Ropa. La betterave comme énergie

Ropa. La betterave comme énergie

Si la Bavière est un des centres de production de prestigieuses berlines allemandes, elle est aussi le nid d'autres constructeurs plus atypiques. Ropa fait partie de ceux-là. La surface de son site de fabrication d'intégrales et de déterreurs de betteraves sucrières a été dernièrement doublée pour accueillir de nouvelles lignes de montage ainsi qu'une installation complète de peinture. Le tout dans le respect de l'environnement.

Les unités de méthanisation sont monnaie courante à proximité des fermes bavaroises. Elles sont cependant nettement plus rares aux abords de sites de fabrication de matériels agricoles. L'Allemand Ropa a néanmoins profité de l'extension de son usine de production d'arracheuses intégrales et de déterreurs de betteraves sucrières pour convertir l'ensemble de son site de Sittelsdorf aux énergies renouvelables. La marque a en effet investi 30 millions d'euros dans un nouveau bâtiment de 2,7 hectares, ce qui porte à 4,7 hectares la surface totale couverte. La famille Paintner, à la tête de l'entreprise depuis ses débuts en 1986, a notamment mis la betterave au coeur de son site. La racine est intégrée comme ingrédient principal dans un digesteur produisant près de 550 kW. Douze chaudières à bois déchiqueté, de 200 kW chacune, l'épaulent pour alimenter le réseau de chauffage par le sol de l'usine ainsi que les fours de la nouvelle installation de peinture. Cette dernière a mobilisé, à elle seule, près du tiers de la somme investie. Elle se divise en deux grandes parties. La première compte différentes chambres, de dix mètres de long, assurant le grenaillage, le lavage chimique, le séchage, l'application de peinture poudre puis la cuisson de châssis complets d'automoteurs. Ces derniers sont manipulés d'une unité à l'autre à l'aide de larges ponts roulants. La seconde partie utilise le même principe pour traiter, à la chaîne, les pièces de moins de six mètres de long. Le nouveau bâtiment compte également un hall dédié au montage des sous-ensembles. Sont notamment fabriqués dans ce complexe les bâtis arracheurs, les élévateurs de vidange et les différentes effeuilleuses des intégrales de récolte. L'extension de l'usine de Sittelsdorf autorisera également, à terme, l'utilisation de quatre lignes de montage. Pour le moment, trois seulement travaillent. La première, affectée à la construction de déterreurs à trémie ou à table à rouleaux, produit une soixantaine d'unités annuellement, dont la cinquième génération de Maus (voir Matériel Agricole n° 205). La deuxième ligne est exclusivement dédiée à l'assemblage des intégrales de récolte des betteraves à six roues Tiger 4 et Tiger 5 (voir Matériel Agricole n° 205). La troisième chaîne est, elle, spécialisée dans le montage des plus petites automotrices, les Panther, dotées de deux essieux. La marque annonce ainsi avoir produit 130 récolteuses intégrales la saison dernière et accaparerait ainsi plus de 30 % du marché global, le tout, pour une estimation du chiffre d'affaires de 120 millions d'euros à la fin 2014. La famille Paintner s'est fixé comme objectif d'atteindre prochainement les 200 millions d'euros.  

La pomme de terre pour bientôt

  Pour y parvenir, elle compte notamment sur sa nouvelle gamme de matériels à pommes de terre. Le rachat en septembre 2012 de l'Allemand WM-Kartoffeltechnick a en effet permis à Ropa de mettre un pied dans ce nouveau monde. Les arracheuses à trémie Keiler I et Keiler II, récoltant un et deux rangs de tubercules, ont été les premiers modèles présentés lors du dernier Agritechnica. Ces machines de présérie ont réalisé leur première saison de récolte en 2014. Le constructeur poursuivra cette année encore leur mise au point avant de commencer leur production officielle sur la quatrième et dernière ligne d'assemblage du nouveau hall de montage. Rupert Geischeder, directeur de la division pommes de terre, annonce également travailler sur une trémie vidangeant en roulant qui remplacerait, en option, la trémie fixe des Keiler II. Il envisage même la création, d'ici deux ans, d'une automotrice de récolte à quatre rangs.  

Vers l'autonomie d'énergie

  Quoi de mieux que des betteraves pour animer une usine dédiée à la construction de récolteuses de betteraves ? Ropa utilise en effet principalement cette racine pour alimenter son digesteur. Pour y parvenir, la marque a spécialement développé une trémie de réception dotée d'un dispositif de nettoyage à rouleaux longitudinaux et d'un broyeur horizontal. L'ensemble est animé par un impressionnant V10 Mercedes-Benz issu d'un ancien char militaire. Le broyat est ensuite amené dans une citerne puis mélangé, dans le digesteur, avec du lisier de porc. Le gaz et la chaleur issus de cette fermentation sont respectivement utilisés comme carburant, pour un générateur électrique, et comme énergie pour les unités de chauffage par le sol de l'usine et par les dispositifs de séchage de l'installation de peinture.    

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Utilitaire

Un SSV à pris attractif chez Can-Am

Pommes de terre

Un système anti-érosion chez AVR

Broyeur à axe vertical

Un gyrobroyeur rigide Quivogne de 3,50 m

Pommes de terre

Réglage d'une arracheuse à pommes de terre

Station météo

Weenat aide les irrigants

Pommes de terre

Un transbordeur Downs Geo de 22 tonnes

Travail du sol

Eurotechnics Agri s'adresse à l'agriculture raisonnée

Pommes de terre

Miedema revoit son unité de nettoyage

Entretien du paysage

Noremat remodèle son porte-outils VSV