MATÉRIELS DE RÉCOLTE D'AUTOMNE : les reines des plaines

MATÉRIELS DE RÉCOLTE D'AUTOMNE : les reines des plaines

Les constructeurs ne rechignent pas à abuser de superlatifs pour vanter leurs arracheuses de betteraves ou de pommes de terre. Ils s'efforcent en effet de proposer des modèles toujours plus performants pour abattre des chantiers en encore moins de temps. Ces machines sont conçues pour intervenir de jour comme de nuit, dans des conditions climatiques parfois limites et en préservant la qualité des produits. Pour cela, elles embarquent des technologies appropriées. Elles contrôlent les surfaces travaillées et la consommation, elles mesurent le rendement et leurs systèmes de télématique autorisent leur diagnostic à distance et le suivi des chantiers. Même si, en charge, elles peuvent dépasser les 60 tonnes, elles s'efforcent de respecter les sols. Matériel Agricole fait le point, dans ce dossier, sur les innovations des automotrices de récolte de dernière génération.

AUTOMOTEURS DE RÉCOLTE

 

HOLMER EXXACT T4-30 : des composants éprouvés pour tenir le rang

  Aperçue au travail depuis le TGV, la dernière intégrale Holmer Exxact T4-30 n'a pas pu échapper à mon regard scrutant les chantiers de récolte de la plaine picarde. Difficile, en effet, pour cette arracheuse de betteraves de passer inaperçue avec sa nouvelle cabine et son élévateur en col-de-cygne. Cette machine hérite en effet de composants déjà connus sur sa grande soeur T4-40 et remplace dignement la Terra-Dos T3.   En cette fin septembre, les intégrales sont nombreuses dans la plaine picarde. Scrutant les chantiers depuis le TGV Nord, j'identifie l'un des premiers exemplaires de la Holmer Exxact T4-30. Cette nouvelle arracheuse se reconnaît en effet facilement à sa cabine dotée d'un pare-brise monobloc, à son élévateur en forme de col-de-cygne et à son imposant pot d'échappement, des composants partagés avec le modèle supérieur T4-40. Pour en savoir davantage sur cette remplaçante de la Terra Dos T3, je contacte le constructeur afin d'obtenir une présentation détaillée. Rendez-vous est pris dans la Somme, sur un des chantiers de l'ETA Vincant, pour voir non pas une mais deux T4-30 au travail. Ces intégrales de dernière génération, dotées de quatre roues, reposent sur un châssis en acier à haute limite d'élasticité (HLE) réduisant, selon la marque, la masse à vide de l'engin d'environ 500 kg. Elles reprennent à leur devancière le moteur à six cylindres Mercedes-Benz développant 626 chevaux à 1 700 tr/min. Ce bloc tourne, en conditions favorables, entre 1 080 et 1 150 tr/min. Il satisfait à la norme antipollution Stage IV grâce à l'ajout d'un filtre à particules et d'un dispositif d'injection SCR (AdBlue). Le six-cylindres entraîne, par l'intermédiaire d'un boîtier, l'ensemble des pompes hydrauliques nécessaires à l'animation de la transmission et des autres fonctionnalités. L'ajout d'embrayages multidisques entre les pompes hydrauliques et le boîtier permet notamment, sur la route, de désengager celles qui s'avèrent inutiles afin d'économiser quelques litres de carburant. Holmer Exxact a également revu la cinématique du dispositif d'avancement de l'automotrice. Chaque pont intègre désormais son propre moteur, renvoyant aux oubliettes les longs cardans de la T3. La T4-30 chausse ainsi, à l'avant, des pneumatiques IF 800/70 R38 gonflés entre 1,4 et 1,8 bar. Cette modification procure par ailleurs davantage d'espace entre les roues avant et permet ainsi de loger une chaîne de transfert de 900 mm de large. Celle-ci est entraînée par un moteur hydraulique intégré au coeur même du tapis pour en limiter l'encombrement.  

