New Holland T7.245 Auto Command : les sept différences

New Holland T7.245 Auto Command : les sept différences

New Holland profite du passage à la norme antipollution Stage IV pour renouveler son T7. Le dernier-né a subi sept principales évolutions techniques par rapport à son prédécesseur. Pour en savoir plus, il nous a été confié pour un essai grandeur nature dans la campagne normande. Après un passage au banc, le tracteur a été mis entre les mains de notre agriculteur-essayeur, Olivier Renault, sur un parcours routier puis au labour.

Dans sa livrée bleue Maserati, le T7.245 Auto Command Blue Power en impose dans la cour de l'exploitation de Raphaël Groult, installé à Coulombs dans le Calvados. Cette génération de tracteur, répondant à la norme antipollution Stage IV, a été dévoilée par New Holland lors de la dernière édition du Sima. Le modèle de l'essai profite de la transmission à variation continue Auto Command produite en interne. Son six-cylindres NEF provient du motoriste Fiat Powertrain Technologies. Avec sa cylindrée de 6,7 L, il développe 220 ch ECE R120, voire 245 ch avec la puissance additionnelle. Notre agriculteur-essayeur, Olivier Renault, est l'homme idéal pour juger des évolutions apportées à ce modèle. Il possède en effet un T7 de la génération précédente. Avant d'entrer dans le vif du sujet, Nicolas Morel, chef produit à New Holland, réalise avec lui la présentation technique et met en avant les différentes nouveautés de ce tracteur. De l'extérieur, la retouche esthétique qui frappe le plus l'agriculteur est la casquette de toit dont le dessin moderne intègre désormais des phares de travail à LED. Lors de cette mise en route, l'essayeur souligne la bonne accessibilité aux différents composants, à l'exception du filtre à huile hydraulique qui devrait être difficile à déposer en raison du manque de place, ainsi que du vase d'expansion de liquide de refroidissement placé trop haut. Il apprécie notamment la faible hauteur de la première marche du marchepied et la large ouverture de la porte facilitant la montée à bord. Une fois installé au volant, l'agriculteur n'est pas dépaysé, puisqu'il retrouve un environnement qu'il maîtrise. Le poste de conduite a en effet subi peu de modifications. La plus flagrante concerne le siège en cuir dans cette finition Blue Power. Olivier Renault apprécie globalement la cabine, en particulier les rétroviseurs. Ceux-ci, à réglage électrique, sont divisés en deux parties avec un miroir grand angle en bas. L'agriculteur regrette en revanche le manque d'espace entre l'accoudoir et la vitre droite, gênant son ouverture. La première partie de l'essai consiste à passer le tracteur au banc moteur. Ce dernier révèle une puissance de 184 ch sans le boost et de 205 ch avec. Cette épreuve révèle une plage d'utilisation relativement large allant de 1 200 à 1 950 tr.min-1. Le deuxième atelier consiste en un parcours routier de 13,6 km avec une remorque d'un poids total de 28,7 t. Au moment d'atteler la benne, l'essayeur regrette le manque de visibilité sur le piton. Une fois sur la route, le tracteur n'éprouve aucun mal à s'élancer.  

Un frein moteur efficace sur la route

  La transmission à variation continue autorise une gestion automatique et indépendante du régime du moteur. Cependant, Olivier Renault regrette que le tracteur soit un peu bruyant à pleine charge. Le confort de suspension n'a pas non plus complètement séduit l'essayeur qui trouve l'amortissement ferme lors des passages du tracteur sur des routes bosselées. Sur le parcours, des descentes ont permis d'essayer le nouveau frein à l'échappement disponible de série sur cette nouvelle génération de T7 Auto Command. Si le fonctionnement de ce dernier n'a pas convaincu l'essayeur, la possibilité de bloquer une gamme de la boîte de vitesses a, pour sa part, été appréciée. Ainsi, ce tracteur à variation continue dispose d'un frein moteur efficace. Dans les côtes, le T7.245 grimpe sans difficulté. Ses temps de passage sont, de peu, audessus de la moyenne. Le parcours de 13,6 km est bouclé en une durée supérieure aux autres tracteurs de la catégorie. Mais le T7 se rattrape du côté de sa consommation de carburant. Il est en effet moins gourmand que la moyenne avec 12,3 L utilisés pour faire un trajet, soit 22,3 L/h. Après avoir remonté les différents éléments de lestage du tracteur (1 000 kg dans les roues arrière et 900 kg sur le relevage avant), nous prenons la direction de la troisième et dernière épreuve. Pour cela, nous attelons une charrue monoroue Pöttinger Servo 6.50 de sept corps. Lors de cette opération, l'essayeur a apprécié la bonne visibilité sur le relevage arrière ainsi que l'accès aisé aux coupleurs hydrauliques.  

