Lindner Geotrac 134ep La surprise est à l'intérieur

Lindner Geotrac 134ep La surprise est à l'intérieur

L'Autrichien Lindner aime à surprendre les agriculteurs. Le Geotrac 134ep, testé ce printemps à La Couarde (Deux-Sèvres) en compagnie de Loïc Girard, ne déroge pas à cette règle. L'engin dispose en effet d'équipements rares voire inédits pour un tracteur de cette catégorie. Du petit automate au rétroviseur intelligent, le Geotrac est un séducteur hors pair.

La dernière quinzaine du mois de mars et ses précipitations quotidiennes n'aura épargné personne, pas même nos essais de tracteurs. Sitôt arrivés au Gaec des frères Girard à La Couarde (Deux- Sèvres), que nous devons nous rendre à l'évidence. Les reprises de labour planifiées avec le vibroculteur Rabe de six mètres de large sont d'ores et déjà à oublier. Pas de quoi, cependant, décourager le Geotrac 134ep de Lindner. Ce tracteur de 133 chevaux, le plus gros de la marque autrichienne, est ici dans son élément. Compact avec ses 2,5 mètres d'empattement, il se faufile aisément dans les bâtiments de cet élevage de Salers. Son très faible rayon de giration le prédestine en effet aux travaux avec un chargeur frontal. Chose que nous avons vérifiée avec Loïc Girard, fils d'un des exploitants et salarié dans une ETA voisine. L'essayeur, habitué à la conduite de chariots télescopiques, n'est pas pour autant perdu à bord de la cabine du Geotrac. « Le joystick multifonction, particulièrement bien placé sur l'accoudoir droit, offre une prise en main similaire à celle d'un chariot télescopique. En plus de commander les différentes fonctions du chargeur, il intègre deux touches contrôlant le sens d'avancement, explique le conducteur. Cette spécificité est d'autant plus appréciable que l'inverseur sur la colonne de direction à tendance se confondre au commodo des clignotants », ajoute-t-il. Le levier en croix fait cependant l'impasse sur les commandes des quatre rapports sous charge. « L'activation du mode APS permet néanmoins de se délester de cette tâche en gérant seul le passage des rapports powershift. Cet automatisme rétrograde, par exemple, un voire deux rapports dès que le godet multifonction entre dans l'aire paillée. »  

Un chargeur facile à dételer

  L'utilisateur a également apprécié le Lindner pour ses équipements inhabituels. « L'ingénieux rétroviseur de cabine diffusant les images de la caméra arrière m'évite un torticolis à chaque manoeuvre. » Le chargeur Hydrac, bien alimenté par les quelque 121 l/min délivrés par la pompe à cylindrée variable, offre des temps de cycles convenables pour vider la multibenne gavée de fumier dans l'épandeur Jeantil. « Le petit toit vitré est appréciable durant cette manoeuvre. Seul le pare-soleil limite la visibilité lorsqu'il n'est pas utilisé. Un modèle à rideau enrouleur serait sûrement plus approprié. » Après avoir terminé le curage du bâtiment, place au paillage. L'essayeur libère alors le tracteur de la masse arrière de 900 kg ainsi que du chargeur doté du dispositif d'accouplement rapide Autolock. « Ce système est vraiment efficace, précise-t-il. Depuis la cabine, j'abaisse les béquilles et déverrouille les brancards. Le débranchement des prises électriques et hydrauliques s'effectue automatiquement en reculant. Le chargeur est ainsi dételé du tracteur en un clin d'oeil. » Le Geotrac 134ep, une fois attelé à la pailleuse traînée Gyrax, conforte l'essayeur dans ses propos. Le Lindner, avec une hauteur hors tout de 2,76 mètres, accède facilement aux différents bâtiments de l'exploitation. Ses régimes de prise de force de 540 et 1 000 tr/min ainsi que leur équivalent économique lui permettent de travailler à régime réduit à proximité des bovins. « Seul le montant latéral droit masque une partie du flux de paille projeté », précise Loïc Girard.  

