Électronique embarquéeLa nouvelle vague

La nouvelle vague
L'histoire récente de l'informatique fourmille d'histoires de réussites spectaculaires éclatant lorsqu'un acteur sait mettre sur le marché son produit au bon moment. Rappelons-nous d'Apple et de son premier ordinateur personnel, de Microsoft et de son système d'exploitation MS-DOS adapté à la technologie IBM, le leader du marché de l'époque. Citons également les petits génies d'Internet, Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, Marc Zuckerberg, créateur de Facebook... Leur point commun est d'avoir su placer au bon moment un produit technologiquement mature sur un marché avide de se l'approprier. Dans un contexte informatique où les technologies se développent aussi vite qu'elles deviennent obsolètes, les feux de paille sont légion. Après avoir été considérés comme le summum du modernisme, les Minitel, les Bi-Bop, les Atari et les PDA Palm se sont enfoncés dans les oubliettes de l'informatique. À l'image de surfeurs attendant la bonne vague, les champions de l'informatique sont ceux qui ont la chance de partir au bon moment après avoir vu leurs concurrents se noyer dans des vaguelettes trop précoces ou s'épuiser à essayer de les rattraper. Les systèmes électroniques installés à bord des tracteurs semblent soumis à des forces analogues. Les boîtiers de commande qui ont commencé à fleurir à bord des tracteurs au début des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ont permis à quelques PME spécialisées d'émerger. Cinq ans après, les applications de positionnement par satellite GPS ont suggéré la possibilité de moduler les doses. Cette technique a pu enthousiasmer certains. Mais elle a laissé le marché de glace. En revanche, les barres de guidage, apparues plus tard n'ont eu aucune peine à convaincre les utilisateurs de les adopter voire de franchir le pas de l'autoguidage. Actuellement, les terminaux Isobus universels ont le vent en poupe. Ils sont en passe de faire partie des équipements standard à bord des tracteurs haut de gamme. Leur capacité à commander tous les types d'outil, à se transformer en écran vidéo, à gérer des signaux GPS, à couper automatiquement les tronçons de pulvérisateurs ou échanger des fichiers de logiciels de gestion de parcelles, les rend indispensables. Alors, les constructeurs multiplient les investissements, mettent en place des équipes d'informaticiens, concluent des accords avec des spécialistes. Les cultures s'affrontent. L'émulation monte. Les informaticiens de la Silicon Valley ayant fait leurs classes dans les applications militaires du guidage GPS se placent en concurrence avec les spécialistes européens des boîtiers de commande de machines. Tous apprennent à dialoguer avec les mécaniciens agricoles et à s'étonner de la diversité de leurs équipements. La vague est partie...

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