Claas Arion 550Une autre vision de la cabine

Une autre vision de la cabine

Avant même sa présentation au grand public, Claas nous a accordé, fin août, l'exclusivité d'essayer le nouvel Arion 550 encore en présérie. Rendez-vous était donc pris dans une exploitation du Calvados pour évaluer ce tracteur au banc de performance moteur, au transport et au champ. Lors de ce test, l'Arion 550 s'est illustré par son bon comportement sur la route et par les prestations de sa cabine.

Fin août, deux semaines avant la présentation officielle par Claas, à Innov-Agri, des nouveaux Arion 500, un modèle 550 Cebis est passé entre nos mains pour un essai exclusif. Le constructeur n'a d'ailleurs pas hésité à déplacer chez Raphaël Groult, agriculteur à Coulombs, dans le Calvados, une présérie de la variante la plus puissante des quatre cylindres de la gamme. Nous soumettons d'abord le tracteur à l'incontournable épreuve du banc mobile de diagnostic moteur. Cette opération est menée par Matthias Reveleau, technicien de l'association Aile établie à Rennes (Ille-et- Vilaine). L'Arion 550 délivre lors de ces mesures une puissance maximale à la prise de force conforme à celle annoncée par le constructeur, soit 163 chevaux ECE R120. Nicolas Groult, également agriculteur à Coulombs, est invité à essayer le nouveau Claas pendant une journée. Il connaît déjà bien les produits de la marque puisqu'il en possède plusieurs sur son exploitation. Lors de la présentation technique par le formateur commercial de Claas, il constate que les modifications majeures apportées sur les Arion de dernière génération concernent surtout la motorisation. L'adoption d'un filtre à particules diesel (DPF) et d'un catalyseur d'oxydation diesel (DOC) rend désormais le moteur DPS (Deere Power System) conforme à la norme antipollution Stage IIIB. La cabine, entièrement redessinée, se distingue, quant à elle, par sa structure à cinq montants, inédite chez le tractoriste. Mieux suspendue et plus spacieuse, elle profite d'un nouvel agencement intérieur ainsi que, notamment, de l'accoudoir multifonction en finition Cebis. Les autres composants restent relativement connus, à l'instar de la transmission semi-powershift Hexashift à quatre gammes robotisées et six vitesses sous charge, ou encore du circuit hydraulique load sensing pourvu d'une pompe débitant 110 l/min. Extérieurement, le nouvel Arion n'est pas des plus imposants comparé aux autres tracteurs de même catégorie. Il affiche en revanche un design plus élaboré que ses prédécesseurs grâce à son capot monobloc monté sur un châssis redessiné et à sa cabine richement pourvue en phares. [gallery link="file" columns="2"] Une bonne ergonomie des commandes   Le tour technique terminé, arrive l'heure de la seconde épreuve, celle des essais routiers. L'agriculteur attelle au tracteur la remorque Hardy Constructeur à double essieu chargée de sable pesant au total 26,9 tonnes. Matthias Reveleau monte aussitôt un débitmètre sur le circuit de carburant pour mesurer la consommation en GNR pendant le trajet. Le convoi réalise, à trois reprises, le même parcours dessinant une boucle de 11,9 kilomètres autour de l'exploitation d'accueil. Nicolas Groult semble particulièrement séduit par la cabine. Il souligne que les améliorations apportées par le constructeur sont réussies. « Les trois montants gauches de la cabine favorisent l'accès à bord, tandis que les deux de droite libèrent la visibilité. La vue panoramique est satisfaisante, notamment dans les rétroviseurs ou vers l'avant grâce au nouveau pare-brise monobloc. La conduite raccordant le filtre à particules à l'échappement obstrue néanmoins la vue sur la droite du pont avant », juge-t-il. Pour effectuer l'épreuve sur route, l'agriculteur décide de passer manuellement les quatre gammes robotisées et les six vitesses sous charge de la transmission. Comme sur les précédents Arion, une impulsion courte vers l'avant sur le levier sert à passer une vitesse, une longue permet de changer de gamme (en mode champ). En tirant sur le levier, la boîte rétrograde. « Les commandes de transmission restent simples et intuitives. Et le joystick Cmotion de cette version Cebis épouse bien la forme de la main », apprécie l'agriculteur. Dans les descentes, le chauffeur trouve que le tracteur manque un peu de frein moteur. Le freinage, qui engage le pont avant, s'avère efficace. Pour les gros rouleurs, Claas propose même un système intégral sur les quatre roues que le pont avant soit fixe ou suspendu. Sur le plan du comportement routier, l'essayeur note également que le tracteur est un peu léger du pont arrière.   