McCormick X50.40 RPS Power Plus: L'anti bling-bling

McCormick X50.40 RPS Power Plus: L'anti bling-bling

Habitué durant une semaine aux strass et paillettes du Sima, le McCormick X50.40 RPS Power Plus a quitté le salon parisien pour se soumettre quelques jours plus tard aux essais de Matériel Agricole. Testé au banc de puissance, le tracteur s'est ensuite fait chahuter sur la route avec une remorque Gyrax. L'épreuve du travail du sol a mis en évidence son moteur fort en couple. Le chargeur Manip' MC 80 équipant ce McCormick nous a également permis de l'évaluer au curage d'une aire paillée.

La rédaction du magazine Matériel Agricole a profité des premiers beaux jours du printemps pour organiser une série d'essais de tracteurs. La présentation, lors des derniers salons Eima et Sima, de nombreux nouveaux modèles à quatre cylindres nous a orientés vers des engins développant environ 100 chevaux. Le petit dernier de chez McCormick, le X50.40 RPS Power Plus, s'est donc rendu, fin mars, dans la cour des frères Bonnaud, entrepreneurs de travaux agricoles à Villognon (Charente). Fraîchement sorti des halls du salon parisien, l'engin réalise ses premiers tours de roues en plein air et n'affiche qu'une dizaine d'heures au compteur. Son petit gabarit de tracteur de polyculture-élevage ne l'empêche pas d'afficher un look sympathique et complètement revu par rapport à son prédécesseur, le T-Max. Les autres changements se cachent sous le capot et en cabine. Le passage à la norme antipollution Stage IIIB a en effet contraint McCormick a logé un nouveau moteur Perkins. Pour vérifier les capacités de ce quatre cylindres de 3,4 litres, nous l'attelons au banc d'essai de la chambre d'Agriculture de Poitou- Charentes. Dès l'engagement de la prise de force, la surpuissance Power Plus modifie l'injection à rampe commune du moteur pour lui apporter des chevaux supplémentaires.  

La pédale d'embrayage inutile sur la route

Le tracteur développe alors 100,7 chevaux OCDE, contre les 113 chevaux ISO TR14396 annoncés par le constructeur. Un parcours routier de 18 km, cumulant routes dégradées, ascensions de côtes et tronçons roulants, permet d'apprécier réellement les capacités de ce tracteur. Éric Widiez, responsable marketing du tractoriste italien, prend d'abord quelques minutes avec notre essayeur, Éric Picaud, pour lui expliquer les principales caractéristiques du X50.40 RPS Power Plus. « Je suis habitué à des tracteurs simples et je ne suis pas dépaysé », témoigne l'éleveur de bovins laitiers. Le McCormick est ensuite attelé à une remorque à deux essieux Gyrax chargée de sable. Un bidon remplacera, sur le parcours, le réservoir à gasoil du moteur Perkins afin de mesurer son appétit. L'ensemble de 18 tonnes de poids total roulant s'élance ensuite sur les routes charentaises. La transmission RPS (Reverse Power Shuttle) à inverseur hydraulique offre trois gammes et quatre rapports mécaniques auxquels s'ajoutent trois powershift. « L'interrupteur de débrayage, situé sur le levier de vitesses, évite d'utiliser la pédale d'embrayage lors des changements de rapports ou lors d'un arrêt. Cette fonction, comme le passage des rapports sous charge, s'avère très douce à l'utilisation, décrit le chauffeur. La faible course du levier de vitesses le laisse, quant à lui, toujours à portée de main. » L'arrivée d'une première côte met à mal le petit quatre cylindres qui, grâce à une boîte de vitesses bien étagée, relance malgré tout aisément l'ensemble une fois l'ascension terminée. Le revêtement de la chaussée, particulièrement dégradé par endroits, révèle un manque d'efficacité des suspensions. La pression légèrement excessive des pneumatiques ne jouait sûrement pas en faveur du confort à bord. « Le siège pneumatique du conducteur filtre malgré tout une bonne partie des secousses. En revanche, le passager est chahuté », confie l'éleveur. Le tracteur continue son chemin vers l'exploitation en négociant une descente à forte déclivité où le frein moteur retient bien difficilement les poussées de la remorque. « Le freinage pêche par sa progressivité mais pas par sa puissance », rassure le chauffeur. Après deux tours établis chacun en un peu plus de 44 minutes, l'heure du bilan sonne. Le moteur s'est contenté de moins de 6,6 litres de carburant en moyenne par tour, soit une consommation instantanée de 9 l/h.  

Vif et coupleux au travail du sol

De retour à l'exploitation accueillant les essais, la remorque est dételée au profit d'un vibroculteur repliable de 5,30 mètres de large. Six masses de 36 kg sont ajoutées en plus du chargeur frontal afin d'équilibrer l'engin. Le tracteur évolue ici en gamme intermédiaire à une vitesse de 9 à 10 km/h. Le régime moteur, d'abord fixé à 1 800 tr/min, est ensuite réduit au niveau de couple maximal, soit à 1 500 tr/min, après le passage d'un rapport de vitesse supplémentaire. Le tracteur s'en sort vaillamment et emmène sans broncher l'outil de travail du sol. Je cède ensuite ma place à l'essayeur. « Le moteur s'avère plus silencieux à ce régime réduit. Il est dommage que la transmission ne soit pas légèrement moins bruyante dans cette plage de vitesse », poursuit-il. Les manoeuvres en fourrière profitent d'une belle vivacité du relevage arrière, à contrôle électronique, associé à un circuit hydraulique à centre ouvert débitant 60 l/min. La troisième demi-journée des essais est consacrée à l'utilisation du McCormick X50.40 et de son chargeur Manip' MC 80. Nous rejoignons l'exploitation laitière d'Éric Picaud afin d'évaluer le tracteur au curage de l'aire paillée. Une masse de 800 kg est attelée sur le relevage arrière. La suspension de chargeur et le compensateur d'oscillations du relevage rendent le trajet routier beaucoup plus agréable dans cette configuration qu'avec la remorque. « Propriétaire d'un chariot télescopique, j'étais un peu réticent à l'idée de réutiliser un chargeur frontal. Mais je suis agréablement surpris. Les bras correspondent bien au gabarit du tracteur et malgré un débit hydraulique de 60 l/min, les fonctions de montée et de descente de l'outil sont vives », confie le chauffeur. La réactivité du chargeur baisse nettement si le moteur tourne en dessous de 1 500 tr/min et lorsque deux fonctions sont sollicitées en même temps. La cabine à quatre montants dégage suffisamment de visibilité sur les côtés ainsi que sur l'avant. Son petit toit vitré facilitera la manutention de matériaux en hauteur. Les trois rapports powershift de la transmission offrent plus d'aisance au tracteur lors de l'entrée dans le tas compacté de fumier. « Le bouton rotatif, placé à côté du tableau de bord, permet d'adapter l'agressivité de l'inverseur du sens de marche à la conduite de chacun », apprécie l'utilisateur. Le McCormick X50.40 RPS Power Plus prouve finalement qu'il va à l'essentiel. Malgré ses quelques défauts, ce modèle s'affiche à un prix plus accessible que bon nombre de ses concurrents et parvient, malgré tout, à bout des tâches qui lui sont demandées.

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