Landini 6-145 Roboshift : passe-partout malgré lui

Landini 6-145 Roboshift : passe-partout malgré lui

Plus gros des petits ou plus petit des gros ? Avec son moteur à quatre cylindres et son gabarit de classe supérieure, le Landini 6-145 Roboshift se positionne à la lisière de deux catégories de tracteurs. Notre essayeur, Frédéric Girard, a pu évaluer la polyvalence de ce modèle de 143 chevaux au sein de son exploitation d'élevage située à La Couarde (Deux-Sèvres).

D'un tracteur d'élevage, le Landini 6-145 Roboshift ne dispose sur le papier que d'un moteur à quatre cylindres et d'un chargeur frontal Manip'. Son gabarit, sa transmission désormais entièrement robotisée et sa vaste cabine le prédestinent davantage aux travaux des champs. Pour y voir un peu plus clair, nous avons testé ce modèle en compagnie de Frédéric Girard, agriculteur à La Couarde (Deux-Sèvres) et associé du Gaec accueillant nos essais durant cette semaine du mois d'avril. D'abord en vérifiant le comportement de son moteur Fiat Powertrain Technologies (FPT) au banc de puissance de la chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, puis en déployant autour de lui le mètre à ruban et autres appareils de mesure. Les données récoltées sont sans appel. Le plus petit des tracteurs de la série 6 de Landini affiche des proportions nettement supérieures aux modèles de même puissance essayés durant cette session. Sa masse à vide approchant les 7 tonnes est, elle aussi, nettement plus importante que celle de ses concurrents. Cette caractéristique, cumulée à un empattement de 2,6 mètres, lui sera notamment bénéfique au curage de la stabulation. Malgré ce gabarit imposant, le tracteur se montre à l'aise entre les barrières des aires paillées. Son rayon de giration n'atteint pas celui du Lindner Geotrac 134ep essayé durant cette même semaine mais convient néanmoins aux bâtiments de l'exploitation. Lesté seulement d'une masse arrière de 900 kg, le 6-145 Roboshift présente une stabilité de premier ordre au moment d'élever le godet ou pour remonter un tas de fumier. « Pour éviter le tangage du tracteur, il est néanmoins préférable de bloquer ou d'affermir au maximum la suspension du pont avant au moment de stopper le tracteur devant la remorque, préconise Frédéric Girard. D'autant que le chargeur MPower 120, alimenté par un circuit hydraulique performant, amplifie ce mouvement. » Landini équipe son tracteur d'une pompe à cylindrée variable offrant un débit maximal de 123 l/min. Le chargeur est, lui, piloté depuis le petit levier en croix, à commandes électriques et proportionnelles, équipant de série ce modèle. « J'ai également ajusté les débits de montée et de descente du chargeur, depuis l'ordinateur de bord, pour obtenir davantage de souplesse dans les phases d'approche. Cela permet également de compenser le manque de course du levier en croix », note l'agriculteur. Ayant pris également les commandes, j'ajouterais que ce joystick est entouré d'un trop grand nombre d'interrupteurs qui ont causé quelques mauvaises manipulations. Dommage également qu'aucun des boutons du levier en croix ne commande l'inverseur du sens d'avancement. Excepté ces défauts d'ergonomie, le chauffeur et le passager sont bien accueillis à bord. Le pare-brise monobloc et le capot moteur de taille raisonnable offrent une bonne visibilité sur l'avant. L'absence de montants latéraux est elle aussi appréciée par l'essayeur au cours des opérations de paillage.  

Rapide et maniable au chargeur

  « Malgré son gabarit, le tracteur se faufile assez facilement d'un bâtiment à l'autre. Il faut uniquement prendre garde aux bâtiments les plus anciens où sa hauteur hors tout de 3 mètres lui sera parfois préjudiciable. » Après avoir effectué sans grande difficulté les quelques tâches quotidiennes dans l'élevage, le Landini se prépare pour l'épreuve de transport. Il est attelé à l'épandeur à fumier Jeantil, de 15 mètres cubes, chargé de 6,7 tonnes d'un fumier pailleux. Il est ensuite délesté du chargeur frontal. Si le dételage a posé peu de difficultés, la manoeuvre inverse s'est avérée, à la fin de l'essai, nettement plus compliquée. « Le système de verrouillage des bras sur le bâti manque de visibilité depuis la cabine », regrette l'essayeur. Il ne reste ensuite qu'à monter un dispositif de mesure de la consommation de carburant avant de s'engager sur la route avec le convoi. J'effectue seul le premier tour du circuit routier de 20,9 kilomètres. Je profite de l'automatisme APS contrôlant, en mode Autoroad, le passage des six gammes et des quatre rapports sous charge selon la charge appliquée au moteur. Si le quatre-cylindres FPT donne de la voix durant les phases d'accélération, il s'avère nettement plus silencieux une fois la vitesse maximale atteinte, à 1 500 tr/min seulement.  

