Circulation des véhicules remorqués à 40 km/h Prévenir la sortie de route

Circulation des véhicules remorqués à 40 km/h Prévenir la sortie de route

Les véhicules remorqués circulant à 40 km/h, lancés à pleine vitesse et à charge maximale sur des routes étroites, peuvent emporter le convoi en dehors de la chaussée. Quelques précautions méritent alors d'être prises pour limiter les risques d'accident même si l'allure ne constitue pas, d'après la MSA, la cause principale des sinistres routiers impliquant des engins agricoles.

«Lors de la dernière moisson, ma remorque de 32 tonnes homologuée à 40 km/h, chargée aux trois quarts, s'est retournée sur une petite route. J'ai d'abord mordu l'accotement, puis j'ai donné un coup de volant pour redresser. L'ensemble à commencer à zigzaguer sur la chaussée et la souplesse des pneus à basse pression de cette remorque à trois essieux a amplifié les embardées. Sous la contrainte, une des roues avant a éclaté puis la benne s'est renversée. Heureusement pour moi, l'attelage à boule s'est désolidarisé. Le tracteur est alors resté sur ses pattes et je n'ai pas été blessé », rapporte l'exploitant victime de ce sinistre. Ce témoignage met en exergue que circuler plus vite demande davantage de vigilance. À 40 km/h, il faut par exemple 2,5 fois plus d'énergie pour s'arrêter qu'à 25 km/h. La première règle de sécurité à respecter est l'utilisation d'un véhicule remorqué homologué pour la vitesse à laquelle il circule. Le constructeur doit notamment justifier qu'il a respecté le cahier des charges relatif à l'homologation en donnant le certificat barré rouge ainsi que le non-barré pour l'immatriculation à son client au moment de la livraison. Ce second document est d'ailleurs indispensable pour immatriculer un véhicule remorqué neuf vendu depuis le 1er janvier 2013. En plus des différentes règles relatives à l'éclairage et à la signalisation, la législation impose que le matériel intègre un dispositif de freinage correctement dimensionné, avec une efficacité proportionnelle à la charge. La commande pneumatique est d'ailleurs aujourd'hui la seule compatible avec les conditions d'homo lo ga tion à 40 km/h. Attention, les matériels intégrant un système mixte combinant l'air et l'hydraulique ne peuvent en aucun cas prétendre à une homologation à cette allure ! Comme sur une voiture, les caractéristiques des pneumatiques sont importantes. L'indice de vitesse requis est au minimum A8 pour circuler à 40 km/h.

Des roues biens gonflées

« Avec des pneus à basse pression, gonflés à 2,5 bars, la benne a tendance à danser, même sur de belles routes », témoigne l'agriculteur. Bien que certains manufacturiers autorisent de faibles pressions dans leur tableau de gonflage, à charge et vitesse maximales, il semble opportun de ne pas descendre, sur route, sous le seuil des 3,5 à 4 bars. Des pneus davantage gonflés limitent en effet le roulis généré par la suspension dans les virages ou les ronds-points. Plus séduisantes sur le papier, les suspensions hydrauliques font l'objet d'avis partagés sur le terrain. Sur le plan du lestage, il reste difficile d'afficher des règles précises. Le comportement de l'ensemble routier varie selon le gabarit du tracteur, son équilibre avant/arrière et l'état de la route. Certains constructeurs proposent toutefois leurs propres systèmes de suspension hydrauliques à roues indépendantes pouvant être homologués à 40 km/h et garantissant une réelle stabilité de la benne à haute vitesse ou au bennage. Un attelage à boule, en plus d'améliorer le confort, devrait prochainement autoriser un report de charge supplémentaire sur l'essieu arrière du tracteur (quatre tonnes maximum contre trois avec un anneau classique). De même, le choix d'une benne dotée d'une caisse plus longue permet, à volume équivalent, d'abaisser son centre de gravité. Enfin, la compétence du conducteur n'est pas à négliger, notamment durant les périodes de récolte lorsque de jeunes chauffeurs ou des personnes peu expérimentées prennent le volant. En l'absence d'obligation de permis (voir encadré page précédente), le chef d'exploitation est responsable de leur formation. Il doit vérifier leurs capacités de conduite, s'assurer du respect des règles de sécurité et leur indiquer les trajets les moins dangereux même s'ils sont un peu plus longs.

Les préconisations pour rouler à 40 km/h en toute sécurité

o Disposer obligatoirement d'une benne homologuée 40 km/h (incluant les papiers d'homologation : barré rouge, non-barré pour carte grise) à freinage pneumatique exclusif avec système LSV proportionnel à la charge. o Disposer de pneumatiques adaptés pour l'homologation (sous conseil du constructeur). o Gonfler les pneumatiques à une pression minimale de 3,5 à 4 bars. o Bloquer l'essieu suiveur dès la sortie de la parcelle ou de la cour de ferme, ou utiliser un système d'essieux autopilotés. o Atteler un tracteur correctement dimensionné avec les systèmes d'éclairage et de freinage en bon état de fonctionnement. o Former et informer le chauffeur des difficultés du parcours.  

Permis de conduire : des questions en suspens

Rappelez-vous, dans notre numéro 179 d'août 2012, nous écrivions à propos de la modification du texte sur la dispense du permis pour la conduite des véhicules agricoles de mars 2012* : « Les modifications apportées au texte de loi posent quelques problèmes d'interprétation et sont actuellement étudiées par les organismes agricoles compétents. Affaire à suivre... » Deux ans après, des interrogations de taille subsistent encore. En effet, ce texte ne remet pas en question les conditions d'application de la dispense pour les conducteurs ayant un statut d'actif agricole. En revanche, le sort réservé aux enfants et au conjoint de l'exploitant, lorsque ceux-ci n'ont pas le statut d'aide familiale ou de conjoint collaborateur, n'est pas clair. La question reste également ouverte pour les aides bénévoles. En cette période de moisson, il est fortement recommandé de signaler l'arrivée d'un nouveau chauffeur à sa compagnie d'assurances. Permis B pour les uns, poids lourd pour les autres Pour les agriculteurs retraités, des réponses ont été apportées. La règle du permis B s'applique même lorsque le tracteur n'est plus attaché à une exploitation. Cela n'est pas sans générer quelques incohérences puisqu'un retraité a de ce fait le droit de conduire un tracteur avec un permis B pour, par exemple, participer à un défilé de chars fleuris. Or, pour cette même opération, un exploitant doit disposer d'un permis poids lourd. Par ailleurs, concernant les employés communaux, cette même règle du permis B a été étendue aux employés des intercommunalités mais pas aux agents de la fonction publique territoriale. Le site Internet de la Chambre d'agriculture du Loiret propose un tableau récapitulatif des différentes hypothèses d'utilisation de véhicules agricoles et son interprétation sur l'exigence de permis correspondante. Ce document est accessible à l'adresse : www.loiret.chambagri.fr, rubrique "Nos services", puis "Agro-équipement", paragraphe "Réglementaire". Permis de conduire : des questions en suspens * Article 87 de la loi 2012-387 du 22 mars 2012 sur la simplification du droit et l'allégement des démarches administratives.

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