Un comportement sain au labour

  Direction une parcelle argileuse en léger dévers de l'exploitation pour un labour à une vingtaine de centimètres de profondeur. Le travail s'effectue sans difficulté pour le tracteur, dont la vitesse d'avancement varie entre 7 et 8 km/h dans le sens de la descente et se situe à 7 km/h lors de la remontée. Au tableau de bord, l'indicateur affiche aux alentours de 12 % de patinage. La régulation automatique du régime moteur fonctionne correctement, mais sa valeur redescend rarement en dessous de 1 850 tr.min-1. La charrue de sept corps exploite l'ensemble des chevaux présents sous le capot. Lors des manoeuvres en bout de champ, Olivier Renault apprécie la bonne maniabilité du tracteur. Les commandes du relevage arrière et des distributeurs hydrauliques ont également reçu ses louanges. Seul l'automatisme de gestion des fourrières HTS II a posé quelques soucis. Malgré une simplification de son paramétrage et de son fonctionnement sur cette nouvelle génération de T7, celui-ci nécessite encore un certain temps d'apprentissage pour être bien maîtrisé. La séquence complète, allant de la sortie de raie à la reprise du labour après le demi-tour, était complexe à réaliser dans le temps dont nous disposions pour l'essai. Cependant, avec un peu plus de maîtrise et d'habitude, l'essayeur estime que cette nouvelle version de l'automatisme apportera satisfaction à l'utilisateur.  

Les mesures

 

Sa puissance, son couple, sa consommation

  Testé au banc de performance de l'association Aile, située à Rennes (Ille-et-Vilaine), le New Holland T7.245 Auto Command délivre, sans boost, une puissance maximale de 184,1 ch (135,4 kW) à 1 800 tr.min-1 au moteur. Dans cette configuration, le couple maximal, de 78,4 daN.m, est atteint à 1 500 tr.min-1. À ce régime, le six-cylindres développe 167,4 ch et affiche la consommation spécifique la plus basse, soit 225 g.kW-1.h-1. Avec le boost, la puissance maximale s'élève à 205,8 ch (151,3 kW) à 1 800 tr.min-1 au moteur. Le couple maximal s'obtient toujours à 1 500 tr.min-1, mais il progresse à 90,5 daN.m. À ce régime, le six-cylindres délivre 193,4 ch et présente une consommation spécifique de 231 g.kW-1.h-1.  

Son niveau sonore

  Pendant les mesures des performances, le niveau de bruit a été relevé dans la cabine du T7.245, toutes portes et fenêtres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Les valeurs indiquées à différents régimes du tracteur en charge intègrent le bruit extérieur du banc d'essai d'environ 100 dB(A).  

Son encombrement

  Le T7.245 dispose d'une cabine aux dimensions très légèrement inférieures à celles qui ont été relevées sur les autres tracteurs essayés. Ce modèle affichant un rapport masse/ puissance OCDE de 48 kg.ch-1 se situe parmi les plus lourds de sa catégorie. Il est en revanche court avec seulement 5,32 m de longueur hors tout et présente un petit empattement (2,88 m).  

Le point technique : l'ergonomie soignée

  Les New Holland de la série T7 ont été quelque peu remodelés au cours de l'année 2015 avec le passage à la norme antipollution Stage IV. Les modifications portent certes sur le moteur, mais elles concernent également l'électronique embarquée et le design du tracteur.  

Une dépollution simple

  Le T7.245 de New Holland s'équipe, depuis le printemps, d'un moteur conforme à la norme antipollution Stage IV. Son six-cylindres Fiat Powertrain Technologies (FPT) utilise pour cela le dispositif de réduction catalytique sélective (SCR) cher au constructeur. Ce dernier s'accompagne désormais d'un catalyseur d'oxydation diesel (DOC) placé après le turbo. Ce composant limite la consommation d'AdBlue en oxygénant les oxydes d'azote. La pression d'injection et le nouveau dessin de la culasse font également partie des évolutions dont bénéficie cette génération de tracteurs. À la différence de la concurrence, le motoriste a choisi de ne pas utiliser de vanne EGR ni de filtre à particules. Le bloc de 6,7 L est gavé par un turbo qui dispose d'un clapet de décharge. Ce dernier précède un papillon mécanique dont le rôle est d'accélérer la montée en température des gaz d'échappement en les comprimant. Cette action optimise la dépollution du moteur à froid. En parallèle, ce papillon est également utilisé comme un frein à l'échappement, un dispositif fourni de série sur tous les modèles équipés de la transmission à variation continue Auto Command. L'entretien du moteur est à effectuer toutes les 600 heures. L'accès aux différents filtres ne pose pas de problème particulier, même si un capot monobloc aurait rendu l'opération plus pratique. Le réservoir à carburant dispose d'une capacité de 395 L, tandis que celui d'AdBlue contient 48 L.  

