neige durcisse durant la nuit », m’explique Thomas. Quelques heures s’écoulent, j’en profite pour descendre et faire quelques photos. Vers 21 heures, nous nous dirigeons vers le réfectoire situé en altitude pour manger avec d’autres conducteurs. Ceux-ci en profitent également pour faire un point, même s’ils peuvent communiquer par radio le reste du temps, avant de repartir préparer les pistes. La première partie de damage se termine vers une heure du matin.

 

Le domaine skiable de Tignes (Savoie) dispose d’un snowpark entretenu par une machine dite « Park », dont la lame possède une plus grande amplitude de mouvement.

Un ciel en feu

Une seconde équipe, composée de six chauffeurs, prend le relais à partir de deux heures du matin jusqu’à 9 heures, avant l’ouverture des pistes. Le chef du service refait un point avec son équipe du soir pour donner les directives à celle du matin. Ce matin-là, je monte avec Jérôme, conducteur d’une machine équipée d’un treuil. Nous prenons la direction du glacier de la Grande-Motte. Le chauffeur accroche son treuil au point d’ancrage le plus haut du domaine qui culmine à 3 500 m d’altitude. « Je vais damer la piste nommée “Descente”. Elle est classée dans la catégorie noire, soit la plus pentue. Le début de la piste affiche une inclinaison de 35°, sûrement l’une de celles qui possèdent le dévers le plus important de la station, puis la pente s’adoucit au fur et à mesure de la descente », explique Jérôme. Nous damons la première moitié de la piste. Pour la seconde, le point d’ancrage du treuil a disparu sous les quantités de neige abondantes du début de l’hiver. Une dameuse standard vient en guise de point de fixation afin de remplacer l’accroche ensevelie. Jérôme passe une chaîne derrière la lame de la seconde PistenBully 600, puis, à son volant, Clémentine plante cette dernière dans la neige pour assurer le maintien lorsque la machine à treuil sera au travail. Il est 7 h 30, et le soleil se lève sur le glacier. Le ciel est rouge comme s’il était en feu. « C’est un magnifique spectacle que nous offre la nature », s’exclame Jérôme. Après cette deuxième partie, je monte en machine avec Clémentine, et nous partons à la cime de la Grande-Motte. « Le matin, nous en profitons pour faire les chantiers de bullage. Je vais ouvrir une route à l’arrivée du téléphérique pour que les skieurs puissent sortir des deux côtés de la gare d’arrivée », m’explique la conductrice. Aux commandes de son modèle d’ancienne génération, cette dernière monte chercher de la neige pour la pousser sur la route en contrebas. Il est 8 h 30, et nous nous dirigeons vers le garage pour parquer l'engin avant une journée de repos bien méritée. Cette équipe dévouée m’a appris de nombreuses informations sur son métier. Je ne regarderai plus les pistes de ski du même œil.

Le matin, le service cible les chantiers de bullage ou d’enneigement. Ce matin-là, nous étions à 3 500 m d’altitude.

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