Vicon : comparatif iXtrack B28 VS iXter B16 et iXtra Pro

Vicon : comparatif  iXtrack B28 VS iXter B16 et iXtra Pro

Les pulvérisateurs portés pr oposent aujourd'hui, grâce aux cuves frontales additionnelles, une autonomie équivalente à celle d'un appareil traîné. Mais la capacité n'est pas le seul critère de choix entre ces deux solutions. Afin de vérifier les avantages et inconvénients de chacun de ces équipements, nous avons confronté deux ensembles V icon : d'un côté, le traîné iXtrack B28 et, de l'autre, le porté iXter B16 associé à la réserve avant iXtra Pro. Lors de ce match, tous les points ont été examinés avec grande attention, depuis l'attelage jusqu'au rinçage.

Le match du pulvé traîné contre le porté

  L'autonomie importante et la facilité d'attelage ont fait le succès des pulvérisateurs traînés. Les adeptes des outils portés, quant à eux, mettent en avant le gain d'adhérence lorsque les conditions de portances s'amenuisent dans certaines parcelles. Plus récemment arrivés sur le marché, les pulvérisateurs combinant des cuves portées à l'avant et à l'arrière ne manquent pas d'arguments : maniabilité en bout de champ, répartition des charges sur le tracteur, autonomie importante... Les constructeurs ne tarissent pas d'arguments pour mettre en avant leur utilisation annoncée variée mais dressant parfois quelques interrogations. Doit-on considérer la combinaison portée comme une seule et même cuve ? La cuve frontale peut-elle servir de cuve de rinçage ? Puis-je pulvériser au champ avec deux préparations différentes à l'avant et à l'arrière ? Le nombre de cuves double-t-il le temps de rinçage ? La comparaison des deux pulvérisateurs Vicon de même configuration, le traîné iXtrack B28 contre le combiné porté iXtra Pro et iXter B16, nous a permis de lever ces interrogations. Le résultat du match dépend des règles que chaque utilisateur se fixe, plaçant parfois un des deux modèles hors-jeu.  

L'étape cruciale de l'attelage

  L'attelage est facilité sur le modèle porté iXter B16 de 1 600 litres par son triangle à verrouillage automatique. Les raccordements de la transmission, des flexibles et L'étape cruciale de l'attelage des câbles électriques se réalisent sans difficulté lorsque le tracteur est éloigné du pulvérisateur. Il ne reste que 25 cm entre l'appareil et la roue du Case IH Puma 145 CVX lorsque le triangle d'attelage est verrouillé. Un chariot sur roulette est disponible en option aussi bien pour la cuve arrière que celle située à l'avant. C'est d'ailleurs le raccordement de la cuve frontale iXtra Pro de 1 100 litres qui demande le plus de temps. Même s'il s'agit d'un traditionnel accouplement en trois points très accessible, le passage des deux tuyaux de circulation de bouillie impose de se coucher sous le tracteur et de limiter les courbures pour limiter les volumes résiduels. Avec le traîné iXtrack B28 de 2 800 litres, l'accès à l'attelage est aisé autour du timon rigide. Sur le modèle de notre test, un distributeur à double effet est à raccorder en supplément pour actionner la béquille hydraulique.  

Le porté l'emporte sur la maniabilité

  Si un tracteur de 100 chevaux suffit pour traîner l'iXtrack, un modèle de 150 chevaux peut s'avérer nécessaire pour porter l'ensemble iXter/iXtra Pro dans le cadre d'un parcellaire très accidenté. Avec les cuves remplies d'eau claire, la combinaison avant et arrière présente une masse totale de 12 000 kg. Elle dépasse ainsi d'une tonne le PTAC du Case IH Puma 145 CVX supportant cette solution lors de l'essai. La circulation en toute légalité avec les matériels portés demanderait alors de se délester de 1 000 litres d'eau ou d'utiliser un tracteur plus léger au PTAC équivalent ou supérieur à celui du Case IH. L'ensemble formé par le même tracteur et l'appareil traîné pèse 13 740 kg et respecte lui la réglementation routière. Il affiche en revanche une répartition des charges moins favorable à la traction car 38 % de la masse totale repose sur l'essieu du pulvérisateur. Concernant la visibilité, les repliages de rampes ne sont gênants sur aucun des deux ensembles. Le pulvérisateur porté emporte bien évidemment le match sur les plans de la compacité et de la maniabilité malgré le porte-àfaux avant d'1,20 mètre imposé par la cuve frontale iXtra Pro. La signalisation présente sur les deux modèles est par ailleurs fournie de série, comme les feux de croisement sur la cuve frontale.  

