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Gestion des effluents « Mon séparateur de phases mobile traite jusqu’à 130 m3 de lisier ou de digestat par heure »

Bastien Lemenand, créateur de la société Agro Tech Ouest : « La séparation de phases mobile résout de nombreuses problématiques autour de la gestion des effluents d’élevage. »

L’entreprise Agro Tech Ouest mise sur la mobilité pour valoriser les effluents d’élevage. Son séparateur de phases monté sur plateau Ampliroll traite à haut débit les lisiers de porcs, de bovins ou le digestat, directement à la ferme. Une solution autonome, conçue sur mesure par Bastien Lemenand, entrepreneur sarthois.

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Après une expérience de plusieurs années comme chauffeur routier, Bastien Lemenand a bâti sa propre entreprise spécialisée dans la gestion des effluents d’élevage. Armé de son camion Scania, il sillonne la campagne depuis un an, avec son séparateur de phases mobile et autonome, qu’il a lui-même aménagé sur un plateau Ampliroll.

« Durant mes précédentes expériences, j’étais régulièrement au contact des agriculteurs. Les problématiques autour du stockage et de l’épandage du lisier étaient des sujets récurrents. J’ai aussi des exemples d’exploitations ayant investi dans leur propre séparateur de phases. Très souvent, elles faisaient face à des problèmes techniques et à un entretien coûteux causés par un fonctionnement intermittent de leur appareil », expose le jeune entrepreneur.
Les unités de méthanisation constituent une part importante des chantiers de séparation de phases, notamment pour raccourcir les périodes de maintenance. (© Michel Portier)

Résoudre les contraintes de stockage du lisier

Au fil de sa réflexion, il découvre l’intérêt d’exploiter séparément les phases solide et liquide issues du séparateur.

« Riche en matière organique stable, le solide peut être exporté ou composté. La phase liquide, plus fluide, s’épand facilement, y compris sur des cultures en place », explique Bastien Lemenand. 

Il choisit de faire appel à un séparateur haut débit lui permettant de traiter de gros volumes en peu de temps.

L’installation comporte un broyeur, deux pompes à lobes et le séparateur de phases, tous entraînés électriquement par un groupe électrogène. (© Michel Portier)
« À l’origine, je ciblais les élevages bovins et porcins qui ont des volumes de fosse insuffisants, poursuit-il. J’ai aussi démarché les exploitations dont les lisiers très épais sont difficiles à épandre ou celles qui souhaitent exporter de la matière pour respecter leur plan d’épandage. Je propose d’ailleurs une prestation de transport de la matière solide vers les zones céréalières. » Le panel de sa clientèle s’est rapidement élargi aux méthaniseurs. « J’interviens surtout pour optimiser le temps d’arrêt des digesteurs durant les phases de maintenance ou de curage. La partie liquide peut être stockée dans une poche pour être ensuite réinjectée de façon à accélérer le redémarrage du processus biologique. J’ai aussi de la demande pour diminuer le taux de matière sèche dans les digesteurs », ajoute-t-il.

Une installation mobile et autonome

Grâce à son ensemble monté sur Ampliroll, Bastien Lemenand positionne le séparateur au plus près de la fosse ou du digesteur.

Le tapis convoyeur est piloté par une télécommande pour remplir les bennes sans bouger le tracteur. (© Michel Portier)
« Je dispose de 25 m de tuyaux à l’aspiration et de 40 m au refoulement, en diamètre de 150 mm. Des réductions me permettent de me raccorder à du 100 ou 200 mm. »

Le groupe électrogène de 125 kilovoltampères (kVA), associé à un réservoir de 850 L de GNR, rend le chantier autonome. Il alimente les quatre moteurs électriques de 15 kW entraînant les deux pompes à lobes (aspiration et refoulement), le broyeur (couteaux rotatifs et contre-couteaux avec cyclone et piège à cailloux) et le séparateur Bioselect RC 150. L'ensemble est fourni par le spécialiste allemand Börger. La plateforme accueille deux autres équipements animés électriquement. Un groupe électro-hydraulique sert à mettre en mouvement et à orienter le tapis convoyeur transférant la matière solide en sortie de séparateur.

La phase solide sortant du séparateur peut contenir jusqu’à 32 % de matière sèche. (© Michel Portier)
« D’une longueur de 7 m, il peut charger des remorques jusqu’à 4,3 m de haut quand le séparateur est déposé au sol, et jusqu’à 5,8 m quand je le laisse sur le camion. Il pivote à 220°, ce qui me permet de remplir uniformément la remorque, sans la bouger, uniquement en l’orientant avec une télécommande », apprécie l'entrepreneur.

Un nettoyage pour garantir la sécurité sanitaire

L’autre accessoire électrique est un nettoyeur haute pression à eau chaude alimenté par une cuve de 1 000 L.

Le fonctionnement du séparateur est piloté par un automate, un écran tactile permettant d’ajuster les paramètres. (© Michel Portier)
« Je nettoie intégralement l’ensemble de l’installation, ainsi que mon camion avant de partir sur un autre chantier. J’utilise du savon désinfectant pour éviter tout risque sanitaire entre deux élevages. » 

L’ensemble des composants est géré par un automate assisté de plusieurs capteurs.

« Le régime des pompes, du broyeur et du séparateur est sous surveillance. On connaît précisément le volume de lisier ou de digestat traité », détaille l'entrepreneur, qui accède à tous les réglages depuis un écran tactile. « L’installation étant connectée, le constructeur peut établir des diagnostics et modifier des paramètres à distance. »

Un montage personnalisé et un entretien maîtrisé

Afin de limiter les coûts, Bastien Lemenand a monté lui-même les différents composants de son installation sur le plateau Ampliroll.

L’ensemble de l’installation montée sur un plateau Ampliroll pèse 11,2 t, portant le poids total du camion à 24 t. (© Michel Portier)
« J’ai pu choisir les bons composants et adapter l’agencement en fonction de mes besoins. J’assure aussi toute la maintenance, qui s’est résumée pour l’instant à du graissage régulier. Les lobes des pompes et les couteaux du broyeur sont les principales pièces d’usure. Quant au séparateur, il faut vérifier annuellement l’état de la vis et du tamis. »

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