claas arion 650 cebis : une recette éprouvée

claas arion 650 cebis : une recette éprouvée

Presque dix années après ses débuts, la transmission Hexashift de Claas est toujours proposée au catalogue des Arion 500 et 600. Bientôt épaulée par la C-Matic à variation continue, la doyenne de la catégorie n'est pas pour autant désuète. L'Arion 650, essayé par Didier Fréreux sur son exploitation a, au contraire, fait bonne figure tant au niveau de son comportement que de sa conduite.

le mois d'avril, le retour des beaux jours, des colzas en fleurs, mais aussi l'heure de la reprise des essais de tracteurs pour Matériel Agricole. Quatre protagonistes de plus de 170 chevaux nous attendent déjà sagement dans la cour de Christian et Didier Fréreux, exploitants à Chauvigny (Vienne) et fidèles hôtes des essais organisés par la rédaction. Le Claas Arion 650 Cebis est lui aussi de la partie. Ce modèle, remis aux goûts du jour fin 2012, dispose en effet d'un nouveau moteur, d'un pont avant à bras indépendants et de points de suspensions modifiés. Le tout, pour revendiquer un meilleur équilibre des masses et un confort en hausse, choses que nous ne manquerons pas de mesurer au cours des différentes épreuves qui l'attendent. La première, celle du passage au banc moteur, donne un aperçu des différentes courbes offertes par le moteur à six cylindres DPS de 6,8 litres. Didier Langlois, technicien pour la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, dévie l'alimentation de carburant du tracteur pour calculer sa consommation spécifique. Je monte ensuite en cabine pour apprécier, durant cette épreuve, le bruit perçu à bord. Les résultats de l'épreuve font part d'une puissance maximale de 170 chevaux OCDE mesurée à 1 928 tr/min en phase avec les 184 chevaux ECE R120 annoncés par le constructeur. La consommation at teint, elle, son niveau le plus bas à 1 626 tr/min. Ces relevés nous permettent d'appréhender au mieux l'épreuve du transport sur la route. Avant le départ, la pression des pneumatiques de la remorque Brochard, chargée de 21 tonnes de compost, et du tracteur est ajustée selon les préconisations des manufacturiers. La masse avant du tracteur, gourmande en carburant sur un parcours routier, est, quant à elle, laissée dans la cour de la ferme. Simon Loquais, chef produit des tracteurs Claas, répond, avant le départ, aux questions de notre agriculteuressayeur Didier Fréreux. Ce dernier, possesseur d'une moissonneuse-batteuse de la marque, prend rapidement ses marques à bord du tracteur et parvient d'entrée à paramétrer le mode automatique de la transmission depuis le terminal Cebis. La position et les larges boutons de commandes de ce dernier reçoivent d'ailleurs les éloges de l'agriculteur.  

Un automatisme de transmission appréciable

  L'ensemble s'élance enfin sur le parcours de 15,1 km. Le conducteur pilote d'abord manuellement les 24 rapports de la transmission Hexashift par impulsions sur le joystick C-Motion. Celui-ci apprécie rapidement le travail du pont avant suspendu absorbant la majeure partie des irrégularités des routes et des chemins empruntés. « L'étagement et la rapidité de rétrogradage des six rapports sous charge permettent au tracteur de conserver son élan dans les côtes », apprécie l'essayeur. Le moteur ne rechigne pas à la tâche sur ces portions mais finit par s'écrouler en dessous de 1 250 tr/min. De retour à l'exploitation après 34 minutes, le bidon de carburant, pesé avant le départ et remplaçant le réservoir classique, est à nouveau pesé. Le Claas Arion 650 aura, durant ce parcours, consommé 12,51 litres soit 22,34 l/h. Je prends à mon tour les commandes du tracteur. Le choix du mode automatique de la transmission s'avère rapidement appréciable sur ce circuit composé d'intersections, de croisements difficiles et de côtes parfois abruptes. D'autant que la sélection des vitesses est particulièrement bien gérée par la fonction Hexactiv. Celle-ci adapte, telle une voiture à boîte automatique, le passage des gammes et vitesses à la pression exercée sur la pédale d'accélérateur. L'automate n'hésite pas à laisser travailler le moteur à des régimes proches de son couple maximal, notamment dans les côtes, et permet ainsi d'obtenir un bon rapport entre performance et conduite économique. Cette stratégie limite, sur ce second passage, la moyenne de consommation à 12,16 litres soit 21,29 l/h. Didier Fréreux termine l'épreuve par un troisième passage confirmant ses premières impressions. Il attend cependant les travaux au champ pour se prononcer plus amplement sur le tracteur. Le Claas Arion 650 se mesure maintenant à l'épreuve de préparation des sols. Les pneumatiques Michelin Xeobib équipant notre modèle voient leur pression diminuer à moins d'un bar pour maximiser les capacités de traction au champ.  

