Groupe Utac Ceram : l'homologation sévère mais juste

Groupe Utac Ceram : l'homologation sévère mais juste

Le groupe Utac Ceram a convié fin juin la rédaction de Matériel Agricole à venir découvrir ce qui se cache derrière l'homologation routière des engins agricoles. Depuis bientôt 70 ans, l'Union technique de l'automobile et du cycle (UTAC) voit défiler sur l'autodrome de Montlhéry (Essonne) ou sur le circuit de Mortefontaine (Oise) les véhicules, automoteurs ou remorqués nécessitant une réception pour circuler sur nos routes. Depuis la généralisation de l'immatriculation, les matériels agricoles défilent sur leurs bancs de test.

La France est actuellement l'un des pays les plus rigoureux concernant l'homologation routière des véhicules, qu'ils soient motorisés ou attelés. Pourtant, elle a montré un certain laxisme à l'égard des engins agricoles qui, depuis 1954 et les débuts de leur réception, auraient dû tous justifier du barré rouge, le précieux sésame certifiant l'homologation. Mais celui-ci n'a été rendu impératif qu'avec l'arrivée de l'obligation d'immatriculation, le 1er janvier 2010 pour les véhicules automoteurs et le 1er janvier 2013 pour les outils remorqués. La réglementation française, en imposant la réception des véhicules agricoles, protège ainsi les utilisateurs et tous ceux qui seraient amenés à graviter autour des engins. La vérification des nombreux critères offre la tranquillité aux acquéreurs de véhicules agricoles. Ceux-ci sont certains d'acheter une machine capable de freiner en cas d'imprévu. Mais la sécurité passe également par la visibilité. Le test de rétrovision, notamment, réduira les risques d'écrasement de biens ou de personnes lors des manoeuvres avec des engins dont les gabarits sont parfois très imposants. Les mesures des niveaux sonores limiteront l'exposition et le travail dans un environnement bruyant. Elles participent ainsi à réduire les risques de lésions du système auditif tout en favorisant le confort d'utilisation. De la même façon, les tests effectués sur les réservoirs de carburant limitent les risques d'explosion, de pollution et d'incendie en cas de retournement ou d'accident. La législation a poussé les constructeurs à mettre en place sur leur production les éléments requis pour respecter et valider la réception du véhicule.  

Des tests similaires à l'automobile

  Les tests réalisés lors de la vérification par l'Utac de la conformité ont été adaptés à la machine agricole mais présentent des similitudes avec ceux qui sont effectués sur un véhicule de tourisme ou un poids lourd. Actuellement, l'une des rares exceptions dans le domaine de l'homologation est le matériel de travaux publics qui ne nécessite aucune réception. Les règles de l'Hexagone trouvent cependant leurs limites lors de l'importation d'un véhicule étranger. Le manque d'harmonisation avec nos pays voisins entraîne un passage par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) ou par l'Utac Ceram, selon la catégorie du véhicule, pour obtenir sa réception. Il est également possible pour les inventeurs de faire homologuer leur création à titre isolé.  

Des certifications et des formations

  L'Utac Ceram, s'appuyant sur une équipe de 350 ingénieurs et deux centres d'essai, est présente sur tous les continents, dans plus de 40 pays. Ses deux filiales étrangères, implantées en Russie et en Chine, lui ouvrent de nouvelles possibilités sur ces marchés. Ses services sont accrédités au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Japon, à Taïwan... Ils sont également reconnus par Euro NCAP, l'organisme indépendant international dont le but est de vérifier par des crash tests la sécurité passive des véhicules. Leur expertise ne s'arrête pas à l'homologation de véhicules. L'Utac Ceram accompagne également les constructeurs dans les démarches permettant la réalisation d'un dossier d'homologation. La certification fait également partie de son savoir-faire puisque la structure réalise des audits qualité comme la norme ISO 9001, mais également environnementaux avec la norme ISO 14001. Le contrôle technique des véhicules légers et lourds entre aussi dans les attributions de l'Utac Ceram. Le groupe gère en effet les méthodes appliquées lors des contrôles, les cahiers des charges, les logiciels et les liens entre le matériel de test et l'informatique. Les services de la société partagent leur savoir-faire en animant des formations sur leurs différents pôles de compétences (écoconduite, techniques...). Les nombreuses infrastructures dont le groupe dispose (circuits, laboratoires) sont ainsi valorisées par la réalisation de formations, de tests et d'essais.  

Les véhicules mis à rude épreuve

  Lors de la journée réservée à la presse, l'Utac Ceram a simulé l'homologation d'un véhicule Maga (machine agricole automotrice) afin de présenter les différentes étapes des essais.  

1 - La vitesse maximum

  Ce critère assure la classification entre les Maga 25 et les Maga 40. Il sera déterminant pour connaître les tests à effectuer pour la réception.  

2 - Le freinage

  Deux tests sont réalisés : la distance nécessaire à l'arrêt et la résistance du frein de stationnement. Le premier consiste à faire évoluer la machine à 20 km/h pour une Maga 25 et à sa vitesse maximum pour une Maga 40. La distance de freinage doit être inférieure à dix mètres pour les moins rapides et à 19,80 mètres pour un automoteur lancé à 40 km/h. Le second permet de contrôler le freinage statique dans une pente ou, à défaut, par traction avec une barre dynamométrique. La machine est alors chargée ou lestée soit à 12 % de son poids total roulant autorisé (PTRA), soit à 18 % de son poids total autorisé en charge (PTAC).  

3 - Le niveau sonore

  Le bruit est mesuré en situation statique et dynamique. Dans le premier cas, le sonomètre est installé à proximité de l'automoteur, puis un opérateur accélère progressivement jusqu'aux trois quarts du régime moteur maximum pour un Maga 25 et à fond pour un Maga 40. La mesure dynamique, pour sa part, s'effectue à l'accélération. La machine entre dans la zone de mesure de 20 mètres de long aux trois quarts de sa vitesse maximum. Le conducteur accélère alors le régime moteur au régime maximal. Le niveau sonore doit être inférieur à 90 dB(A) pour une machine de moins de 200 chevaux et en dessous de 91 dB(A) pour les moteurs de plus de 200 chevaux. La mesure sonore de l'avertisseur doit, elle aussi, répondre à des critères bien précis.  

4 - La visibilité

  Test supplémentaire des Maga 40 par rapport à leurs homologues limités à 25 km/h, la rétrovision est vérifiée avec la mise en place de repères visuels sur le sol, à dix mètres derrière le véhicule. Certains sont placés dans l'axe de la largeur hors tout du véhicule et d'autres sont à plus de 2,50 mètres vers l'extérieur des premiers. Tous les repères doivent être visibles depuis le poste de conduite.  

5 - La conformité du réservoir à carburant

  Cet autre test spécifique aux Maga 40 se décompose en deux parties. La première consiste à mettre à l'épreuve l'étanchéité du réservoir à carburant. L'opérateur retourne la cuve puis contrôle le débit de carburant s'échappant du bouchon lorsque le réservoir est incliné à 90, 180 et 270 degrés. La fuite ne doit pas excéder 30 centilitres par minute (soit le volume d'une canette de soda). Pour la seconde partie, le réservoir est mis sous pression, l'évent du bouchon est obstrué. Ce dernier doit s'ouvrir lorsqu'une pression deux fois supérieure à celle qu'il supporte est appliquée.

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