Airinov : un drone pour moduler l'azote

Airinov : un drone pour moduler l'azote
Beaucoup de têtes se sont déjà levées pour admirer les figures de voltige des avions radiocommandés. Aujourd'hui, leurs descendants appelés drones n'ont plus pour vocation d'être des as de l'air mais plutôt de servir d'outils multitâches. Ces concentrés de technologie aux utilisations diverses embarquent le plus souvent des équipements audiovisuels voire des missiles lors de certaines opérations militaires. L'arrêté ministériel du 11 avril 2012 réglemente cependant leur utilisation dans le domaine civil. La société française Airinov, fondée en 2010, a développé son propre drone, de type planeur, et l'a équipé d'un capteur quadribande et d'une balise GPS. Lancé au-dessus d'une parcelle de colza à l'entrée et à la fin de l'hiver, l'appareil mesure, à 150 mètres d'altitude et à plus de 30 km/h, la réflectance de la culture c'est-à-dire la quantité de lumière reflétée par le feuillage des plantes.   Cette opération, destinée à supprimer la pesée manuelle de biomasse, offre l'avantage d'être réalisée automatiquement et sur chaque mètre carré de la parcelle. Vingt-quatre heures après son atterrissage, les chiffres récoltés autorisent la création d'une carte de quantité de biomasse. L'analyse de l'hétérogénéité de la parcelle permet ensuite de connaître la dose moyenne d'azote à appliquer sur la parcelle, les principales zones à privilégier ou, pour les agriculteurs équipés d'un distributeur d'engrais à modulation de dose, la création d'une carte détaillée des apports, exportable vers le boîtier de l'appareil. Les données récoltées restent cependant dépendantes du potentiel du sol étudié. Le drone profite de son vol à faible altitude pour s'affranchir des nuages. Il s'avère ainsi assez souple d'utilisation et autorise le montage de différents capteurs.   Un vent dépassant les 45 km/h risque néanmoins de causer quelques difficultés de vol et de mesure. Airinov continue le développement de son outil, qui devrait prochainement décliner ses services sur les cultures de blé. Les ingénieurs de la société travaillent également sur l'acquisition d'informations supplémentaires telles que le comptage d'un nombre de pieds de colza au mètre carré ou la mesure du niveau d'infestation des mauvaises herbes. Plusieurs chambres d'agriculture et coopératives se sont déjà équipées d'un drone de la marque et facturent la prestation complète 15 € par hectare en moyenne.

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