Un comportement sain sur la route   Le parcours comporte quatre difficultés. Le convoi est chronométré dans la première et la dernière côte, avec à chaque fois un départ arrêté. Il met en moyenne deux minutes et dix secondes à atteindre le sommet de la première montée faiblement pentue (1,5 %), soit dix secondes de plus que les autres tracteurs de la catégorie essayés sur le même trajet (voir tableau). Il décolle en gamme B et deuxième vitesse. Le chauffeur parvient ensuite à changer deux fois de gamme puis à atteindre la vitesse D2 voire D3 sans descendre sous 17 km/h et 1 400 tr/min de régime moteur. Le changement de gamme engendre une rupture de charge qui coupe l'élan du convoi. Ce désagrément est cependant corrigé par le bon étagement des vitesses et la fonction Speedmatching sélectionnant automatiquement le rapport le mieux adapté lors du changement de gamme. Le tracteur grimpe la quatrième difficulté, longue de 500 mètres et pentue de 6,2 %, en deux minuteset 15 secondes. Dans cette montée, il réduit son allure à 8,5 km/h au plus bas, en C3 et à 1 800 tr/min. Sur le plan de la consommation, le débitmètre embarqué indique une valeur instantanée maximale de 38 litres de GNR par heure. La moyenne des trois répétitions révèle que l'Arion 550 a absorbé 10,1 litres de carburant pour parcourir les 11,9 km en 32 minutes et 2 secondes, soit 18,9 litres par heure.   La masse frontale le déséquilibre   La troisième épreuve se déroule au champ. Nicolas Groult attelle d'abord la masse de 600 kg sur le relevage avant et dégonfle les quatre pneumatiques pour adapter leur pression aux travaux de déchaumage à effectuer sur un sol argilo-calcaire. Il accroche ensuite, sur le relevage arrière, le déchaumeur à disques indépendants semi-porté Catros d'Amazone, de cinq mètres de large. Dès les premiers mètres dans le champ, le tracteur se révèle léger du pont arrière. Ce phénomène confirme le ressenti de l'essayeur lors du test routier. La décision est alors prise d'enlever la masse frontale. L'Arion voit aussitôt son comportement s'améliorer, grâce notamment au gain d'adhérence. La pesée du tracteur, effectuée à la bascule de la coopérative de Creully, montre que ce modèle est équilibré sans lestage. Son poids repose en effet pour 47 % sur l'essieu avant, contre 53 % sur l'arrière. Pour remédier à ce phénomène, Claas propose de monter d'usine une nouvelle offre de masses de roues, d'un poids total compris entre 500 et 1 100 kg. Dans la parcelle, légèrement vallonnée, le tracteur évolue en descente en C4, à 12 km/h. En montant, il déchaume à 8 km/h, à 1 800 tr/min en C3. « Le moteur résiste plutôt bien à la charge surtout tant qu'il ne passe pas en dessous de 1 700 tr/min », signale l'agriculteur. Même si l'essayeur apprécie le levier Cmotion pour son ergonomie et les commandes qu'il regroupe, il émet quelques remarques sur les fonctionnalités qu'il propose : « Je regrette l'absence d'une deuxième commande de l'inverseur sur ce joystick, en plus de celle située à gauche sous le volant. Et à la prise en main, j'ai souvent confondu le bouton contrôlant le relevage avec celui du distributeur. » Après quelques allers-retours, Nicolas Groult décide d'utiliser l'automatisme de séquence de bout de champ, baptisé Claas Sequence Management (CSM).  Le CSM autorise l'enregistrement de 20 outils au maximum et jusqu'à quatre séquences par matériel. Chaque séquence, non limitée en temps, autorise la mémorisation de 199 actions.    

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