Le bon rapport au bon moment

  Nous décidons ensuite de prendre la route avec, cette fois, l'épandeur Jeantil EVR 15-12 chargé de fumier pailleux. L'ensemble de 18 tonnes de poids total s'élance sur le parcours de plus de 20 km. Les routes bosselées empruntées pour quitter la ferme permettent d'apprécier l'efficacité du pont avant suspendu et des deux amortisseurs mécaniques de la cabine. L'essayeur enclenche rapidement l'automatisme de la transmission APS sélectionnant le rapport sous charge le plus approprié, lors d'un changement de vitesse, puis en fonction du régime moteur. Le potentiomètre de réactivité de ce système est, lui, placé à mi-course entre le mode de conduite économique et la recherche de puissance.   Le tracteur passe ainsi le rapport supérieur dès 1 950 tr/min soit à proximité du point de puissance maximal mesuré lors du passage au banc d'essai de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes. « Le passage des quatre rapports sous charge est imperceptible sur la route. La commande électrique de l'embrayage est-elle aussi particulièrement confortable.» Lancé à sa vitesse maximale sur la route nous menant à La Mothe-Saint- Héray, le Lindner se contente d'un régime de 1 650 tr/min bénéfique au niveau sonore perçu en cabine. La longue descente précédant le village permet au conducteur d'apprécier l'efficacité du frein moteur de l'engin. « L'automatisme rétrograde un rapport dès la première sollicitation du système de freinage. Le moteur régule alors son régime à 2 000 tr/min sans se laisser dépasser. » Je réalise moi-même un second tour de circuit dès le retour de Loïc Girard. Le Geotrac, vif et bien équilibré, me séduit également par sa capacité à grimper la principale côte de l'étape. Le régime de son moteur Perkins chute, sans pour autant s'écrouler, jusqu'à 1 500 tr/min avant que l'automatisme de la transmission ne rétrograde d'un rapport. Le petit gabarit du tracteur, conjugué à celui de l'épandeur à simple essieu, ne l'empêche cependant pas d'offrir une stabilité de premier ordre. Le Geotrac 134ep nécessite en moyenne 38 minutes et 44 secondes pour boucler le parcours. Si ce modèle, avec une consommation instantanée moyenne de l'ordre de 17 l/h, n'a pas été le plus frugal de sa catégorie, sa longue liste d'équipements inédits lui permettra, à coup sûr, de séduire une clientèle haut de gamme.  

Les mesures

 

Sa puissance, son couple, sa consommation

  Testé au banc de performance moteur de la Chambre régionale d'agriculture de Poitou-Charentes, le Lindner Geotrac 134ep délivre une puissance maximale mesurée de 118,3 chevaux (87 kW) au régime de 2 043 tr.min-1, correspondant à 1 050 tr.min-1 à la prise de puissance. Son couple maximal, de 48,5 daN.m est atteint à 1 360 tr.min-1. À ce régime, le quatre-cylindres délivre encore 92,2 chevaux et affiche la consommation spécifique la plus basse, soit 260 g.kW-1.h-1.  

Son niveau sonore

  Pendant le passage au banc de puissance, le niveau de bruit a été mesuré dans la cabine du Geotrac 134ep, toutes portes et fenêtres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Les valeurs indiquées à différents régimes du tracteur en charge intègrent le bruit extérieur du banc d'essai d'environ 100 dB (A).  

Son encombrement

  Le Geotrac 134ep affiche un rapport masse/puissance (OCDE) de 44 kg. ch-1. ÒIl se situe parmi les tracteurs les plus légers de sa catégorie. Son essieu avant supporte 44 % de sa masse à vide sans lestage. Le Lindner affiche un gabarit compact et un faible empattement qui lui confèrent une bonne maniabilité. Son poste de conduite manque de largeur mais il est profond.  

Le point technique : La différenciation par les équipements

  Le Geotrac 134ep de l'autrichien Lindner se passe de listes d'options. Ce tracteur de 133 chevaux, le plus puissant de la marque, embarque en effet, de série, un impressionnant panel d'équipements. Mais pour prétendre au marché des tracteurs de polyculture-élevage haut de gamme, le tyrolien s'appuie également sur d'inédits dispositifs de confort.  

Une cabine construite autour d'un joystick

  Lindner dote la cabine à six montants du Geotrac 134ep d'un joystick multifonction très ergonomique autour duquel gravite l'ensemble des commandes du tracteur. Ce levier permet notamment de piloter, par l'intermédiaire des distributeurs hydrauliques arrière, l'ensemble des fonctions d'un chargeur, quelle que soit sa marque. Il autorise également l'inversion du sens d'avancement et la commande de distributeurs auxiliaires. L'ordinateur IBC, intégré au tableau de bord, s'avère facile à prendre en main, malgré l'absence d'écran tactile. Ses possibilités ne se résument cependant pas à l'affichage du régime et de la température du moteur. Sa molette permet notamment de naviguer au travers de menus autorisant, par exemple, le paramétrage des fonctions hydrauliques, l'affichage d'images en provenance de deux caméras et le contrôle des performances du tracteur. La marque intègre également dans ce moniteur le manuel d'utilisation détaillant l'ensemble des fonctions du Geotrac. Plus original encore, le conducteur bénéficie d'un rétroviseur recevant, dans son miroir, un écran couleur et tactile. Ce module, relié à une caméra, affiche, dès l'enclenchement de la marche arrière, un aperçu de l'espace disponible pour reculer. Ce petit terminal loge également un dispositif de guidage routier et un kit mains libres pour téléphone portable. Outre l'électronique embarquée, le conducteur est préservé des irrégularités du sol par la LINDNER GEOTRAC 134ep suspension mécanique de la cabine. Le siège bénéficie lui aussi d'un amortisseur d'oscillations à basse fréquence. Les rétroviseurs, dotés d'un miroir à grand angle, se règlent électriquement depuis le poste de conduite. Comme le pare-brise avant, ils intègrent un système de dégivrage et de désembuage à filaments chauffants appréciable l'hiver. La cabine du Geotrac 134ep se distingue également par son toit vitré offrant une vue quasiment ininterrompue de toute la course du chargeur.  