Optimisation du contrôle de profondeur

  Le circuit de nettoyage bénéficie également de changements notables. Les six rouleaux de la table frontale, de 101 mm de diamètre, adoptent de nouvelles spires en acier plat favorisant le recentrage du produit. Les deux premières turbines, de 1 300 mm de diamètre, et la troisième, de 1 700 mm, disposent de grilles réglables indépendamment en hauteur depuis le poste de conduite. Les betteraves sont ensuite acheminées jusqu'à la trémie, de 30 m3, par un tapis circulaire d'un mètre de large, soit 10 cm de plus que sur la précédente mouture. L'élévateur de vidange, plus long qu'auparavant, autorise, selon la marque, la création de tas de plus de quatre mètres de haut. Son extrémité se replie automatiquement, lorsqu'il n'est pas utilisé, afin de limiter sa hauteur totale. Holmer Exxact devrait également proposer une amélioration du système de contrôle de la profondeur rang par rang. L'ajout de potentiomètres sur les scalpeurs DynaCut permettra à chacun des bâtis à socs d'adapter instantanément son terrage - betterave par betterave - ou de lisser sa position selon les relevés des précédents capteurs. Le constructeur promet, avec cette évolution, une réduction de la casse des racines et de la tare-terre. La T4-30 profite aussi de la cabine de la T4-40. Exit le pare-brise en deux parties de la Terra Dos T3, place désormais à une vitre panoramique surplombée de feux de travail à LED. Le dispositif TopView, proposé en option, offre, lui, une visibilité à 360 degrés grâce à la synchronisation des images récoltées par des caméras placées aux quatre coins de la machine. À bord, l'accoudoir intègre un nouveau joystick multifonction ainsi qu'un bouton rotatif donnant un accès direct aux paramètres de l'engin affichés sur l'ordinateur de bord. Holmer Exxact propose également des solutions de télémétrie permettant par exemple, au propriétaire d'une flotte d'intégrales, de localiser depuis le bureau les différentes machines. Cette solution devrait autoriser, à terme, le paramétrage voire le diagnostic à distance. Le constructeur peaufine enfin l'ergonomie de son nouvel écran couleur et tactile qui devrait prochainement remplacer le modèle actuel.    

AVR PUMA 3 : l'évolution dans la continuité

  Fidèle à elle-même, l'arracheuse automotrice à quatre rangs Puma d'AVR évolue dans la continuité. Pourtant les changements sont plus nombreux qu'il n'y paraît. Outre la nouvelle cabine et le moteur de dernière génération, le broyeur et tout le circuit de nettoyage ont également reçu un nombre notable d'évolutions. La marque nous a donc donné rendez-vous sur une de ses exploitations tests pour découvrir la Puma 3 de présérie.   Peaufinée aux abords de la frontière belgo-néerlandaise, la dernière génération d'arracheuses automotrices à quatre rangs Puma d'AVR a officiellement été dévoilée début octobre à la presse européenne. La marque nous a donc conviés à Reusel (Pays-Bas) sur l'exploitation de Jacob Van Der Borne. L'agriculteur, cultivant plus de 400 hectares de pommes de terre sur des parcelles de sable noir, connaît bien les produits de la marque puisqu'il a déjà contribué à la mise au point des premières Puma et Puma +. Le ballet incessant de remorques pleines à la ferme donne, de prime abord, une idée du débit de chantier atteint par ce modèle de troisième génération. La marque s'est en effet attachée à offrir davantage de performances tout en respectant le sol et le produit. La tâche s'avère donc difficile, d'autant que cette machine représente près d'un tiers du chiffre d'affaires de la firme. Pour tenir son rang, la Puma 3 a d'abord maîtrisé sa prise d'embonpoint. Sa masse à vide de 23 500 kg n'a en effet que peu évolué par rapport au précédent modèle. Pour limiter la compaction des sols, elle chausse désormais son essieu arrière de pneumatiques 900/60R38 CHO autorisant des pressions de gonflage réduites d'environ 30 % comparé à un modèle classique. Les roues de l'essieu avant, circulant entre les buttes, gagnent, elles, en diamètre. Son système d'avancement se dote aussi de nouveaux composants permettant d'accroître, selon la marque, de 30 % les capacités de traction de l'essieu avant contre 15 % à l'arrière. Sous ses nouveaux capots, l'automotrice loge un six-cylindres Volvo de 12,9 litres développant 469 chevaux. Son dispositif de traitement SCR, injectant de l'AdBlue dans les gaz d'échappement, permet au moteur de satisfaire à la norme antipollution Stage IV. L'ajout d'un dispositif de régulation automatique du régime en fonction de la charge atténue significativement les nuisances sonores et réduit, selon AVR, la consommation de carburant d'environ 20 à 25 %.  

Une cabine entièrement revue

  La marque a également mis le conducteur au centre de ses attentions. La nouvelle cabine Claas offre davantage d'espace et de visibilité sur le canal d'arrachage. À bord, l'instrumentation tranche radicalement avec celle de la Puma +. Le chauffeur dispose notamment d'un nouvel accoudoir accueillant un joystick multifonction issu des dernières arracheuses traînées Spirit 9200. L'ensemble des réglages s'effectue désormais depuis un terminal à écran couleur et tactile de douze pouces. Un sélecteur rotatif offre cependant un accès direct, depuis l'accoudoir, aux différents menus de la machine. Le montant droit du poste de conduite range jusqu'à trois écrans affichant les images filmées depuis l'arrachage jusqu'au chargement dans la remorque.  

