Récupération des menues-pailles. Une journée pour trois années d'expérience

Récupération des menues-pailles. Une journée pour trois années d'expérience

L'union des Cuma de l'Ouest a rassemblé 120 agriculteurs et techniciens le 3 juillet autour du sujet de la menue-paille. En plus des démonstrations, les visiteurs ont pu découvrir le bilan des premiers groupes d'agriculteurs-récupérateurs dans ce réseau coopératif. Si la valorisation de ce gisement en secteur d'élevage est confirmée, les techniques de récupération semblent cependant perfectibles.

Début juillet, la Cuma de Chanzeaux (Maine-et-Loire) a accueilli sur ses terres une journée sur le thème de la valorisation des menues-pailles. Cette manifestation, organisée par l'union des Cuma de l'Ouest, a été animée par les bilans et témoignages de groupes d'agriculteurs lancés dans la récupération depuis près de trois ans. Elle a aussi accueilli des démonstrations de solutions de récupération sur une parcelle d'orge grâce aux constructeurs partenaires, Thierart et Thievin. La récupération des menues-pailles semble intéressante tant au niveau agronomique qu'économique avec, par exemple, la valorisation en litière. Elle est en revanche souvent perçue comme une contrainte logistique supplémentaire en pleine période de moisson. En pratique, la récupération rime-t-elle toujours avec perte de temps et complication ?  

Incorporation dans l'andain ou récolte dissociée ?

  Pour éclaircir ce point lors de cette manifestation, les conseillers du réseau Cuma ont d'abord exposé leur inventaire des techniques de ramassage des menues-pailles. Ils soulignent que lorsque le produit issu du caisson de nettoyage d'une moissonneuse-batteuse est incorporé à l'andain, il n'y a bien sûr aucune modification de l'organisation des chantiers de récolte et de pressage. Ce procédé demande certes de posséder sur la moissonneuse-batteuse un dispositif transférant les menues-pailles vers la hotte où passe la paille afin qu'elles ne tombent pas directement au sol sans pouvoir être ramassées. L'équipement adapté à cette solution demeure encore rare de série sur les machines, mais il est proposé par quelques équipementiers tels que Thierart et Thievin. Le premier fabricant propose un mécanisme de transfert par vis sans fin tandis que le second commercialise un système à turbine. Ce mode de collecte mélangée fournit un volume de paillage supplémentaire lors du pressage mais rend impossible le tri des glumes et des débris pour une utilisation pure. La séparation des deux flux de produits contraint en effet l'organisation en pleine période d'activité estivale. Cependant, l'intérêt économique de la valorisation en litière pure et méthanisation a aussi été abordé lors de cette journée professionnelle. Pour la récupération exclusive des menues-pailles, des trémies existent sur le marché. Qu'elles se déclinent sous forme de caisson porté sur le châssis de la machine ou traînées sur remorque, elles nécessitent une vidange en bout de champ ainsi qu'une reprise supplémentaire. Des mesures réalisées en 2012 et 2013 fournissent les premières données de tonnages récupérables. Les pesées ont permis de mettre en évidence les différences entre la dépose sur andain et la récupération en caisson (résultats disponibles sur www.ouest.cuma.fr). Même si de grandes variabilités demeurent en fonction des conditions de récolte, des variétés et du volume de paille total, il ressort un gain moyen de 10 % pour la dépose sur andain. La récupération séparée en trémie offre de 10 % à 30 % de poids de paillage en plus. Les organismes Aile et Méthanéo sont intervenus sur la valorisation de ce sous-produit en méthanisation. Gérard Guilbaud, agriculteur en Loire-Atlantique, a témoigné de son expérience. Il incorpore de 90 à 130 tonnes de menues-pailles par an dans son méthaniseur.  

La menue-paille plus méthanogène que le fumier

  « En moissonnant à minuit ou à midi, le rendement passe du simple au double », reconnaît l'exploitant. Damien Pierre, de la société Méthanéo , s'est appuyé sur une installation collective traitant annuellement 20 000 tonnes de matières. Cet ingénieur a travaillé à la création de cette unité avec une base d'incorporation de 20 % de menues-pailles, ce qui est possible uniquement en secteur céréalier. Il dresse un bilan plutôt positif. « La menue-paille est quatre à cinq fois plus méthanogène que le fumier. La contrainte principale réside dans le stockage sur site, qui est soumis au contrôle des installations classées pour la protection de l'envi ronnement (ICPE) », précise-t-il. En complément des différentes interventions, des démonstrations ont ponctué cette journée technique. Elles ont notamment confirmé les constats en termes de variabilité de rendement. L'éjection par turbine a été utilisée sur une moissonneuse afin de charger une mélangeuse et de réaliser la pesée directement au champ. Deux variétés d'orge d'hiver ont révélé un important écart dans des conditions similaires. Les volumes de menues-pailles récoltés vont en effet du simple au double. En plus de ces grandes variabilités de gisement, il est primordial d'intégrer les charges d'équipement et de main-d'oeuvre au calcul de rentabilité.

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