L'hydraulique au choix

  New Holland propose différents débits hydrauliques pour son modèle T7.245 en fonction du type de transmission. Le T7.245 essayé, doté de la variation continue Auto Command, profite ainsi de 150 L/min en standard, voire de 170 L/min en prenant l'option Megaflow. Son homologue à boîte Power Command loge un circuit délivrant de base 120 L/min ou 150 L/min en option. Le constructeur fournit de série trois distributeurs hydrauliques à double effet. Il en monte jusqu'à quatre sur les tracteurs pourvus d'un relevage avant et adapte une ligne hydraulique dédiée à l'alimentation de l'équipement frontal. Une configuration avec cinq distributeurs à double effet est également disponible. Le pilotage des fonctions hydrauliques s'effectue depuis l'accoudoir grâce à des interrupteurs Fingertip ou à l'aide d'un levier en croix sur lequel l'utilisateur affecte deux distributeurs de son choix. Enfin, pour une identification plus simple, les raccords sont repérés à l'arrière du tracteur par des pastilles de couleur.  

Un poste de conduite confortable et sans fioritures

  La cabine du T7.245 est très proche de celle des New Holland T7 de précédente génération. Elle en conserve d'ailleurs des atouts intéressants. Avec ses quatre montants et sa vitre arrière bombée, elle offre ainsi une bonne visibilité panoramique. L'accès à bord s'effectue facilement grâce à la large ouverture de la porte et à la faible hauteur de la première marche du marchepied (à 36 cm du sol). Une fois installé au volant, l'utilisateur trouve rapidement ses marques. Les différentes fonctions de la transmission, des distributeurs hydrauliques et du relevage sont regroupées sur l'accoudoir SideWinder II qui accueille à son extrémité le terminal Intelliview IV. Ce moniteur dispose d'un affichage personnalisable par le conducteur pour n'afficher que les informations souhaitées. Le chauffeur dispose également de commandes de distributeurs hydrauliques de type Fingertip ainsi que d'un levier en croix paramétrable pour piloter deux lignes hydrauliques. Le terminal intègre l'automatisme de gestion de fourrière HTS II. Ce dispositif d'aide à la conduite a bien évolué par rapport à la version précédente. Il mémorise désormais jusqu'à 40 actions et sa programmation peut s'effectuer à l'arrêt sans réaliser physiquement les manoeuvres. À l'extérieur, le T7 Stage IV se différencie de ses prédécesseurs par l'adoption de 16 phares de travail à LED. Ces puissants projecteurs seront appréciés des utilisateurs prolongeant leurs journées de travail jusque tard dans la nuit. Le T7.245 de notre essai disposait de la finition Blue Power. Cette dernière, identifiable à la peinture bleu métallisé Maserati du plus bel effet, s'accompagne notamment du siège haut de gamme Auto Comfort, à suspension et ventilation active, revêtu d'une sellerie spécifique siglée Blue Power.  

Le frein moteur garanti

  Le New Holland T7.245 de l'essai est équipé de la transmission à variation continue maison, baptisée Auto Command. Cette boîte de vitesses hydromécanique utilise un double embrayage qui gère quatre gammes en marche avant et deux en marche arrière. Ainsi, la transmission est la plus mécanique possible. La vitesse d'avancement se pilote depuis le joystick multifonction placé sur l'accoudoir. Il fonctionne en donnant des impulsions vers l'avant ou l'arrière pour moduler l'allure. Ce joystick intègre également une commande du sens d'avancement en complément du levier situé à gauche sous le volant. Pour faciliter l'utilisation de la transmission, il est possible de mémoriser et de personnaliser trois plages de vitesse d'avancement définissant chacune une allure maximale. La sélection de ces dernières se réalise à tout moment, même en roulant, via des boutons situés sur la poignée multifonction. L'Auto Command dispose par ailleurs d'une fonction permettant de bloquer le rapport de vitesse engagé afin de disposer, lors des déplacements routiers, d'un frein moteur plus important et, ainsi, de moins solliciter le système de freinage. Le tracteur essayé, pourvu du pont avant suspendu Terraglide, accède en option au pont avant SuperSteer à l'angle de braquage important. Il dispose d'une prise de force arrière à quatre régimes normalisés : 540 Eco, 540, 1 000 Eco et 1 000 tr/min.    

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