Le rinçage efficace mais chronophage

  Sur le traîné iXtrack, le remplissage des 360 litres de la cuve de rinçage s'effectue depuis le poste de mise en oeuvre. L'opérateur doit en revanche monter sur la plateforme pour ravitailler les 15 litres du lavemain. Sur le porté iXter, ce dernier réservoir est le plus accessible puisqu'il intègre le carénage du poste d'incorporation. Le remplissage des 180 litres de la cuve de rinçage s'opère pour sa part du côté droit de l'appareil. Sur la cuve avant iXtra Pro, deux cuves latérales de 65 litres doivent être remplies pour réaliser le rinçage au champ. Malgré la présence d'une canalisation reliant les deux contenants, leur alimentation en eau claire se réalise en deux fois. Il manque notamment une chaînette pour retenir les bouchons qui, une fois dévissés, glissent facilement sur les surfaces arrondies des cuves et des carters. Les deux ensembles possèdent un enrouleur équipé d'une lance à brosse pour le nettoyage externe du pulvérisateur. Leur tuyau de 15 mètres de longueur permet d'accéder aux extrémités des rampes. En fin de traitement, l'opérateur actionne au choix un ou plusieurs rinçages manuellement ou de façon automatisée. Cette fonction, baptisée iXclean Pro, réalise l'adjonction d'eau claire automatiquement en plus de 20 étapes distinctes. Après la dilution du volume mort, l'animation des vannes d'agitation et d'incorporation permet un rinçage des volumes résiduels. Enfin, de l'eau claire est envoyée directement à la rampe à trois reprises pour évacuer un maximum de dilution sur une parcelle déjà traitée. La cuve frontale iXtra Pro se distingue uniquement par l'utilisation d'une pompe électrique indépendante débitant 25 l/min pour la vidange des cuves de rinçage. L'automatisme iXclean Pro est appréciable pour son efficacité et sa simplicité de mise en oeuvre. Dommage que le temps nécessaire pour réaliser le protocole complet soit si long. Il demande en effet entre six et huit minutes par cuve. L'ensemble combiné avant-arrière a donc nécessité plus de 12 minutes pour un rinçage complet contre huit pour l'iXtrack (au régime prise de force de 450 tr/min). L'automatisme iXclean Pro réalisant le rinçage des rampes à l'eau claire demande, durant son action, de rouler dans la parcelle. Il présente par ailleurs l'inconvénient de consommer l'intégralité de l'eau claire et par conséquent, n'autorise pas le nettoyage extérieur des rampes.  

Le remplissage plus simple avec le traîné

  Les composants étant identiques sur les deux ensembles Vicon testés, les manipulations pour l'incorporation et le remplissage sont logiquement similaires. L'écran tactile en cabine se prend rapidement en main grâce aux différents pictogrammes. Le boîtier électronique dédoublant certaines commandes au niveau du poste de mise en oeuvre facilite la tâche et se contrôle sans difficulté avec des gants. Le remplissage d'eau claire par aspiration est programmable en volume et intègre un clapet antiretour. Si l'alimentation est réalisée par un réseau externe, une alarme peut être déclenchée lorsque la quantité souhaitée est atteinte. L'opérateur suit l'évolution du niveau soit à l'aide des jauges mécaniques extérieures, sur les iXter et iXtra Pro, soit depuis le boîtier de commande au sol sur l'iXtrack. Le pulvérisateur traîné se révèle plus simple à mettre en oeuvre avec son unique cuve principale. Il faut tout de même veiller à terminer l'incorporation des produits phytopharmaceutiques avant la fin du remplissage afin de pouvoir rincer les bidons et l'incorporateur par adjonction d'eau claire sans risquer un débordement de la cuve principale. L'utilisation d'eau claire pour rincer les emballages est aussi possible lorsque la pompe est utilisée pour l'aspiration au remplissage. Une plateforme donne l'accès au trou d'homme pour un remplissage externe. Même si sa surface et ses garde-fous la rendent sécurisante, la surface en plastique s'avère glissante par temps humide. La combinaison iXter/iXtra demande davantage de réflexion pour l'incorporation. Son système d'aspiration d'eau claire impose de remplir successivement les deux cuves sans ordre défini. Si l'opérateur souhaite appliquer la même bouillie, il peut la préparer dans une seule cuve. Dans ce cas, une fois le remplissage terminé, il sélectionne le mode brassage afin de faire communiquer les deux cuves en circuit fermé. S'il a prévu d'appliquer deux bouillies différentes, il doit d'abord remplir la cuve avant. Malgré ces précautions, la pompe principale étant commune pour aspirer le contenu du bac d'incorporation, il est préférable d'ajouter les produits phytopharmaceutiques par les trous d'homme pour éviter un risque de mélange.  