Des relances plus difficiles

  L'ascension de la longue côte du parcours permet d'apprécier le travail de l'automatisme de la transmission privilégiant le couple du moteur aux régimes élevés. Le quatre-cylindres ne s'écroule pas durant la montée mais manque d'entrain dans les relances. Frédéric Girard prend à son tour le volant du Landini. Il fait passer de 38 à 50 % le potentiomètre de réglage de l'agressivité de la transmission. Le tracteur offre alors davantage de reprise et voit sa consommation chuter de 15,8 à 14,7 l/h, soit en deçà de la moyenne de la catégorie. Le 6-145 Roboshift peine cependant à suivre ses concurrents dans la montée puis à les rattraper sur les routes plus planes. « Sur le plan du confort à bord, ce tracteur n'a rien à envier aux autres modèles testés cette semaine », apprécie Frédéric Girard. Le travail du pont avant suspendu et les réactions des amortisseurs hydrauliques de la cabine filtrent la majorité des grosses imperfections mais ont tendance à faire sautiller le chauffeur sur les petites déformations de la chaussée. À notre grand regret, les pluies répétées de la semaine ne nous ont pas permis de tester le tracteur au champ avec un outil à dents Rabe. Seul le fumier contenu dans l'épandeur sera éparpillé sur une parcelle avant le retour à l'exploitation qui, finalement, reste l'un des lieux de travail de prédilection du Landini.  

Les mesures

 

Sa puissance, son couple, sa consommation

  Le Landini 6-145 Roboshift a été testé au banc de puissance de la chambre régionale d'agriculture de Poitou-Charentes sous l'oeil avisé de Didier Langlois, le responsable de cet équipement. Le tracteur a délivré une puissance maximale de 118 chevaux, soit 87 kW, au régime moteur de 1 760 tr.min-1. Sa consommation de carburant atteint, à ce stade, 272 g.kW-1.h-1. La valeur de couple maximal, de 50 daN.m, est, elle, maintenue de 1 280 à près de 1 700 tr.min-1. Le moteur réalise également, dans cette plage, ses niveaux de consommation spécifique les plus bas.  

Son niveau sonore

  Pendant le passage au banc de puissance, le niveau de bruit a été mesuré dans la cabine du Landini 6-145 Roboshift, toutes portes et fenêtres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Les valeurs indiquées à différents régimes du tracteur en charge intègrent le bruit extérieur du banc d'essai d'environ 100 dB(A).  

Son encombrement

  Le Landini 6-145 tranche clairement avec les tracteurs de même puissance essayés durant cette session. Ce modèle se caractérise en effet par ses proportions dignes des premiers modèles à six cylindres. Son empattement de 2,6 mètres et sa masse de 6,7 tonnes le prédestinent en effet aux travaux des champs. Son assez faible rayon de giration et sa hauteur de 3 mètres l'autorisent cependant à se faufiler dans les bâtiments exigus. La répartition de ses masses lui permet, notamment au chargeur, de se contenter d'un faible lestage de l'essieu arrière. La cabine reçoit confortablement le chauffeur et son passager. L'absence de montants latéraux favorise la visibilité latérale mais limite l'angle d'ouverture des grandes portes le long d'un mur.  

Le point technique : les arguments d'un grand

  Un an après le début de leur commercialisation, les tracteurs de la série 6 de Landini bénéficient d'évolutions attendues. Leur transmission à quatre rapports sous charge d'origine ZF intègre notamment un automatisme contrôlant le passage sous charge de ses six gammes. La cabine n'est pas en reste. Son large terminal offre davantage d'ergonomie et donne désormais accès à la technologie Isobus et aux systèmes d'autoguidage.  

Une boîte tout automatique

  Landini équipe les tracteurs de la série 6 d'une transmission ZF à six gammes et quatre rapports sous charge. Cette boîte bénéficie, depuis le Sima, d'une évolution de son automatisme APS. Ce dispositif propose en effet deux modes de conduite. L'Autofield, à privilégier lors de travaux lourds, limite son travail au passage des quatre vitesses powershift. L'Autoroad, quant à lui, sélectionne la gamme et le rapport le plus appropriés selon la charge appliquée au moteur. Le menu dédié à la transmission dans l'ordinateur de bord affiche les rapports entre lesquels l'automatisme est autorisé à agir. L'utilisateur dispose également, sous l'accoudoir, d'un potentiomètre modifiant la réactivité de l'APS selon le style de conduite recherché. Depuis l'ordinateur du tableau de bord, il modifie également l'agressivité de l'inverseur du sens d'avancement. Le joystick multifonction, situé sur l'accoudoir, intègre pour sa part les commandes de passage des rapports autorisant une conduite manuelle de la transmission. L'animation des outils arrière est assurée par l'un des quatre régimes de prise de force proposés de série. La sélection du rapport de 540, 540 Eco, 1 000 ou 1 000 Eco tr/min s'effectue manuellement, à l'aide de leviers en cabine. Le système d'engagement électrohydraulique de l'arbre de prise de force s'accompagne, lui, d'une modulation selon trois niveaux de sa vitesse de démarrage.  

