Massey Ferguson MF5440Un tracteur qui va bien

Un tracteur qui va bien

C'est à la Cuma de Chirac, en Charente, que Matériel Agricole a essayé le Massey Ferguson MF5440. En présence de deux agriculteurs, le tracteur neuf (30 heures) a d'abord été présenté par le technicien de la marque, avant d'être contrôlé au banc de performances de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes. Il a ensuite été mis à l'épreuve sur la route, puis dans une exploitation le temps de vider une fumière.

Dévoilée au Sima 2011, la gamme MF5400 ne révolutionne pas l'offre de Massey Ferguson, mais la modernise. Le nouveau look du capot monobloc donne en effet à ces tracteurs un air plus agressif. Les évolutions majeures se révèlent au travers d'un relevage à contrôle électronique de série ou encore par le biais de commandes judicieuses de la transmission. Le contrôle d'effort au niveau du troisième point, la motorisation Perkins et la transmission Dyna-4 rappellent les grandes étapes technologiques de la marque dans ce créneau des moins de 100 chevaux. Avant de démarrer le test organisé par Matériel Agricole à la Cuma du Val-de-Vienne à Chirac, en Charente, les deux agriculteurs essayeurs, Pierre Delage et Damien Turmaud, découvrent le tracteur. Ils apprécient l'accès proposé à l'avant du moteur pour nettoyer les radiateurs, tout comme la cabine plutôt bien équipée. à tour de rôle, ils grimpent au poste de conduite et effectuent un tour d'horizon de l'habitacle : « Plutôt pas mal ! » La fenêtre de toit, par exemple, suscite de l'intérêt sur ce tracteur équipé d'un chargeur frontal. Les essayeurs, attentifs aux propos du technicien de la marque, notent que Massey Ferguson s'est penché sur de nombreux détails liés aux utilisations quotidiennes : cumul du débit hydraulique, suspension de la cabine, accès dégagé aux organes de la transmission, limitation des points de graissage, visibilité...   « Il a la pêche ! »   Une fois le verdict du banc de performances connu, soit 91,5 chevaux obtenus à l'embout de la prise de puissance, les essayeurs ont hâte de prendre en main ce MF5440. L'attelage de la remorque chargée de terre montre que la visibilité au piton n'est pas meilleure que celle proposée sur la plupart des tracteurs du marché, même si ce modèle conserve la traditionnelle vitre de labour ! La benne Deguillaume à simple essieu de la Cuma révèle un poids total de 14,8 tonnes. Damien Turmaud s'engage le premier sur le parcours de 12,9 kilomètres. Le circuit connaît quelques dénivelés, dont un premier avec départ arrêté. Le conducteur démarre en gamme 3 et rapport B et accroche même la gamme 4 pendant une courte durée. Il repasse en 3B, puis 3C et 3D. Le tracteur avance à une allure toujours supérieure à 10,5 km/h dans cette pente de 5 %. à l'issue de l'ascension, le conducteur déclare : « Il a la pêche ! L'étagement de la boîte est correct. Les changements de rapports sous charge s'effectuent rapidement et souplement. » Avec davantage d'assurance et de connaissance du tracteur, Damien Turmaud laisse le régime descendre à 1 200 tr.min-1 en 4A dans la seconde montée, avant de réduire d'une gamme (3B) pour terminer l'ascension à 13,5 km/h. « Le temps de passage entre les gammes 4 et 3 est un peu long », juge le premier conducteur. Même si cet agriculteur regrette que les affichages des gammes et des rapports sous charge soient séparés, il apprécie de tout commander avec le même levier.   [gallery link="file" columns="2"] Un confort apprécié   Le long du parcours, Damien Turmaud apprécie le confort, d'autant plus que la remorque ne possède qu'un seul essieu. Indéniablement, la suspension de la cabine et celle du chargeur apportent de la souplesse. « La visibilité est bonne et les rétroviseurs bien placés », déclare-t-il. S'il regrette que le levier de clignotants ne revienne pas tout seul au neutre, il souligne la bonne capacité de freinage du tracteur, même si le frein moteur manque un peu d'efficacité. Après 33 minutes de parcours et neuf litres de GNR consommés, soit une moyenne horaire de 16,4 litres, le premier agriculteur sort satisfait de la cabine du MF5440. Il laisse sa place à Pierre Delage. Ce second essayeur attaque la première montée en 2A, puis passe en 2B, avant d'engager la troisième gamme. Tout au long du circuit et un peu comme son collègue, il ne laisse pas trop descendre le régime du moteur en dessous de 1 800 tr.min-1. Il affectionne particulièrement le changement des rapports sous charge à partir du levier de l'inverseur. Pour son confort, il apprécierait que la position de l'autre poignée de transmission soit un peu plus haute. Le confort lui donne entière satisfaction et il souligne l'intérêt du système auto-adaptatif Speedmatching sélectionnant automatiquement le bon rapport sous charge lors du changement de gamme. Le deuxième parcours se termine au bout de 36 minutes. Le tracteur ayant atteint sa température idéale de fonctionnement se révèle plus sobre en se contentant de huit litres de carburant, soit 13,3 litres à l'heure. La réalisation d'un troisième test de 12,9 km sur route confirme ce niveau plus faible de consommation. L'épreuve de transport terminée, il faut rapidement décrocher la remorque, atteler une masse au relevage arrière et équiper le chargeur frontal d'un godet de 1,90 mètre de large pour se rendre sur l'exploitation de Damien Guitton, où une fumière attend d'être curée par le MF5440. Le travail au chargeur est l'une des principales tâches de ce tracteur de 100 chevaux. à lui de prouver ses performances à des agriculteurs adeptes des chariots à bras télescopique. Le premier essayeur actionne le cumul des pompes hydrauliques et engage le pont avant. Si le sol de la fumière est bétonné, la cour laisse apparaître quelques dénivelés nécessitant une bonne capacité de traction.   A l'aise au chargeur   Les deux conducteurs se familiarisent rapidement avec le levier de commande du chargeur actionné avec la main droite. Grâce au levier d'inverseur intégrant la sélection des rapports sous charge, ils gèrent de la main gauche toute la transmission : allure et sens de marche. Pour le reste, accélérations et manoeuvres, l'expérience est là. Ils savent charger un « vrai » godet et le déposer comme il faut dans une remorque. Ils tournent à 1 500 tr.min-1, en gamme 2 et rapport B. Les agriculteurs effectuent à tour de rôle le travail en souplesse. Godet après godet, les remorques se succèdent sans lire une quelconque fatigue ou source d'énervement de la part des essayeurs. « C'est un tracteur qui va bien ! », concluent-ils.

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