TracteurTracteur Kubota M7171 K-VT Active : dans la cour des grands

Tracteur Kubota M7171 K-VT Active : dans la cour des grands

L'arrivée d'un nouveau tracteur anime régulièrement les discussions entre agriculteurs. Mais l'élan de curiosité généré par la semaine d'essai dans le Pas-de-Calais du Kubota M7171 K-VT, de 170 ch, en dit long sur les attentes et interrogations des professionnels et passionnés du machinisme agricole. Les travaux de labour, d'épandage de fumier et de transport réalisés mi-janvier au Gaec le Printemps nous ont permis de faire plus ample connaissance avec le vaisseau amiral japonais.

Kubota M7171   Cette semaine, Matériel Agricole vous emmène à bord du tracteur Kubota M7171 K-VT. Aujourd'hui, revivez l'essai de ce gros quatre-cylindres, piloté par un agriculteur du Pas-de-Calais.   Tout vient à point à qui sait attendre. Ce proverbe illustre à merveille le degré d'impatience animant la rédaction de Matériel Agricole à l'idée d'enfin essayer, mi-janvier, le dernier-né, et accessoirement le plus gros, des tracteurs du Japonais Kubota. Le M7171 K-VT n'a pas réalisé un demi-tour du monde pour rejoindre le Gaec le Printemps à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Ce nouveau modèle de 170 chevaux, doté d'une transmission à variation continue, est en fait fabriqué dans l'usine de Bierne (Nord) située à quelques dizaines de kilomètres de l'exploitation de Denis et Vincent Legay. Ces agriculteurs ont notamment profité d'une semaine aussi fraîche qu'ensoleillée pour réaliser, en une vingtaine d'heures effectives, leurs derniers labours d'hiver, épandages et transports de fumier. L'exploitant et son fils Vincent n'ont pas attendu la présentation de Gaëtan Ratier, chef produit de la filiale française de Kubota, pour tenter d'en savoir plus sur cet engin. « L'espace disponible autour du marchepied, les grandes mains courantes et la large porte facilitent l'accès à bord, apprécie, d'entrée de jeu, Denis Legay. Le joystick comme le terminal garantissent, eux, une prise en main instantanée », ajoute-t-il, pourtant peu accoutumé à la transmission à variation continue. La marque japonaise nous a confié ce tracteur dans sa version la plus haut de gamme Active intégrant, en plus des distributeurs hydrauliques à commande électrique et de la suspension de cabine pneumatique, le boîtier K monitor Pro de 12 pouces de diagonale. « Les différentes fonctions intégrées à l'écran couleur et tactile bénéficient de symboles clairs et de bonne taille pour être compris rapidement », souligne Vincent Legay. Les explications complémentaires du chef produit nous permettent d'aborder sereinement l'épreuve du labour. Le M7171 K-VT est d'abord lesté sur son relevage avant d'une masse de 1,8 t tandis que ses pneumatiques voient leur pression abaissée à moins d'un bar. Il est ensuite attelé à une charrue à six corps Lemken Vari-Opal 8 habituellement utilisée avec le tracteur à six-cylindres de l'exploitation, de puissance et d'empattement similaires. Les long bras de relevage et la disposition des distributeurs hydrauliques facilitent les branchements. L'outil est ensuite soulevé sans difficulté.   Un quatre-cylindres plein de couple Nous rejoignons par la route une parcelle bordant la colline de Vimy (Pas-de-Calais), célèbre malgré elle pour ses batailles sanglantes durant la première guerre mondiale. Les quelques obus relevés par la charrue, la multitude de petits débris métalliques et, surtout, les différentes veines de sol rappellent cette période funeste. Le Kubota passe d'une zone limoneuse à une autre beaucoup plus argileuse. L'outil travaille à environ 23 cm de profondeur en retournant une bande de 35 à 40 cm de large par corps. « Le quatre-cylindres épate par sa souplesse à bas régime, accorde Denis Legay, pourtant habitué aux modèles de plus forte cylindrée. Il régule son régime entre 1150 et au maximum 1500 tr/min, pour maintenir une vitesse d'avancement de 6 km/h. Le superviseur de chute Droop a néanmoins tendance à trop rapidement baisser le régime moteur pour l'accélérer ensuite ». La modification de sa valeur, depuis le terminal, n'aura néanmoins pas d'impact sur ce comportement. Je prends à mon tour les commandes du tracteur. Le pont avant et le blocage de différentiel, tous deux activés automatiquement selon l'angle de braquage des roues, procurent une capacité de traction très satisfaisante pour un modèle à quatre-cylindres. Le contrôle d'effort réactif, sans pour autant être brutal, permet à l'ensemble de se relancer dans les zones de terre les plus lourdes. Quelques impulsions supplémentaires sur le joystick me permettent d'atteindre une allure de 8 à 9 km/h. Le moteur évolue alors à un régime nettement plus stabilisé mais toujours sous la barre des 1500 tr/min, au grand étonnement des curieux, plus habitués à voir des Kubota dans des jardins plutôt que dans la plaine. Vincent Legay profitera de l'efficacité des nombreux feux de travail et d'un sol toujours légèrement gelé pour labourer, dans la soirée, une parcelle supplémentaire. « Dommage que l'amortisseur d'oscillations du relevage arrière ne soit pas plus efficace », regrette l'essayeur, à son retour sur l'exploitation.   