Un terminal intuitif

  Le dépliage de la rampe se réalise en conservant un distributeur hydraulique du tracteur en pompage continu et en actionnant des interrupteurs d'un boîtier spécifique en cabine. Ce mode de commande peu intuitif tranche clairement avec l'écran tactile IsoMatch Tellus pour la mise en oeuvre du reste des fonctions des pulvérisateurs testés. La codification des menus du terminal principal se révèle, pour sa part, intuitive et permet de choisir rapidement le mode de pulvérisation. Le calibre de buse utilisé doit être programmé également dans une page différente de l'écran de travail. Des seuils de pressions minimum et maximum peuvent être choisis pour alerter l'opérateur en cas de variations excessives de vitesse. L'écran de travail est consacré à l'affichage des paramètres de pulvérisation. Le choix du volume à appliquer est le seul réglage à réaliser avant le traitement, la régulation DPAE modifiant la pression en fonction de la vitesse mesurée. Sur les appareils portés, l'opérateur peut sélectionner la cuve à vidanger en premier. Le choix des deux cuves en simultané offre une vidange en alternance par paliers de 300 ou 150 litres. Dans ce mode, la cuve arrière débute et termine la pulvérisation pour conserver un maximum de report de charge sur l'avant du tracteur. Très visible sur le porté iXter, le manomètre analogique se trouve sur le traîné iXtrack à près de 2,40 mètres de l'opérateur. Le niveau des cuves est indiqué sur l'écran de l'interface en cabine sur les deux ensembles. L'information est mesurée à l'aide d'un flotteur placé au centre des cuves au plus près de la bonde de vidange.  

Au clair avec les rinçages

  La loi EN 12761 impose quelques règles si vous souhaitez gérer les fonds de cuve au champ. Elle autorise notamment le retour à la ferme avec un pulvérisateur propre à l'intérieur comme à l'extérieur sans avoir à récupérer les eaux souillées. Elle permet notamment l'ouverture de la bonde dans la parcelle si la concentration de bouillie initiale a été divisée par 100. Pour cela, la quantité d'eau nécessaire dépend du volume résiduel à diluer. Les mesures effectuées pour le pulvérisateur traîné iXtrack, avec un test de colorimétrie, nous a permis d'évaluer ce volume aux alentours de 20 litres. Les trois rinçages successifs automatisés, via le système iXclean Pro, utilisant la totalité des 360 litres d'eau claire sont largement suffisants pour le rinçage intérieur. Après cette opération, il ne reste en revanche plus d'eau propre pour le nettoyage extérieur de l'appareil.  