Les équipements des séries 7

  Landini offre aux trois tracteurs de la série 6 une dotation hydraulique similaire à celle des séries 7, les plus gros modèles dotés d'un moteur à six cylindres. Le 6-145 dispose ainsi d'un circuit load-sensing alimenté par une pompe à cylindrée variable offrant un débit maximal de 123 l/min. Celle-ci alimente les quatre, cinq ou six distributeurs arrière, tous réglables électriquement en débit et en temporisation depuis l'ordinateur de bord. L'ajout d'une électrovanne en aval de la pompe hydraulique auxiliaire permet, lorsque la direction du tracteur n'est pas sollicitée, de dévier près de 45 l/min supplémentaires vers les prises Power Beyond. Le relevage arrière, animé par deux vérins externes de 100 millimètres de diamètre, présente une capacité de levage de 9,3 tonnes. Il dispose de série d'un compensateur d'oscillation et d'un stabilisateur automatique. Landini propose en option un relevage avant Zuidberg de 3,5 tonnes et une prise de force tournant à 1 000 tr/min. Le pont avant suspendu à bras indépendants Carraro est également facturé en supplément. Sa souplesse comme sa position s'ajustent depuis le tableau de bord.  

Des évolutions en cabine

  Landini a profité du dernier Sima pour apporter quelques retouches à la cabine à quatre montants des tracteurs de la série 6. Le tractoriste italien a notamment revu l'isolation phonique du plancher et amélioré la finition de certains assemblages. L'espace et la luminosité à bord restent, eux, au beau fixe. L'accoudoir multifonction, associé au siège à suspension pneumatique, bénéficie de touches supplémentaires permettant l'enregistrement, à l'arrêt ou en dynamique, d'une séquence de bout de champ. Son joystick multifonction place à portée de main les commandes de la transmission, d'un distributeur et d'une mémoire de régime moteur. Le bouton My Switch autorise, lui, la sélection et l'activation du pont avant, du blocage de différentiel, de l'automatisme de la transmission ou encore du bouton de débrayage de boîte Declutch. Le terminal DSM, doté d'un écran couleur et tactile de 12 pouces, fait lui aussi son apparition au catalogue des options. Ce nouveau moniteur, en plus de faciliter par exemple le paramétrage des distributeurs hydrauliques, admet le branchement d'outils compatibles à la norme Isobus et donne accès à un système d'autoguidage par GPS. Le conducteur bénéficie de série d'une climatisation autorégulée et de 16 feux de travail halogènes remplacés, en option, par des projecteurs à LED. La cabine, posée sur silentblocs, intègre en supplément une suspension active hydraulique  

Manip' comme fournisseur officiel

  Landini propose aux clients d'équiper d'usine ses tracteurs d'un chargeur frontal. L'accord liant le tractoriste italien à l'équipementier français Manip' lui procure une large gamme de produits et d'équipements à ses couleurs. Le chargeur MPower 120, adapté aux tracteurs de 95 à 140 chevaux bénéficiant d'un débit hydraulique important, dispose depuis le Sima de bielles redessinées s'intégrant au profil des brancards. Le tractoriste fournit, avec le pack confort, le coupleur rapide des conduites hydrauliques et l'amortisseur d'oscillations. La commande d'une troisième fonction et le dispositif de verrouillage hydraulique de l'outil complètent le lot d'équipements. L'utilisateur contrôle l'ensemble des fonctions depuis le levier en croix présent sur l'accoudoir du tracteur. Cette spécificité lui permet notamment de modifier les débits de montée et de descente depuis l'ordinateur de bord.  

Un quatre-cylindres porteur de 143 chevaux

  Landini motorise les trois tracteurs de la série 6 avec le même quatrecylindres d'origine Fiat Powertrain Technologies (FPT). Ce moteur porteur de 4,5 litres développe, sur le 6145, une puissance maximale de 143 chevaux. Il respecte la norme antipollution Stage IIIB grâce à son système de traitement des gaz d'échappement SCR. Son injection à rampe commune puise le carburant dans un réservoir de 280 litres tandis que la solution d'AdBlue est stockée dans un réservoir de 38 litres. La suralimentation du moteur est assurée par un turbocompresseur classique. Le grand dégagement offert par le capot monobloc facilite l'accès au compartiment moteur. Les différents échangeurs du pack de refroidissement bénéficient, eux, d'un système d'ouverture en éventail simplifiant leur nettoyage. En cabine, le chauffeur dispose d'une touche de mémorisation d'un régime moteur et de relevés de la consommation de carburant. Landini préconise de réaliser une vidange et le changement du filtre à huile après chaque période de 500 heures de travail.    

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