Valtra N103 Hitech 5: Le trois cylindres cache bien son jeu

Valtra N103 Hitech 5: Le trois cylindres cache bien son jeu

La journée et demie consacrée au test du Valtra N103 Hitech 5 se déroule avec un essayeur découvrant la marque finlandaise. Le programme bien chargé comprend quatre épreuves : passage au banc, transport routier, travaux de curage au chargeur frontal et préparation de sol. De belles occasions pour tester les aptitudes de ce trois cylindres de 111 chevaux.

Notre séance d'essais tracteurs, organisée fin mars, se déroule à Villognon, en Charente, au sein de l'entreprise de travaux agricoles d'Hervé et Laurent Bonnaud. Nous y testons cinq tracteurs, dont le Valtra N103 Hitech 5 équipé d'un chargeur Quicke Q49. Pour évaluer ce modèle, Cédric Gazengel s'est porté candidat. Invité à nous rejoindre le mercredi Le trois cylindres cache bien son jeu 27 mars en début d'après-midi, ce salarié d'exploitation laitière arrive sans a priori car il ne connaît pas les produits de la marque finlandaise. Comme souvent, la séance démarre par le test du banc moteur réalisé par Didier Langlois et Matthieu Sabouret de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes. Lors de ces mesures de performances, le trois cylindres Agco Sisu Power est un peu en dessous des valeurs annoncées : 90,7 chevaux OCDE contre 111 chevaux ISO TR14396 donnés par le constructeur. Le contrôle du débit hydraulique révèle en revanche des résultats supérieurs aux attentes, avec 94 l/min pour le circuit optionnel de 90 l/min équipant ce modèle d'essai. Avant de passer à l'épreuve suivante, celle du transport, une présentation du tracteur s'impose. Alexandre Chantrelle et son successeur, Pierre-Yves Noblesse, nommé en début d'année au poste de responsable produit chez Valtra, réalisent ce tour technique. À l'ouverture du capot moteur, Cédric Gazengel souligne l'accès direct aux radiateurs... « L'entretien semble facile à réaliser. Il est dommage que le chargeur frontal en place gêne un peu la dépose du filtre à air », regrette-t-il. En passant du côté droit, l'essayeur remarque l'accès aisé à la batterie grâce au marchepied escamotable. Il s'installe ensuite en cabine et note positivement l'habitabilité, la visibilité panoramique et les espaces de rangement. Il semble important de préciser que l'habitacle est particulièrement profond puisqu'il est conçu pour accueillir à l'arrière les commandes d'un poste inversé. Après cette rapide découverte du Valtra en statique, l'essayeur effectue quelques tours de roue pour prendre en main la transmission Hitech 5 à cinq rapports sous charge. Il accroche ensuite la benne Gyrax à deux essieux chargée de gravier et d'un poids total de 14 tonnes. « Le rétroviseur fixé sur le hayon arrière et la présence du crochet ramasseur apportent un réel avantage pour l'attelage », remarque-t-il. La remorque attelée et le bidon de carburant monté comme réservoir temporaire pour contrôler la consommation, le convoi frôlant les 20 tonnes de poids total est prêt pour attaquer les 17,1 km du parcours routier. Cédric Gazengel s'engage dans le premier trajet avec, à ses côtés, Pierre-Yves Noblesse.  

Du silence en cabine

  Le responsable produit Valtra en profite alors pour conseiller l'essayeur dans la conduite du tracteur. Il l'encourage à utiliser le régulateur de vitesse Cruise ainsi que la fonction assurant le mode de passage automatique des dix rapports entre les sélections C1 et D5. Le premier tour, terminé au bout de 37 minutes et 30 secondes, révèle une consommation de 8,2 litres de GNR, soit une moyenne de 13,1 l/h. Pour le second parcours, je m'installe en cabine comme passager. Le siège qui m'attend, sorte de strapontin, est plutôt sommaire. À peine la cour de l'ETA quittée, Cédric Gazengel me fait remarquer la qualité de l'insonorisation, un critère déjà relevé lors de la mesure de bruit réalisée durant le passage au banc avec au maximum 73,6 dB(A) à 2 250 tr/min. Il est vrai que nous échangeons sans hausser la voix. « Le confort à bord est également bon malgré l'absence d'un pont avant suspendu et la présence du chargeur frontal dépourvu d'un système d'amortissement », souligne le chauffeur. Le Valtra met vite en confiance et nous emmène rapidement au-delà de la vitesse autorisée. De son côté, la boîte de vitesses bien étagée fait bon ménage avec le moteur. Le trois cylindres se défend aussi bien qu'un quatre cylindres. Il manque cependant de frein moteur mais, heureusement, le chauffeur peut compter sur le système de freinage particulièrement efficace, voire brutal. Le mode de transmission assurant le passage automatique des dix vitesses facilite la conduite mais l'essayeur regrette les temps morts entre les gammes C et D. « Ce délai surprend, notamment lorsque le système rétrograde dans une côte. Il se ressent aussi lors de la sélection manuelle des différentes gammes », précise-t-il. Ce laps de temps est dû au passage mécanique piloté qui s'accompagne d'une rupture du couple transmis. Cédric Gazengel boucle confiant son deuxième trajet en 36 minutes et 30 secondes. Pour parcourir les 17,1 km, le Valtra a consommé 8,1 litres, soit une moyenne de 13,3 l/h.  