À l'équilibre au champ

  L'ajout d'une masse de 900 kg, sur le relevage avant, s'avère tout juste suffisant pour lever le combiné de trois mètres de large Fieldbird de Souchu comme pour traîner le déchaumeur de cinq mètres Rubin de Lemken. Le pont avant du tracteur bénéficie en effet, sans lestage supplémentaire, de près de 45 % des masses du tracteur. Une plus lourde masse avant aurait donc délesté le pont arrière et ainsi limité la traction de l'engin. L'ensemble ainsi préparé s'avère, attelé à l'outil porté, particulièrement équilibré au champ. « Le tracteur parvient à maintenir une vitesse d'avancement de 7 km/h malgré le travail en profondeur des dents et des disques du combiné de préparation. Le taux de patinage affiché, de l'ordre de 12 %, est convenable dans ces conditions, précise Didier Fréreux. Les principales commandes réparties sur le joystick tombent particulièrement bien dans la main. Seules celles de l'entraînement du pont avant et du différentiel, placées sur le côté de l'accoudoir, ne sont cependant pas faciles à trouver. » L'utilisateur retrouve le sourire avec la console S3, installée par Claas sur ce tracteur, lui permettant de déléguer la conduite à un système de guidage par satellites. Le conducteur profite donc de ses mains libres pour s'initier à la création d'une séquence de bout de champ. « L'enregistrement en dynamique d'une liste d'action s'effectue assez facilement. En revanche, ajouter ensuite une opération entre deux étapes n'est pas aussi évident. » Nous changeons ensuite de parcelle pour ouvrir un labour d'hiver avant un semis de tournesol. Le relevage arrière reçoit, pour l'occasion, un déchaumeur à disques indépendants Rubin semi-porté travaillant à 10 cm de profondeur. Le tracteur parvient à atteindre une vitesse de 12 km/h à proximité de son régime de puissance maximale, soit entre 1 750 et 1 950 tr/min. L'automatisme de la transmission, activé en mode champ, est bridé au passage des six rapports sous charge. Je décide cependant, pour éviter le pianotage de la transmission, d'interdire l'utilisation de la dernière vitesse. Là encore, le pont avant suspendu et les amortisseurs de la cabine participent au confort perçu en cabine.  

