Deutz-Fahr Agrotron 7230 TTVUn style racé assumé

Un style racé assumé

Matériel Agricole s'attache toujours à essayer les tracteurs les plus récents. Le Deutz-Fahr Agrotron 7230 TTV, lancé à Innov-Agri, ne déroge pas à la règle et s'est prêté aux épreuves du banc de puissance, du transport et du travail du sol. Sa cabine silencieuse et confortable a fait bonne impression sur les routes bosselées de Charente-Maritime. Les sols imbibés d'eau ne lui ont cependant pas facilité la tâche au déchaumage.

  «Quel look ! » Les premières paroles formulées par les essayeurs face au design affirmé du nouveau Deutz-Fahr Agrotron 7230 TTV sont unanimes. Trônant dans la cour de la SARL Martineaud à Saint-Denis-du-Pin (Charente-Maritime), le tracteur impressionne par son style résolument moderne et agressif issu des ateliers du célèbre designer italien Giugiaro. Vérifions que son ramage se rapporte à son plumage. Après un temps de chauffe sur la route, le Deutz passe au banc de puissance de la Chambre d'agriculture du Poitou- Charentes. Vendu pour une puissance de 220 chevaux ECE R 120, l'engin développe, lors du premier passage, 203 chevaux à la prise de force. Le second essai, avec la surpuissance enclenchée, révèle une nette hausse de la puissance maximale, soit 240 chevaux pour les 245 chevaux ECE R 120 annoncés. Le moteur semble donc en très bonne santé. Siméon Almy, responsable produit chez Same Deutz-Fahr, présente ensuite le tracteur et explique son mode de fonctionnement à Sébastien Ferré et Alexandre Bonnet, les deux chauffeurs d'ETA invités pour la journée. « L'accès depuis la porte gauche est plutôt aisé. L'esthétique rampe de LED, placée sous le rétroviseur, éclaire le marchepied lors des montées et descentes de cabine », soulignent-ils. Habitués à conduire des tracteurs équipés d'une transmission à variation continue, nos essayeurs ne sont pas apeurés par le large accoudoir et son joystick de commande de l'avancement. Tous deux regrettentcependant la visibilité obstruée par le large capot et la grande taille du terminal i-Monitor 2.0.   Un comportement rassurant   Le convoi, d'une masse totale de 40 tonnes, composé du tracteur délesté de sa masse frontale et d'une remorque Simonneau d'une capacité de 21 tonnes, est ensuite préparé pour les trois passages successifs sur le circuit routier de 10,6 km. Nous évaluons, au cours de chaque boucle, la consommation en GNR à l'aide d'un bidon pesé remplaçant le réservoir classique de carburant. Nous profitons également de ces parcours pour mesurer la quantité réelle d'AdBlue ingurgitée pour dépolluer les gaz d'échappement. Sébastien Ferré s'élance au volant de l'Agrotron en utilisant le mode automatique de la transmission. « Je n'ai encore jamais conduit de tracteur de cette marque. Mais sa prise en main est assez logique et facilitée par le joystick ergonomique. » En arrivant au pied d'une première côte de 800 mètres de long et forte de 4,6 %, le convoi marque un arrêt. « Le démarrage en charge provoque un à-coup mais le passage mécanique des gammes de vitesses ne provoque pas de rupture de couple », souligne le chauffeur. Le sommet est atteint en deux minutes et neuf secondes, à une vitesse variant de 19 à 23 km/h et au régime constant de 1 950 tr/min. Le freinage progressif et puissant du tracteur lui confère, dans les descentes, un comportement rassurant. La transmission à variation continue cherche, quant à elle, le régime maximal du moteur afin d'en augmenter les capacités de freinage. La boucle est bouclée après 20 minutes et 49 secondes pour une consommation moyenne de 29,8 l/h. Alexandre Bonnet prend le relais et s'élance sur le même parcours. « Les larges rétroviseurs, avec le miroir à grand angle, le dégivrage et les réglages électriques sont vraiment efficaces, souligne-t-il dès le premier croisement. Le paramétrage de la vitesse maximale à atteindre, depuis la molette placée derrière le joystick, reste simple à effectuer. » Les routes et les chemins parfois abîmés ne dégradent pas le confort à bord grâce au pont avant et à la cabine suspendus. « Le volume sonore est particulièrement bas en dessous de 1 800 tr/min. Au-delà le moteur gronde un peu », précise le chauffeur. La seconde côte affiche un dénivelé moyen de 3,4 % sur 1 400 mètres. Pied au plancher, Alexandre Bonnet laisse travailler la régulation du régime moteur en fonction de la charge. L'Agrotron 7230 TTV metle braquet et parvient au sommet après 2 minutes et 40 secondes en conservant son régime moteur de 1 950 tr/min. Il atteint la vitesse maximale de 36 km/h et chute, sur une portion difficile de la montée, à 28 km/h. Le moteur souffle un peu dès la crête atteinte et diminue, par souci d'économie de carburant, son régime, compris alors entre 1 400 et 1 800 tr/min. Le bloc Deutz, plus sobre que dans le précédent essai, s'est maintenu en dessous de 26,4 l/h avec un temps de 21 minutes et 40 secondes. Le système de dépollution SCR a demandé, en moyenne, 0,73 litres d'AdBlue par tour soit 7 % de la consommation en GNR.   Des performances à confirmer au champ   Après quelques heures de patience imposées par la météo capricieuse, nous poursuivons la batterie de tests du tracteur avec l'épreuve des travaux au champ. Nous attelons, pour l'occasion, un déchaumeur Terrano 5 FM à dix-sept dents du constructeur allemand Horsch. « La visibilité sur le piton s'avère peu favorable pour atteler cet outil semi-porté. Mais la position basse des distributeurs facilite la mise en place des fonctions hydrauliques nécessaires au levage et au contrôle la profondeur de travail », affirme Sébastien Ferré. La parcelle encore humide des précédentes averses nous laisse néanmoins, grâce à son pouvoir filtrant, travailler les chaumes de blé sur une largeur de cinq mètres à une profondeur de six centimètres. Le tracteur a reçu, entre-temps, une masse frontale de 1 600 kg mais conserve son ensemble de masses de roues arrière de 2 000 kg. L'humidité en surface associée aux vallons du champ limite l'adhérence. Le patinage diminue considérablement sur le plat, aidé par la gestion électronique modérant le régime moteur à 1 600 tr/min voire à 1 400 tr/min pour une vitesse d'avancement de 11 km/h. « Dommage que le rayon de braquage ne soit pas meilleur lors des demi-tours en fourrières », signale le chauffeur. Alexandre Bonnet reprend ensuite les commandes du tracteur. « La variation du régime moteur contribue également à diminuer les nuisances sonores et à rendre la conduite agréable, précise-t-il. Les commandes du pont avant et du différentiel sous la main facilitent leur enclenchement. Les gros commutateurs des distributeurs situés sur et autour du joystick multifonction sont rapidement accessibles. Le réglage de la temporisation, des priorités et du débit de chacun d'entre eux, depuis le terminal du montant de cabine ou sur l'i-Monitor, reste simple » souligne l'utilisateur. Nos deux chauffeurs repartent de cet essai avec les mêmes conclusions : « Le Deutz-Fahr possède un ensemble moteur-boîte à la fois souple et performant, digne des meilleurs standards. Sa cabine frôle elle aussi, par son ergonomie, la meilleure note. L'adoption d'une structure à quatre montants lui permettrait peut-être d'y parvenir. » [gallery link="file" columns="2" orderby="rand"]

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