Valtra N163 DirectPetit mais costaud

Petit mais costaud

Le Valtra N163 Direct cache sous son gabarit compact un moteur de 171 chevaux et occupe ainsi la place du tracteur à quatre cylindres le plus puissant du marché. Pour tester ce modèle, l'équipe de Matériel Agricole l'a mis entre les mains de Luc Bertrand sur les terres d'une exploitation céréalière du Calvados. L'agriculteur essayeur a pu se forger une opinion sur ce tracteur au transport et au déchaumage.

  Le Valtra N163 cache bien son jeu. Il dissimule en effet sous son petit gabarit un moteur puissant. Ses 171 chevaux ISO TR14396 avec boost le placent même en tête des tracteurs les plus puissants du marché des quatre cylindres. Pour se différencier des engins de même puissance à l'empattement plus long, il devrait pouvoir compter sur sa polyvalence et sa maniabilité. Luc Bertrand, invité pour essayer ce tracteur fin août, dans une exploitation céréalière du Calvados, s'apprête à le vérifier. Extérieurement, ce «petit » tracteur affiche un look moderne à l'exception de sa cabine. Celle-ci adopte en effet un design anguleux beaucoup moins épuré que le capot moteur. Son toit conserve, par exemple, des phares carrés semblables à ceux d'il y a vingt ans. Nous soumettons d'abord le tracteur à l'épreuve du banc de diagnostic moteur. Cette opération est menée par Matthias Reveleau, technicien de l'association Aile, située à Rennes (Ille-et-Vilaine). Avant de monter à bord du Valtra, l'essayeur suit la présentation technique réalisée par Alexandre Chantrelle, le responsable produits. Luc Bertrand connaît les produits de la marque. Il découvre cependant le moteur Agco Power (ex-Sisu) pour répondre à la norme antipollution Stage IIIB et la transmission à variation continue Direct à quatre gammes. Le briefing terminé, arrive l'heure de l'épreuve des essais routiers. L'agriculteur attelle au tracteur la remorque Hardy Constructeurs à deux essieux chargée de sable et pesant au total 26,9 tonnes. Matthias Reveleau monte un débitmètre sur le circuit à carburant du Valtra pour mesurer sa consommation pendant le trajet. Il remplit également le réservoir d'AdBlue pour également en estimer la quantité absorbée. Le convoi réalise, à trois reprises, le même parcours de 11,9 kilomètres,qui forme une boucle autour de l'exploitation accueillant nos essais. Lors du trajet, l'agriculteur laisse la transmission en mode automatique, une position qu'elle adopte dès le démarrage du moteur. Pour faire avancer le tracteur, il suffit au chauffeur d'appuyer sur la pédale d'accélérateur, car le moteur régule automatiquement son régime selon la charge. « La transmission s'avère plutôt facile à prendre en main. Et l'accoudoir multifonction ARM bénéficie d'une ergonomie soignée épousant bien la forme de la main et plaçant à proximité les commandes les plus fréquemment utilisées », lance l'essayeur dès les premiers tours de roue. Mais d'emblée, il émet des réserves au sujet du changement des gammes. La boîte dispose en effet d'un passage automatisé entre la C et la D, manuel entre les rapports A, B et C. « Il faut appuyer simultanément sur deux boutons pour réaliser le changement manuel. L'un d'eux prend place en dessous de l'accoudoir. Il n'est pas directement visible par le chauffeur et se situe loin.» Sur la route, il estime que ce changement de gamme engendre une coupure assez longue de la transmission qui freine le tracteur dans son élan. En descente, l'agriculteur est d'abord un peu étonné du surrégime atteint par le moteur. Mais suite aux conseils du responsable produits Valtra, il découvre que l'agressivité du frein moteur se règle selon trois niveaux, via un interrupteur situé sur la console latérale.   [gallery link="file" orderby="rand"]   Le frein moteur efficace   « Ce paramétrage est vraiment efficace. Il bouleverse le comportement dans les descentes. » Luc Bertrand se sent donc en sécurité à bord malgré le gabarit compact du N163 et la charge transportée importante. « Ce tracteur se montre assez maniable. Il se conduit facilement sur les routes étroites et sinueuses du parcours », estimet-il. L'essayeur juge la visibilité panoramique satisfaisante. Il aurait cependant préféré des rétroviseurs un peu plus grands. Et parmi les autres moindres défauts relevés, « le clignotant s'avère bruyant et les commandes de climatisation, situées à droite au niveau du plafonnier, ne sont pas bien situées ». En fin de parcours, l'agriculteur rejoint le siège de l'exploitation. Il place l'inverseur en position frein de parking avant de quitter la cabine. Le régime du moteur baisse alors automatiquement de 200 tr/min environ par rapport à la position