Gilles: Une automotrice, sans le moteur

Gilles: Une automotrice, sans le moteur

À l'heure où les intégrales de récolte de betteraves ont le vent en poupe, Gilles propose une nouvelle arracheusechargeuse traînée de six rangs. Ici, pas de trémie de 45 m3 ni de moteur de 600 chevaux. L'entraînement tout hydraulique, le bâti arracheur à socs animés et le circuit de déterrage à turbines font cependant de cette machine une réelle alternative économique aux automotrices.

Le Belge Gilles est reconnu comme un des spécialistes du chantier décomposé de récolte des betteraves. Cette méthode d'arrachage, bien que toujours performante, nécessite généralement deux voire trois tracteurs et autant de chauffeurs pour être efficace. Le constructeur s'est donc appuyé sur son expérience et sur celle des constructeurs voisins, CMG et Atelier Werry Concept, pour créer un ensemble capable d'effeuiller, d'arracher et de charger les racines avec un seul et même engin. Cette machine traînée de six rangs ne fait cependant pas l'impasse sur des équipements souvent réservés aux automotrices.   L'ensemble de ses éléments sont par exemple animés hydrauliquement. Son circuit de nettoyage à quatre turbines, sa trémie de six mètres cubes et son interface de commande à écran couleur font d'elle une arracheuse résolument haut de gamme. Les dernières parcelles de betteraves disponibles fin décembre ont permis à la marque de tester ce modèle de présérie dans des conditions particulièrement difficiles. Matériel Agricole était présent en exclusivité durant cet essai.  

Un entraînement 100 % hydraulique

L'arracheuse-chargeuse Gilles repose sur un châssis tubulaire doté d'un essieu directionnel piloté hydrauliquement. Elle est chaussée de pneus de 480/70R30 limitant sa largeur totale au transport à trois mètres. L'ensemble des éléments est entraîné par une centrale hydraulique, placée sous l'élévateur circulaire, via la prise de force à 1 000 tr/min d'un tracteur d'environ 200 chevaux. Le chauffeur dispose d'un terminal à écran tactile et couleur autorisant la modification en continu des différents paramètres de sa récolteuse. Deux joysticks permettent ensuite de commander les séquences d'entrée et de sortie de champ, la direction hydraulique, la position du timon et l'élévateur de vidange.  

La profondeur contrôlée par ultrasons

L'arracheuse-chargeuse Gilles intègre un bâti arracheur à socs à mouvement rotatif travaillant sur six rangs à 45 ou 50 cm d'écartement. Relié au châssis par des parallélogrammes, ce module intègre deux capteurs à ultrasons, placés de part et d'autre du bâti, qui mesurent en continu la profondeur de travail. Un automatisme vérifie et ajuste ensuite sa position en fonction de la consigne demandée sur le terminal en cabine. Chacun des éléments à socs dispose de son propre entraînement hydraulique. L'opérateur modifie ainsi facilement leur régime compris entre 0 et 500 tr/min. Une électrovanne autorise également l'inversion de leur sens de rotation afin de faciliter, par exemple, l'arrachage de betteraves fourragères.   Un dispositif de guidage automatique contrôle les deux vérins hydrauliques du timon limitant ainsi la casse des racines par les socs.Le module d'arrachage compte également deux turbines de 130 cm de diamètre ramassant et nettoyant les betteraves fraîchement tirées de terre avant de les transférer vers le circuit de déterrage. Leur position s'ajuste indépendamment de celle du bâti arracheur. Cette spécificité permet de limiter la perte de produit en conditions sèches et d'éviter des montées excessives de terre dans des sols plus humides. Deux autres turbines de 160 cm de diamètre offrent un nettoyage supplémentaire et transfèrent le flux de récolte vers l'élévateur circulaire.   L'entraînement hydraulique de l'ensemble de ces éléments permet de faire varier leur régime de rotation de 0 à 130 tr/min. En cas de bourrage, une électrovanne pilotée depuis le terminal en cabine autorise l'inversion de leur sens de rotation. Gilles décline également cette machine en une version chargeuse. Le dispositif d'arrachage est alors démonté et remplacé par deux petites turbines ramasseuses assistées d'une troisième de grand diamètre.  

L'éparpilleur intégré à l'arracheuse-chargeuse

Le chantier d'arrachage Gilles intègre l'effeuilleuseTR 14 attelée sur le relevage avant du tracteur qui ne nécessite qu'un entraînement par prise de force à 1 000 tr/min. Un boîtier à renvoi d'angle transfère ensuite le mouvement au rotor, doté de quatre rangées de fléaux, et à la vis d'éjection du broyat par un ensemble de courroies. Les feuilles broyées sont soufflées dans l'auget de la vis d'Archimède avant d'être alignées au sol. Afin de limiter les projections sur le tracteur et sa remorque, la marque a choisi de placer l'éparpilleur de feuilles à l'arrière de l'arracheuse-chargeuse.   Celui-ci dispose d'un moteur hydraulique animant un moulin doté de pales en caoutchouc. Un vérin hydraulique relève automatiquement l'ensemble à chaque bout de champ. L'effeuilleuse intègre en supplément six scalpeurs en L, distants de 45 ou 50 cm, montés sur parallélogramme. Le réglage de la hauteur de scalpage s'ajuste manuellement ou, en option, hydrauliquement. La hauteur d'effeuillage est, elle, contrôlée par deux roues de jauge.  

Quatre tonnes d'autonomie

Le flux de produit nettoyé par les turbines est ensuite récolté par un élévateur circulaire de 900 mm de large dont l'entraînement hydraulique autorise la modification de sa vitesse de rotation. Un petit tapis intermédiaire réceptionne les racines dès leur sortie de l'élévateur puis les transfère vers la trémie d'une capacité de 6 m3, soit environ quatre tonnes. Un vérin hydraulique permet de modifier manuellement la hauteur de dépose des racines dans la trémie. Gilles ajoute en option un capteur automatisant cette manoeuvre.   L'inversion du sens de rotation de ce tapis permet d'aligner les betteraves au sol, afin de les laisser sécher, au lieu de les conduire vers la trémie. La machine travaille alors comme un chantier décomposé classique. L'élévateur de vidange de la trémie est, lui, doté d'un tapis d'un mètre de large exportant enfin la récolte vers des remorques d'une hauteur maximale de quatre mètres.  

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