Vous avez forcément déjà entendu parler des pneumatiques VF. Leur carcasse flexible leur permet de s’écraser sous la charge afin d’agrandir leur surface d’empreinte. Leur pression de gonflage plus faible (à charge équivalente par rapport à un pneumatique standard) limite la compaction du sol. Seulement, comment quantifier les gains apportés par ces pneumatiques ? Dans quels cas de figure leur utilisation s’avère-t-elle pertinente ? Pour répondre à ces questions, nous avons mis à contribution l’équipe d’essai des pneumatiques agricoles basée dans le centre de recherche de Michelin, sur le site de Ladoux, au nord de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Les testeurs ont comparé trois montes de pneumatiques, deux standards et une troisième de type VF MUT (Michelin UltraFlex Technology), dans différents ateliers qu’ils réalisent habituellement dans le cadre de la R&D de la marque. Pour ce test, un tracteur Fendt 728 Vario a été chaussé successivement de pneus Michelin MachXBib 650/85R38 et 710/70R42, puis d’AxioBib 2 VF 710/70R42.

Souvent, ceci correspond à la pression préconisée pour la charge outil levé et à la vitesse de circulation sur route. La technologie VF montre alors un certain avantage, puisqu’elle permet de circuler à une pression plus faible. Le manufacturier recommande par ailleurs de surgonfler de 0,4 bar par rapport à la pression préconisée pour les usages routiers intensifs. Pour le test, du sable est disposé au sol dans un cadre. Le tracteur recule dans ce sable, et de la farine est projetée autour du pneu afin de délimiter la surface d’empreinte. Les testeurs prennent ensuite une photo, et un logiciel spécifique se charge de calculer la surface (en violet sur les clichés).

Prenons l’exemple du pneu AxioBib 2 VF 710/70R42. Pour les travaux au champ sous fort couple, il faut se placer sur la ligne 30 km/h (la ligne 10 km/h est réservée aux travaux sous faible couple, à cause du risque de déchaussement du pneumatique). Pour supporter la charge de 5 500 kg par pneu, la pression doit être réglée à 0,9 bar. Elle devra être augmentée de 0,1 bar pour passer à la ligne 65 km/h. Conformément aux préconisations de Michelin, la pression est finalement ajustée à 1,4 bar, répondant aux sollicitations d’un usage routier intensif. Chaque manufacturier propose une application ou un site web, plus faciles à utiliser que les tables de pression, permettant de connaître la pression à appliquer en fonction des travaux et de la charge sur chaque essieu.







Ils s’accordent à dire qu’en dessous de 5, la manœuvre devient dangereuse. Ces manœuvres extrêmes, réalisées par des professionnels dans le but de noter les pneumatiques, se sont déroulées sur trois jours afin de répondre aux contraintes de disponibilité des pistes d’essai.


Ces tests de nuit permettent également de s’affranchir des écarts de température de la piste pouvant avoir un certain impact sur la consommation. Afin de garantir des conditions identiques pour les deux montes de pneus testées (MachXBib 710/70R42 + 600/70R30 et AxioBib 2 VF 710/70R42 + VF 600/70R30), les essayeurs réalisent dix tours de piste, soit près de 80 km, à la vitesse constante de 40 km/h. Le tracteur reçoit pour cela des « pattes », des pneumatiques utiles seulement pour cet échauffement. Ensuite, les deux montes sont testées tour à tour, avec à chaque fois un départ à froid pour les pneus. Dix tours sont nécessaires pour chaque configuration. Le conducteur aura ainsi parcouru près de 240 km pour ce seul test ! Le dispositif de collecte des données enregistre en temps réel le régime moteur, la consommation, la vitesse GPS et la position du véhicule.