Sa puissance, son couple, sa consommation

  Le Claas Arion 650 Hexashift affiche 165 heures au moment du test au banc de puissance de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes selon le protocole d'évaluation OCDE. Son moteur à six cylindres de 6,8 litres développe une puissance maximale de 170 chevaux (125 kW) au régime de 1 926 tr.min-1, équivalant à 950 tr.min-1 à la prise de puissance. À ce stade, le couple se situe à 63,4 daN.m et la consommation spécifique à 239 g.kW-1.h-1, soit seulement 5 g.kW-1.h-1 de plus que la valeur minimale relevée à 1 626 tr.min-1. Claas commercialise son Arion 650 pour une puissance maximale de 184 chevaux ECE R120. Cette norme ne prend cependant pas en compte les pertes liées au système de refroidissement et à la transmission. Le passage au banc de puissance nous a donc permis de mesurer une puissance maximale de 170 chevaux OCDE, au régime moteur de 1 928 tr.min-1, et une consommation spécifique de 239 g.kW-1.h-1. À ce niveau, le moteur offre déjà un rendement satisfaisant de près de 36 %. La plage de puissance constante, comprise entre 1 725 et 2 136 tr.min-1, convient donc parfaitement pour entraîner des outils animés, avec les régimes économiques de la prise de puissance, ou pour tracter des outils de préparation du sol à plus grande vitesse. Le tracteur dispose en effet, dans cette zone, d'une puissance comprise entre 162 et 170 chevaux pour une consommation spécifique ne dépassant pas la barre des 245 g.kW-1.h-1. Le moteur s'est également illustré par sa large zone de couple constant, comprise entre 1 150 et 1 725 tr.min-1, dans laquelle son rendement maximal atteint 37 %. Cette plage de travail est donc à privilégier pour la traction d'outils de travail du sol, à basse vitesse, mais également lors de parcours routiers. L'étagement de la transmission Hexashift permet en effet d'atteindre la vitesse maximale de 40 km.h-1 au régime moteur de 1 650 tr.min-1.  

Son niveau sonore

  Le niveau de bruit dans l'habitacle du Claas Arion 650 a été mesuré pendant le passage au banc de puissance, toutes portes et vitres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Le sonomètre est placé au centre de la cabine et indique le bruit réellement perçu par le chauffeur. Cette valeur intègre le bruit extérieur du banc d'essais d'environ 100 dB(A).  

le point technique : l'Hexashift lui va si bien

  En attendant le coup de pouce que devrait donner l'Arion doté de la transmission à variation continue C-Matic à ses ventes de tracteurs, Claas mise toujours sur sa boîte semi-powershift Hexashift. Douce et dotée d'une gestion bien mise au point, elle se marie parfaitement au sixcylindres de 184 chevaux désormais conforme à la norme antipollution Stage IIIB.  

Une robotisation intelligente

  l neutre. a transmission Hexashift proposée sur l'ensemble de la gamme Claas Arion est toujours fabriquée dans l'usine Gima de Beauvais (Oise). Elle intègre quatre gammes robotisées et six rapports sous charge portant à 24 le nombre total de vitesses avant comme arrière. Le tracteur circule ainsi, avec la variante Super Eco ici essayée, à une allure maximale de 40 km/h au régime de 1 650 tr/min. L'ajout de gammes lente et super lente permet d'atteindre, respectivement, une vitesse d'avancement minimale de 0,38 et 0,11 km/h. Claas a pourvu notre modèle d'essai du dispositif Hexactiv habituellement proposé en option. Cet automatisme contrôle, sur la route, le passage du 1er au 24e rapport de la transmission. L'activation du mode champ limite son action au passage des six rapports sous charge et évite ainsi une éventuelle rupture de couple lors d'un changement de gamme. Trois paramètres permettent d'adapter la réaction de la transmission aux travaux effectués. Le premier, le mode Auto, ajuste, telle une voiture à boîte automatique, le rapport engagé en fonction de la pression exercée sur la pédale d'accélérateur. Le chauffeur dispose, en second lieu, d'un menu l'autorisant à sélectionner une zone de régulation, large de 400 tr/min, à respecter lors du travail. Le réglage d'un rapport maximal permet également, dans certaines conditions, de limiter le pianotage de la transmission. La troisième configuration proposée, activée lors de l'embrayage de la prise de force, modifiera automatiquement la vitesse engagée dès l'observation d'une chute de plus de 5 % du régime moteur. Les adeptes de la conduite manuelle contrôleront, eux, la transmission par impulsions sur les joysticks C-Motion ou Drivestick. L'ordinateur de bord offre également la possibilité de définir un rapport de vitesse après l'inversion du sens d'avancement ou, sur la route, pour permettre un démarrage rapide après un arrêt.  