Fidèle à Perkins

  Lindner reste fidèle à Perkins pour animer son Geotrac 134ep. Ce tracteur se dote ainsi d'un moteur à quatre cylindres, de 4,4 litres, développant 133 chevaux puis, après activation de la surpuissance, jusqu'à 144 chevaux. Cette dernière n'agit cependant qu'en cas de travaux mobiles à la prise de force ou à partir de 9 km/h au transport. Pour atteindre cette puissance, le bloc reçoit une rampe d'injection à haute pression s'alimentant auprès d'un réservoir de carburant de 145 litres, un turbocompresseur et un intercooler. La vanne EGR, dotée d'un système de refroidissement des gaz réinjectés, le catalyseur d'oxydation et le filtre à particules permettent, eux, le respect de la norme antipollution Stage IIIB. Ces deux derniers éléments, réunis en un seul et même bloc, se régénèrent à basse température et ne handicapent donc pas, selon le motoriste, l'utilisation de l'engin. Le conducteur commande en cabine un accélérateur à main, un limiteur de régime maximal et deux mémoires de régime moteur. Lindner préconise un changement de l'huile de vidange et des filtres après chaque période de 500 heures de travail.  

Des automatismes facilitant la conduite

  La transmission ZF du Lindner Geotrac 134ep compte au total 32 rapports propulsant le tracteur à 40 km/h au régime limité de 1 650 tr/min. Depuis un unique levier, le conducteur pilote deux gammes à passage robotisé, quatre vitesses mécaniques et quatre rapports sous charge commandés par deux boutons. Un troisième interrupteur, également présent sur le joystick multifonction, actionne l'embrayage du tracteur et limite ainsi la sollicitation de la pédale d'embrayage. L'automatisme APS gère le passage des quatre powershift. Il choisit en effet le rapport le plus approprié lors d'un changement de vitesse (Speedmatching) puis en fonction du régime moteur. Un potentiomètre permet cependant d'orienter l'automate vers la recherche de puissance ou, au contraire, vers une conduite économique. L'opérateur dispose, sur la colonne de direction et sur le joystick multifonction, d'un inverseur du sens d'avancement. La réactivité de ce dernier s'ajuste d'ailleurs, selon cinq niveaux, à l'aide de l'ordinateur de bord IBS. Disponible en option, la gamme de vitesses rampantes réduit à 290 m/h l'allure minimale. Lindner fournit également de série les régimes de prise de puissance de 540 et 1 000 tr/min ainsi que leur variante économique. Un dernier automatisme veille au respect du cardan de l'outil en stoppant et réactivant l'entraînement de la prise de force selon la hauteur du relevage arrière.  

Un système hydraulique performant

  Le Geotrac 134ep est doté d'une pompe à cylindrée variable offrant un débit hydraulique maximal de 121 l/min. Celle-ci s'alimente auprès d'un réservoir dédié et transmet l'huile à deux distributeurs, pilotés et réglables électriquement, en plus du troisième à commande manuelle. La marque propose, en supplément, d'ajouter deux modules supplémentaires. Le relevage arrière, d'une capacité de 6,6 tonnes, dispose d'une régulation électronique et d'un compensateur d'oscillations. Les utilisateurs de treuil trouveront, au catalogue d'options, une variante dotée de vérins à double effet. Lindner propose également le dispositif AHC adaptant automatiquement la réaction du contrôle d'effort aux conditions de travail. Le relevage avant, conçu et construit par la marque, s'intègre au berceau moteur de l'engin. Son tableau de commande électronique, proposé en option, intègre une fonction de délestage adaptée notamment à l'utilisation d'une faucheuse frontale. Le pont avant suspendu, à bras indépendants, fait lui aussi partie des équipements optionnels. Pour les travaux de précision, la marque propose une fonction permettant de le verrouiller en dessous d'une vitesse de 12 km/h.

Le chargeur attelé en un clin d'oeil

  Le chargeur Vitec Autolock du fabricant autrichien Hydrac s'attelle au tracteur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Ce modèle haut de gamme se caractérise en effet par son système d'accouplement rapide du chargeur au tracteur n'imposant pas au conducteur de descendre de la cabine. Pour cela, il possède un crochet de verrouillage et des béquilles tous deux commandés hydrauliquement ainsi que deux coupleurs automatiques pour les connexions électriques et hydrauliques. Le conducteur commande toutes ces fonctions depuis une console installée en cabine. Le chargeur Hydrac possède par ailleurs une fonction de vidange rapide du godet positionnant en flottant les vérins de bennage/cavage. Les conduites hydrauliques sont fixées en dessous des bras et alimentent un bloc situé dans la poutre transversale. Un accumulateur oléopneumatique, lui aussi logé dans ce renfort, limite les contraintes subies par le chargeur. Hydrac propose en option le verrouillage/déverrouillage automatique des outils sur son interface d'attelage Euro. La capacité de levage des modèles Vitec Autolock, à parallélogramme mécanique, varie de 1,98 à 3 tonnes et leur hauteur maximale à l'axe d'articulation s'échelonne de 3,3 à 4,7 mètres, selon les données du constructeur.        

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