Des automatismes appréciables au chargeur frontal

  Le transport se termine le mercredi soir. Nous dételons la remorque et donnons rendez-vous le lendemain matin à notre essayeur sur son lieu de travail pour l'épreuve du curage. Le jeudi, dès l'aube, je prends les commandesdu tracteur pour rejoindre l'exploitation située à Courcôme, à 17 km de Villognon. Le Valtra est agréable mais son utilisation en solo met davantage en évidence le fait que son chargeur manque cruellement du système de suspension optionnel. La distance à parcourir et les nombreuses intersections me permettent à plusieurs reprises de confirmer le long délai de réaction du passage robotisé des gammes. À l'arrivée sur l'exploitation, Cédric Gazengel a terminé les soins aux animaux et nous attend pour vider le fumier de deux bâtiments particulièrement exigus, un bon choix pour évaluer la maniabilité. Il a l'habitude des lieux et attaque le chantier sereinement sans activer le pont avant pour réduire le rayon de braquage. Il enchaîne les manoeuvres en souplesse et retire habilement de grosses fourchées de fumier. Pour gagner en efficacité, Pierre-Yves Noblesse encourage l'essayeur à exploiter les automatismes de la transmission. Une vitesse en marche arrière et une autre différente en marche avant sont ainsi programmées. La sélection automatique de cinq rapports dans une même gamme est aussi activée. Avec cette fonctionnalité, la conduite s'effectue sans agir sur le levier de vitesses et le chauffeur se concentre ainsi pleinement sur la manipulation du chargeur frontal. Pour cette épreuve de manutention, le tracteur réalise presque un sans-faute. Cédric Gazengel, séduit, encourage même son employeur à prendre les commandes du Valtra. L'essai se transforme presque en démonstration... « Le seul véritable reproche concerne la cabine. Conjuguée au capot plongeant, elle procure, certes, une bonne visibilité sur le chargeur posé au sol, mais elle ne dispose pas de toit vitré et sa partie avant ne dégage pas assez la vue vers le haut. Un défaut préjudiciable pour un tracteur plutôt dédié aux exploitations d'élevage, notamment pour l'empilement de balles de foin ou de paille », remarque-t-il.  

Des commandes de relevage perfectibles

  L'heure tourne et nous devons aussi réaliser dans la matinée l'épreuve au champ. Le temps est en effet compté pour notre essayeur qui doit continuer la préparation des terres à maïs aussitôt les tests terminés. Dès le second bâtiment curé, je remonte vite dans le Valtra pour parcourir les neuf kilomètres qui nous séparent de la parcelle située à Ligné. Cédric Gazengel et son patron me rejoignent en voiture pour atteler et passer le vibroculteur de 5,30 mètres de large. Durant cette épreuve, les deux professionnels s'installent en cabine et se relaient aux commandes. Dans la parcelle en pente, les montées chahutent le tracteur. La rupture de couple entre les gammes lors de leur sélection robotisée se fait davantage ressentir. Il semble par conséquent plus adapté de toujours travailler dans la même gamme et d'exploiter les cinq rapports sous charge. Cette dernière épreuve réalisée avec un appareil repliable permet d'évaluer les commandes du relevage et des distributeurs hydrauliques. Cédric Gazengel se montre sur ces points plutôt critique. « La console du relevage est à mon goût placée trop en arrière par rapport à l'assise. Les leviers mécaniques des distributeurs sont eux aussi mal positionnés en contrebas de l'accoudoir droit », conclut-il, tout en émettant un avis global favorable sur ce tracteur pour les prestations offertes par le moteur et la transmission ainsi que pour la qualité d'insonorisation de la cabine.

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