Une cabine spacieuse et lumineuse Le lendemain les températures négatives persistent. Le M7171 K-VT troque alors la charrue contre l'épandeur à fumier Sodimac Rafal 1500. L'appareil à deux hérissions verticaux est chargé de 15 m3 d'effluents d'une aire paillée. Denis Legay prend place au volant tandis que je l'accompagne sur le siège passager de bonne facture. La grande surface vitrée de la cabine tranche avec la petite taille des rétroviseurs. Ceux-ci sont de surcroît démunis de réglages électriques et d'un miroir grand angle. Nous traversons Neuville-Saint-Vaast pour rejoindre une parcelle située à quelques kilomètres de l'exploitation. « La stabilité du tracteur n'est pas mise en défaut par l'épandeur à simple essieu », apprécie le conducteur. Le Kubota atteint rapidement sa vitesse maximale puis régule seul son régime en deçà de 1600 tr/min. Le moteur se fait alors oublié contrairement à la transmission. « La boîte joue des vocalises lors du passage automatique des quatre plages de vitesse », remarque Denis Legay. L'explosion d'un pneu de l'épandeur stoppe brutalement le convoi à quelques mètres de l'entrée de la parcelle. L'incident ne fait heureusement ni blessé, ni dégât important, excepté la jante réduite à l'état d'épave... Deux petites heures plus tard, l'appareil est de nouveau sur ses roues. « Le démarrage très progressif de la prise de force limite la sollicitation des sécurités des hérissons du cadre d'épandage », note l'essayeur. Le constructeur équipe ses tracteurs de la série M7001 des régimes de 540 et 1000 tr/min et de leur équivalent économique appréciés pour ce type d'application. « Les 170 ch du moteur sont amplement suffisants pour emmener l'ensemble », rassure le conducteur. Le mercredi, Denis Legay profite une nouvelle fois du gel pour labourer la parcelle fraîchement fertilisée.   Sécurisant sur la route Nous débutons la dernière journée des essais par l'ultime épreuve du transport. Je me charge au préalable de décrocher la charrue puis la masse avant. Cette manœuvre me permet notamment d'apprécier, sans me contorsionner, la visibilité sur les bras du relevage frontal. Nous attelons ensuite la remorque à trois essieux L'Artésienne. « Le piton est particulièrement bas, remarque Denis Legay au moment de baisser la béquille de la benne. Le réglage du débit des distributeurs s'effectue aisément depuis l'écran tactile. Dommage en revanche qu'il soit impossible d'attribuer manuellement une commande à un distributeur ». Les manœuvres jusqu'à la fumière s'effectuent tout en souplesse grâce notamment à la direction à la fois légère et précise. La remorque chargée, je prends la direction d'une parcelle située à quelques kilomètres du bâtiment. Malgré son petit gabarit, le Kubota s'avère particulièrement stable et sécurisant à conduire. La suspension pneumatique de sa cabine filtre correctement les petites irrégularités de la route mais réagit plus fermement sur les chaussées et chemins plus dégradés. Le pont avant, équipé quant à lui d'une suspension hydraulique, peine à stabiliser le tangage du tracteur sur les grosses imperfections. Il se montre cependant plus réactif pour corriger les petits défauts de la route. Le quatre-cylindres, bénéficiant au transport de cinq chevaux supplémentaires, brille une fois de plus par son couple à bas régime et résiste bien à la charge, même en grimpant sur le pont surplombant l'autoroute A26. Le superviseur de chute, réglé à mis course, augmente le régime moteur jusqu'à 1700 tr/min soit à proximité de son point de puissance maximale. Dans la descente suivante, la transmission maximise l'efficacité du frein moteur en cherchant le régime nominal. « Les freins offrent suffisamment de décélération mais la pédale manque de progressivité », note l'exploitant au cours des répétitions suivantes. Si quelques ajustements restent à réaliser, le Kubota M7171 K-VT a balayé en une semaine les a priori et interrogations des agriculteurs-essayeurs et de leurs voisins. Son moteur souple et efficace, ses nombreux équipements et son comportement proche d'un modèle à six-cylindres font du plus français des tracteurs japonais un sérieux concurrent des ténors du marché. A voir également : Sous le capot du Kubota M7171 K-VT Consultez aussi : Aux commandes du Kubota M7171 K-VT [metaslider id=40126]  

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