Une surface de nettoyage en hausse

  Le circuit d'arrachage et de nettoyage de la Puma 3 a également fait l'objet d'évolutions notables. Le broyeur de fanes, monté sur un relevage trois points, intègre en supplément un attelage pendulaire autorisant à la fois la modification de sa hauteur et celle de son angle de travail selon les relevés de deux palpeurs. La disposition des couteaux et fléaux a également été revue pour broyer et éjecter davantage de matière. La profondeur d'arrachage reste, elle, contrôlée par des diabolos en composite. Le circuit de nettoyage bénéficie d'une surface de tamisage revue à la hausse. La chaîne arracheuse gagne, par exemple, 60 cm de longueur. La marque dote également le premier tapis de tamisage d'un secoueur rotatif modulant son régime selon la masse de produit acheminé. Dès leur sortie du circuit de nettoyage, les pommes de terre sont conduites jusqu'à la trémie, d'une capacité de huit tonnes, par un tapis circulaire à barreaux gainés de 1 200 mm de large. Une fonction Boost augmente temporairement son régime de rotation en cas de surcharge. Enfin, la modification des entraînements hydrauliques du fond mouvant et de l'élévateur de vidange de la trémie diminue de moitié le temps nécessaire à cette opération.    

ROPA TIGER 5 : les dévers sont ses dernières proies

  L'arrivée de la petite Panther la saison dernière n'a pas pour autant fait fuir la Tiger. Cette cinquième génération d'intégrales de récolte des betteraves Ropa s'est même inspirée de sa petite soeur pour que les dévers des parcelles ne soient plus qu'un détail pour elle aussi. Si cette innovation n'est pas des plus flagrantes de l'extérieur, la nouvelle cabine et le moteur de dernière génération sont, eux, bien plus visibles.   Les parcelles de betteraves sucrières bavaroises ne sont pas comparables avec celles de mon plat pays maternel. Leur relief donne en effet, à chaque période de récolte, bien des sueurs froides aux chauffeurs d'intégrales. C'est néanmoins dans ce land allemand qu'Hermann Paintner, actuel dirigeant de l'entreprise Ropa, a développé sa première arracheuse en 1972. C'est aussi dans ces vallons que les ingénieurs de la marque ont mis au point le châssis à correction de dévers de la nouvelle Tiger 5. Cette machine de cinquième génération récolte les betteraves sur six rangs et dispose de trois essieux moteurs et directeurs supportant, entre autres, une trémie de 43 m3. Ils intègrent chacun une paire de vérins hydrauliques reliés à la poutre centrale du châssis et corrigeant l'aplomb de la machine dans les pentes latérales jusqu'à 10 %. Ce dispositif, en repoussant les lois de la physique, limite les risques de basculement de l'automoteur et permet un meilleur suivi des rangs de racines. Ropa a également profité de cette nouvelle conception pour chausser le troisième essieu de pneumatiques 1050/50 R32, désormais identiques à ceux du second train roulant. La transmission hydromécanique compte trois moteurs hydrauliques animant, via des cardans, les différents ponts de la machine. La désactivation d'un de ces moteurs soulage, sur la route, le nouveau sixcylindres en ligne Mercedes-Benz de 15,6 litres. Ce moteur, conforme à la norme antipollution Stage IV, remplace le V8 des versions antérieures. Ce bloc, certes moins noble, développe néanmoins 626 chevaux et offre un couple gargantuesque de 290 daN.m. Sa régulation de régime selon la charge l'autorise à travailler, en bonnes conditions, à 1 100 tr/min et jusqu'à 1 650 tr/min dans les situations les plus critiques. La marque a déplacé les échangeurs de refroidissement pour les installer à l'horizontale au-dessus de ce bloc-moteur. Afin de faire face aux éventuelles accumulations de poussière, le ventilateur animé hydrauliquement inverse automatiquement son sens de rotation après deux vidanges de trémie. Le système d'arrachage et de nettoyage n'a, lui, subi que des évolutions mineures. La nouvelle forme des étançons des socs facilite notamment la production en grande série et, selon la marque, limite les différences de courbures entre eux. La chaîne de transfert de 800 mm de large conduit ensuite les betteraves vers la première turbine, de 1 700 mm de diamètre, contre 1 500 mm pour les deux suivantes. Le réglage indépendant ou centralisé de la hauteur de leurs grilles permet une adaptation rapide des capacités de nettoyage aux conditions de récolte. Le flux de produit est ensuite collecté par l'élévateur circulaire de 100 cm de large, soit 10 cm de plus qu'auparavant, puis emmené dans la trémie. Cette dernière reçoit des rehausses commandées hydrauliquement qui l'autorisent à stocker environ 30 tonnes de betteraves. Le tapis de vidange, de 200 cm de large, bénéficie de l'ajout d'un petit col-de-cygne l'autorisant à confectionner, d'après Ropa, des silos de dix mètres de large pour quatre mètres de haut.    

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