neutre de la transmission, pour atteindre 650 tr/min. « Cette fonction s'avère non seulement agréable pour les oreilles en diminuant le bruit du moteur, mais permet également de diminuer la consommation de carburant », apprécie-t-il. En tant qu'organisateur des essais, je prends à mon tour les commandes du N163 et réalise une seconde fois le parcours routier de 11,9 kilomètres. J'opte également pour le mode automatique et contrôle l'allure du tracteur à l'aide de la pédale d'accélérateur. Le comportement du Valtra est souple et le confort convenable. La suspension du pont avant semble bien filtrer les défauts du revêtement. Ce quatre cylindres se montre stable compte tenu de son gabarit réduit. L'interrupteur du frein moteur mis en position intermédiaire, je suis aussi agréablement surpris par la capacité du tracteur à bien retenir la charge dans les descentes. Mon plus grand regret reste que le conducteur doive veiller à sélectionner manuellement la meilleure gamme pour gravir une difficulté. Car l'automatisme de boîte ne concerne que les deux plus hautes gammes (C et D). Et comme certaines côtes ne peuvent pas être franchies en C, le chauffeur doit reprendre la main pour rétrograder et passer en A ou en B. Cette conception ne s'avère cependant pas pénalisante lors des travaux les plus courants demandant une vitesse régulière, par exemple au champ. Mais pour des opérations nécessitant de grosses variations d'allure comme au transport, le conducteur devra veiller à changer manuellement ces gammes avant de gravir certaines difficultés.   Il exploite pleinement ses 171 chevaux   Le parcours comporte notamment deux déclivités majeures. Le convoi marque à chaque fois un arrêt en bas. Il met en moyenne une minute et 58 secondes à atteindre le sommet de la première montée faiblement pentue (1,5 %), soit autant que les autres tracteurs de la catégorie essayés sur le même trajet. Le tracteur grimpe la seconde difficulté, longue de 500 mètres et pentue de 6,2 %, en deux minutes et 26 secondes. Au point le plus pentu de la côte, le débitmètre annonce une consommation instantanée de GNR de 36 litres par heure. La moyenne des trois parcours réalisés révèle que le Valtra N163 a absorbé 10 litres de gazole pour sillonner les 11,9 km en 30 minutes et trois secondes, soit 20 litres par heure. Il se situe à ce niveau dans la moyenne de la catégorie. Il a consommé lors des trois parcours 0,4 litre d'AdBlue, soit 4 % de la consommation de GNR. Après le test sur la route, la troisième épreuve se déroule au champ. Luc Bertrand dételle la remorque Hardy Constructeurs et accroche ensuite, sur le relevage arrière, le déchaumeur à disques indépendants semi-porté Catros d'Amazone, de cinq mètres de large. Il place également une masse frontale de 900 kg sur le relevage avant. « L'opération n'est pas des plus aisées en raison du manque de visibilité sur les mâchoires d'attelage », regrette l'agriculteur. Les travaux de déchaumage s'effectuent dans une parcelle de blé légèrement pentue sur un sol argilo-calcaire. Régulateur de vitesse calé à 12 km/h, le tracteur modifie automatiquement son régime moteur aux environs de 1 400 tr/min en descente et 1 700 tr/min en montée. Il fait preuve d'une excellente stabilité malgré son petit gabarit, une impression qui confirme la bonne répartition des masses mesurée à la bascule de la coopérative agricole (39 % sur le pont avant et 61 % sur l'essieu arrière). Le taux de patinage fluctue entre 8 et 12 % selon l'ordinateur de bord. Le Valtra bénéficie d'une bonne adhérence. « Il évolue toujours en gamme C et parvient assez rapidement à atteindre son allure de travail », constate Luc Bertrand. L'agriculteur teste très vite la fonction U-pilot de mémorisation des séquences en fourrière. Il enregistre la descente du relevage arrière, l'enclenchement du pont avant et le régulateur de vitesse. « La mémorisation s'effectue très facilement. Il suffit au conducteur de réaliser la manoeuvre et l'ordinateur enregistre automatiquement ses opérations. » L'essayeur modifie ensuite l'une des séquences via le terminal. Situé en bout d'accoudoir, ce derniers'avère bien lisible. Il nécessite au premier abord un peu de temps pour prendre en main les menus. Mais il se révèle par la suite assez pratique et transformer une séquence de fourrière devient vite facile. « La fonction est simple d'utilisation et pratique à l'usage », apprécie l'agriculteur. Au final, le Valtra N163 fait preuve d'un bon comportement au champ. Il se montre stable et exploite pleinement les 171 chevaux de puissance maximale délivrés par son « petit » moteur.  

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