LS Plus 90La cour comme terrain de jeu favori

La cour comme terrain de jeu favori

Participer aux essais de Matériel Agricole constitue un bon examen pour le tracteur Plus 90, le plus gros modèle commercialisé par le Coréen LS. Pris en main par Laurent Hélie et Damien Turmaud, deux agriculteurs charentais, l'engin s'est montré beaucoup plus à l'aise dans la cour de la ferme, avec son chargeur frontal, que sur la route, attelé à la remorque Deguillaume.

Les tracteurs coréens sont encore rares dans les exploitations agricoles françaises. Le modèle Plus 90 de la firme LS a, par conséquent, suscité la curiosité et essuyé les critiques des différents agriculteurs présents lors de cette session d'essai réunissant, mi-novembre, une dizaine de tracteurs d'environ 80 chevaux au siège de la Cuma du Val-de-Vienne à Chirac (Charente). Grâce à Matériel Agricole, Laurent Hélie et Damien Turmaud ont ainsi pu découvrir techniquement ce tracteur importé par la société Paget installée à Vaulx-Milieu (Isère), et en prendre les commandes. Annoncé pour 88 chevaux de puissance maximale, le LS Plus 90, lancé en 2007, reçoit depuis peu un inverseur sous charge PowerShuttleet un doubleur Hi/Lo portant à 40 le nombre total de rapports avant et arrière (20 sur le modèle standard). Cette transmission a été mise à rude épreuve lors des essais avec, au programme, un passage au banc moteur puis des travaux au chargeur et au transport. Avant d'attaquer les tests, les deux agriculteurs suivent attentivement la présentation du tracteur réalisée par Brice Paillet, le responsable technique de l'importateur français. Le LS se distingue par son pont avant doté de couples coniques à la place des cardans. Pour sa motorisation, il reçoit un quatre cylindres Fiat Powertrain Technologies de 3,2 litres. Ce moteur, évalué au  banc de performance de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, délivre 83 chevaux de puissance maximale. Cette valeur se révèle conforme à celle annoncée par le fabricant compte tenu des pertes dues à la transmission. Les huiles moteur et de transmission étant montées en température suite au passage au banc, le tracteur est prêt pour les essais.   [gallery link="file" columns="2"]   Doubleur et inverseur font bien la paire   Pour le premier exercice consistant à curer une stabulation, le LS quitte la Cuma pour rejoindre l'exploitation de Thierry Degait, également située sur la commune de Chirac. « Avec la masse de 480 kg attelée sur le relevage arrière et le chargeur BMH SC 350, le Plus 90 est bien équilibré. La fourche, pourvue d'une suspension par boule d'azote, filtre efficacement les défauts de la route », constate Laurent Hélie. L'agriculteur garde le volant pour débuter le test de manutention. Dès les premiers tours de roue, il apprécie les évolutions apportées à la transmission. « Le doubleur, commandé depuis le levier de vitesses, et l'inverseur sont aujourd'hui indispensables pour les travaux au chargeur », relève-t-il. Le LS Plus 90 est jugé particulièrement maniable par l'agriculteur. Il se faufile assez facilement dans le bâtiment et les manoeuvres semblent relativement aisées. « Ses dimensions assez compactes facilitent son évolution dans la stabulation et dans la cour pour charger la remorque de fumier », confirme Laurent Hélie. L'agriculteur juge cependant que l'embrayage manque de réactivité. Selon lui, le délai de réponse trop important de cet organe ne facilite pas la prise en main. Après avoir chargé une remorque de fumier, le premier essayeur cède sa place à Damien Turmaud, qui poursuit le curage de la stabulation. Le second essayeur remarque rapidement que les leviers du frein à main, des gammes et des rampantes sont mal placés. L'agriculteur, davantage attentif aux performances du chargeur frontal, déplore la lenteur des mouvements. « Le manque de débit hydraulique du circuit du tracteur pénalise la vitesse d'évolution autant pour monter et descendre les bras que pour benner et caver le godet », regrette-t-il. Selon lui, le bâti du chargeur, en plus d'obstruer l'accès à certains points de maintenance du tracteur, gêne la visibilité. « La barre positionnée entre les deux brancards cache un peu la vue. » Comme le conducteur est installé sur un siège positionné bas, la visibilité sur l'outil est jugée satisfaisante quelle que soit la hauteur de levée. Mais, sur le côté du tracteur, la vue est davantage obstruée.   Peu gourmand en carburant   Le curage terminé, le tracteur regagne le siège de la Cuma du Val-de-Vienne. La remorque Deguillaume chargée de terre, d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau, l'attend pour les essais sur la route. Benne attelée, le convoi est alors prêt pour réaliser le parcours vallonné de 12,9 km. Le trajet est d'emblée marqué par une côte de 500 mètres de long et 5 % de pente. Le LS la gravit en moyenne en 2 minutes et 27 secondes. Par comparaison avec les autres modèles testés de même puissance, le Plus 90 se montre assez lent à franchir cette première difficulté. Lors de la deuxième côte de 300 mètres de long et environ 7 % de pente, le tracteur arrive au sommet en une minute et 25 secondes de moyenne et confirme son manque de nervosité dans les montées. Les agriculteurs s'avèrent unanimes dans leur jugement lors de ce test sur la route. La transmission fait bonne figure : les vitesses sont bien étagées et le doubleur se révèle souple. « Le principal point faible du LS Plus 90 sur la route avec la remorque à simple essieu est son manque de confort. Sa cabine se révèle surtout bruyante, déplore Damien Turmaud. Le siège à suspension mécanique n'amortit pas bien les défauts de la route au revêtement parfois abîmé. Et malgré le possible réglage de sa hauteur, il est positionné trop bas. » Dans la principale descente du parcours, Laurent Hélie trouve que le tracteur dispose d'un freinage souple et assez efficace. « Mais le LS Plus 90 manque de poids à l'arrière », estime-t-il. Tous les parcours sont bouclés en moyenne en un peu plus de 41 minutes. Lors de ces répétitions, un bidon installé sur le tracteur dévie l'alimentation en carburant du moteur et mesure la consommation pendant le trajet. En moyenne, le tracteur a absorbé 9,7 l/h de GNR. Le LS Plus 90 s'avère l'un des plus économes en carburant de tous les tracteurs essayés de même puissance.

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