John Deere 6210 R DirectDriveLe verdict sur la boîte à double embrayage

Le verdict sur la boîte à double embrayage

John Deere inaugure avec la DirectDrive une transmission à double embrayage sans équivalent actuellement sur un engin agricole. Cette boîte de vitesses montée sur le tracteur 6210 R de notre essai a été soumise, fin septembre, aux épreuves du banc de performance et de la route. Les mauvaises conditions météorologiques n'ont malheureusement pas permis aux deux essayeurs, Victor Geoffroy et Nicolas Martineaud, de tester l'engin dans les champs.

Fin septembre, à Saint-Denis-du- Pin, en Charente-Maritime, 60 mm de pluie sont tombés les jours précédents celui de l'essai exclusif du John Deere 6210 R par l'équipe de Matériel Agricole. Le climat n'était donc pas vraiment propice à mettre un tracteur dans les champs. C'est pourtant ce que nous avons tenté de réaliser malgré les réticences de Nicolas Martineaud, essayeur et fils du cogérant de la SARL du même nom qui accueille notre opération. Bien que le sol limono-sableux soit peu collant dans la parcelle, la terre remplit le rouleau du déchaumeur à dents Horsch dès les premiers cent mètres. Notre tentative se solde par un échec. Le climat a raison de notre entêtement. Il nous rappelle que de posséder un tracteur de dernière génération, même des plus perfectionnés, ne garantit pas de pouvoir travailler quelles que soient les conditions de sol et météorologiques. La pluie ne nous empêche cependant pas d'essayer le John Deere au transport. La route révèle d'ailleurs probablement davantage que le champ les capacités de l'inédite transmission à double embrayage DirectDrive du 6210 R. Cette boîte de vitesses s'inspire techniquement de celles plus répandues en automobile. Elle compte trois gammes (A, B et C) et huit rapports sous charge en marche avant et arrière. John Deere promet, avec cette solution, le confort de conduite d'une boîte à variation continue avec le rendement d'une transmission mécanique. Les deux agriculteurs essayeurs, Victor Geoffroy et Nicolas Martineaud, s'apprêtent à vérifier cet engagement. Après le passage au banc moteur de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes puis la présentation technique par Stéphane Andreu,  responsable produits chez John  Deere, le tracteur, de 206 chevaux  de puissance maximale mesurée  à la prise de force sans boost, est  attelé à une remorque Simonneau, de 21 tonnes de charge utile. Les trois  trajets routiers à effectuer décrivent  une boucle de 10,6 kilomètres autour  de la SARL Martineaud. Nicolas est  le premier à prendre les commandes du 6210 R. [gallery link="file" columns="2" orderby="title"]   Le passage des vitesses imperceptible   Il positionne le levier de transmission en mode automatique. Au premier abord, la boîte semble tenir ses promesses. « Le passage des vitesses est particulièrement souple et quasi imperceptible. Seule la chute du régime moteur permet de le repérer. Le changement de gamme s'effectue presque de la même manière. Il se révèle malgré tout plus lent et engendre une courte rupture de couple », constate l'agriculteur. Heureusement, John Deere a porté à huit le nombre de rapports powershift afin de diminuer le nombre de gammes et la rupture générée lors de leur passage. Le levier de commande ne devrait pas dépayser les adeptes de la boîte à variation continue AutoPowr du constructeur. Il en reprend l'architecture et s'utilise pour piloter manuellement le passage des 24 vitesses en mode séquentiel. À côté, les trois boutons (A, B et BC) sélectionnent les différentes gammes. Le mode BC, retenu par le premier essayeur, permet notamment d'obtenir le passage automatique de seize rapports en continu. Sur la route, Nicolas Martineaud apprécie la fonction AutoClutch qui débraye automatiquement, au-dessous d'une certaine vitesse, la transmission lors de l'appui sur la pédale de frein. En bas de la première côte, longue de 800 mètres et de 4,6 % de pente, le convoi marque un arrêt. Après que le conducteur a lâché la pédale de frein, le tracteur tente de démmarer mais n'y parvient pas. L'agriculteur doit alors repasser manuellement en B2. Après échange avec le représentant du constructeur, l'essayeur apprend qu'il peut sélectionner le meilleur rapport de démarrage, en marche avant comme en marche arrière, depuis l'ordinateur de bord CommandCenter. Le convoi gravit la première difficulté en deux minutes et cinq secondes (moyenne de trois répétitions), soit six secondes de moins que les autres tracteurs de la même catégorie. Il arrive en haut de la côte en C8 à 32 km/h et 1 600 tr/min de régime moteur. Ensuite, dans une des descentes, Nicolas Martineaud teste le freinage, qu'il juge plutôt efficace. Au moment d'attaquer la montée suivante, le chauffeur regrette que la transmission manque un peu de réactivité. « La DirectDrive tarde un peu à rétrograder. Le changement automatique ne réagit pas assez vite, surtout en reprise d'accélération après un freinage appuyé », constate-t-il. Le second essayeur, Victor Geoffroy, prend à son tour les commandes du  John Deere 6210 R. Lui aussi choisit  de conduire en mode automatique: « La souplesse d'utilisation de la  DirectDrive n'est pas tout à fait  comparable à celle d'une boîte à variation continue. Mais cette transmission s'avère tout de même particulièrement agréable à piloter. »     Le confort en progrès   D'emblée, il apprécie le confort à  bord, qu'il complimente, notamment  en raison de l'efficacité du système d'amortissement du siège. La suspension TLS à triple bras du pont avant renforce l'avis positif de l'agriculteur. La qualité de l'insonorisation est aussi à souligner. Les mesures réalisées par nos soins révèlent un niveau moyen de 72,8 dB(A) sur la  plage d'utilisation préconisée, une valeur qui confirme l'impression de l'essayeur : , remarque Victor  Geoffroy. L'écran CommandCenter  GreenStar 3, même s'il est peu encombrant, se situe en effet sur la console latérale et non en bout d'accoudoir, comme sur les tracteurs des gammes supérieures 7 R et 8 R.  Parmi les points forts, l'essayeur  retient le confort de conduite, l'espace en cabine et la visibilité à 360 degrés. Il regrette, comme Nicolas Martineaud, le manque de réactivité de la transmission. Un troisième parcours permet de confirmer les  mesures. En moyenne, sur les trois tours de remorque, le 6210 R a mis 23 minutes et 25 secondes pour boucler le trajet de 10,6 km. Il a consommé 9,6 litres de carburant par heure et se situe, sur ce point, dans la moyenne des tracteurs de la même catégorie.    

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