Des inégalités en termes d'accessibilité

  L'ouverture du coffre situé à l'avant du pulvérisateur traîné iXtrack dégage l'accès aux composants principaux de la circulation de la bouillie. Le réglage de la pression de la cloche à air ainsi que le contrôle du niveau d'huile de la pompe s'avèrent très faciles. En revanche, sur le modèle porté iXter, la cuve principale enveloppe complètement ces composants et les rend très difficiles d'accès même lorsque l'appareil est dételé. Les filtres se démontent aisément et sans outil sur tous les modèles. Il est d'ailleurs possible de les nettoyer lorsque le pulvérisateur est plein en actionnant les vannes depuis un menu spécifique du boîtier électronique en cabine. Par exemple, sur l'iXter, la dépose du filtre d'aspiration a laissé s'échapper moins de quatre litres de bouillie. L'utilisation de l'iXtrack de nuit a par ailleurs permis de tester l'efficacité de l'éclairage de rampe. Un repère au bout de chacune d'entre elles permet d'y réfléchir la lumière et de matérialiser la largeur de travail. Les spectres de pulvérisation sont tous visibles depuis la cabine malgré l'obscurité. L'opérateur peut alors vérifier le bon fonctionnement de l'ouverture d'une section mais rencontre des difficultés à distinguer si une buse d'extrémité est partiellement bouchée.  

Des composants de circulation communs

  Le pulvérisateur traîné testé, un Vicon iXtrack B28, présente une capacité de 2 800 litres. Son adversaire, le porté arrière iXter B16, est combiné avec une cuve avant iXtra Pro de 1 100 litres, pour un volume total de 2 700 litres. Les deux solutions comparées possèdent le même niveau d'équipements avec une commande entièrement automatisée depuis la cabine via le terminal IsoMatch Tellus. Elles partagent également la régulation FlowMaster DPAE et un boîtier de commande actionnant les mêmes fonctions principales depuis le poste de mise en oeuvre. Le retour Des composants de circulation communs en cuve est régulé en permanence grâce aux informations délivrées par un débitmètre. La pression affichée en cabine est calculée via ce même capteur pour des calibres de buses préalablement renseignées sur le boîtier électronique. La pression doit alors être comparée au manomètre analogique placé sur l'appareil pour corriger l'erreur liée à l'usure des buses. Ce mode de régulation permet, en contrepartie, de s'affranchir de retours compensés sur chaque section. Lors de la coupure partielle de la rampe, le retour en cuve principale adapte le débit nécessaire vers les sections restantes. Les pompes à pistons-membranes délivrent 260 l/min au régime de prise de force de 540 tr/min. Un clapet de sécurité les protège si la pression dépasse 10 bars.  

Le traîné lève plus haut

  Côté filtration, les pulvérisateurs reçoivent une cartouche rouge ou bleue à l'aspiration (respectivement 25 et 50 mesh) ainsi qu'un filtre bleu ou jaune côté refoulement de la pompe (respectivement 50 et 80 mesh). Les deux rampes couvrent une largeur de travail de 24 mètres et possèdent un bâti central suspendu identique. La fonction pendulaire met à niveau en permanence le cadre-support de la rampe et est réservée à l'utilisation sur terrain plat. Avec le verrouillage en articulation axiale, la rampe est suspendue par une combinaison de ressorts et amortisseurs tout en restant parallèle au sol. La commande de dévers et de géométrie variable reste possible lorsque la rampe est ainsi verrouillée. Le parallélogramme du traîné iXtrack élève les buses jusqu'à 2,70 mètres de haut par rapport au sol tandis que le porté iXter se limite à 2,05 mètres lorsque les bras de relevage sont à 70 cm du sol.  

Bilan final

  Le test des deux ensembles réalisé sur une parcelle triangulaire et avec le même tracteur, un Case IH Puma 145 CVX, donne clairement l'avantage en termes de maniabilité à la combinaison d'appareils avant et arrière. Cet ensemble porté se révèle également confortable à conduire et son gabarit étroit facilite la circulation sur la route. Il surclasse alors sur ces points le modèle traîné pourtant doté d'une suspension d'essieu efficace. A contrario, les procédures d'attelage, de remplissage et de rinçage demeurent bien plus simples sur le pulvérisateur iXtrack. Ce matériel traîné se démarque aussi sur le plan de l'accessibilité et de l'entretien. En revanche, lors du traitement, les différences s'estompent entre les deux solutions, surtout si les cuves portées iXter et iXtra Pro appliquent la même bouillie. Enfin, le prix d'achat est le dernier critère distinguant les deux systèmes. L'ensemble porté avant-arrière reprend ici l'avantage avec un tarif annoncé à 55 564 € HT, contre 69 044 € HT pour le pulvérisateur traîné équivalent de même capacité.          

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