Le premier six-cylindres de la gamme

  Deux familles s'affrontent au sein de la gamme de tracteurs Claas Arion. La série 500 se compose de trois modèles chacun dotés d'un moteur à quatre cylindres de 4,5 litres développant 145 à 163 chevaux. Les quatre Arion 600 disposent, eux, d'un six-cylindres Deere Power System offrant 158 à 184 chevaux. Ce moteur de 6,8 litres utilise une injection à rampe commune s'alimentant auprès d'un réservoir de 330 litres. Les gaz d'échappement émis animent un turbocompresseur à géométrie variable suralimentant la chambre de combustion avec de l'air ayant, au préalable, traversé un échangeur air/air. Une partie de ces gaz d'échappement est également renvoyée vers l'admission par l'intermédiaire d'une vanne EGR contrôlée électriquement. Les émissions restantes traversent un catalyseur d'oxydation (DOC) et un filtre à particules (FAP) avant de rejoindre l'air libre. L'ensemble de ces éléments permet au moteur de respecter la norme antipollution Stage IIIB. Le ventilateur soufflant l'empilage d'échangeurs module, lui, sa vitesse de rotation selon les besoins. Claas préconise une vidange et le changement des filtres à huile et à carburant après chaque période de 500 heures de fonctionnement.  

Jusqu'à quatre rapports de prise de force

  la transmission du Claas Arion intègre, de série, deux rapports de vitesses entraînant la prise de puissance arrière à un régime de 540 ou 1 000 tr/min. Les versions haut de gamme Cebis intègrent en supplément les variantes 540 Eco et 1 000 Eco permettant au conducteur d'adapter plus facilement le régime de son moteur aux besoins de l'outil attelé. La sélection de chacune de ces vitesses s'effectue électriquement via des interrupteurs placés sur le montant arrière droit de la cabine. L'optionnel relevage avant, d'une capacité de trois ou quatre tonnes, intègre également, sur demande, une sortie de prise de puissance à 1 000 tr/min. Le relevage arrière offre, lui, une capacité atteignant 8,5 tonnes aux rotules. Dès sa hauteur maximale atteinte, ce dernier active automatiquement l'amortisseur d'oscillations isolant l'engin des mouvements de l'outil. Le pont avant Carraro, doté de bras indépendants, atténue également les irrégularités du sol. L'ensemble de ces éléments est alimenté par un circuit hydraulique à détection de charge fournissant un débit maximal de 110 l/min. Claas propose le montage de quatre distributeurs à double effet à l'arrière contre deux à l'avant. Les commandes mécaniques des Arion CIS sont remplacées, sur les versions Cebis, par des interrupteurs électriques. Le conducteur modifie alors les débits et temporisations de chaque module depuis l'ordinateur de bord Cebis.  

La cabine partagée avec les axion

  Qu'ils s'appellent Axion 900, Axion 800, Arion 600 ou Arion 500, ces tracteurs Claas bénéficient tous d'un poste de conduite quasi similaire. La cabine des Arion se différencie de celle des plus gros Axion par l'intégration de trois montants sur son côté gauche, pour limiter la taille de la porte d'accès, et de deux montants à droite, pour optimiser la visibilité. Les quatre points de suspension de la cabine font, eux, partie de la liste d'équipements communs. Deux niveaux de finition s'affrontent cependant à bord. L'entrée de gamme CIS remplace le joystick C-Motion et le large accoudoir des versions Cebis par un plus petit module rassemblant les commandes de la transmission, des prises de force et du relevage. Les distributeurs à commandes mécaniques sont, eux, placés sur le panneau droit de la cabine. La version haut de gamme Cebis accueille, de série, le terminal de conduite éponyme. Ce dernier dispose d'un écran couleur mais non tactile également utilisé sur bon nombre de tracteurs et de machines de récolte de la marque. L'ordinateur donne aussi bien accès aux nombreux paramètres de réglage de la transmission qu'à ceux des distributeurs hydrauliques dotés, ici, de commandes électriques. L'accueillant siège passager cache, sous son assise, un large compartiment réfrigéré. La température à bord est maintenue par une climatisation à commande manuelle remplacée, en option, par une régulation automatique. Claas propose, en option, des feux de ceinture de cabine dotés de lampes au xénon remplaçant les feux de route classiques lors de l'attelage d'un outil frontal.    

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