Chevance. Dans le top 20 des fabricants de bennes

Chevance. Dans le top 20 des fabricants de bennes

Le constructeur breton Chevance est passé ces dix dernières années du statut d'artisan à celui d'industriel de la benne agricole. Durant cette décennie, son effectif en salariés a presque triplé et d'importants investissements ont été réalisés pour améliorer le processus de fabrication. En parallèle, les gammes de remorques ont été entièrement revues pour s'adapter aux différents niveaux d'exigences de la clientèle.

Pour fêter ses 50 ans, la société Chevance, installée à Guingamp en Côtes-d'Armor, s'offre cette année un cadeau d'une valeur de 700 000 euros. Le constructeur breton de remorques agricoles édifie en effet un magasin de 900 m² dédié notamment à l'approvisionnement en pièces de son unité de fabrication. Il met aussi en place un progiciel de gestion intégrée (ERP) pour mutualiser les informations depuis la signature du devis jusqu'à la livraison du matériel et à son suivi après-vente. Ces investissements s'inscrivent pleinement dans la politique d'industrialisation menée depuis 2004 par Bruno Chevance, directeur général et fils du fondateur de l'entreprise. « Pour rester dans la course parmi les nombreux acteurs sur le marché, nous devions inévitablement passer du statut d'artisan à celui d'industriel. Nous avons aussi misé sur la commercialisation de produits haut de gamme. Cette décision s'est révélée payante car l'activité a progressé et notre secteur commercial s'est élargi sur l'ensemble de la France, la Belgique et le Luxembourg. Notre effectif a presque triplé car nous sommes passés de 17 à 42 salariés en onze ans. Ainsi, avec nos moyens de production actuels, nous espérons intégrer le top 20 des fabricants français de bennes agricoles », confie-t-il. L'histoire de cette structure familiale, fondée par Robert Chevance, débute en 1965 à Bourbriac dans les Côtes-d'Armor. Les produits fabriqués durant les 25 premières années sont assez variés, résultants souvent d'opportunités. L'atelier Chevance fabrique alors des bennes agricoles, des épandeurs à fumier, des râteliers, des tonnes à eau, des remorques légères pour les voitures et même des chargeurs frontaux. En 1989, l'entreprise recentre principalement son offre sur les bennes agricoles et de travaux publics, mais la méthode de production demeure artisanale.  

Rationaliser la production

  Le grand virage en termes d'organisation de la fabrication est amorcé en 2003 avec l'arrivée de Bruno Chevance à la tête de la structure familiale et l'acquisition d'un terrain de deux hectares dans la zone artisanale de Guingamp. « Nous avons choisi cette ville pour sa proximité avec la voie rapide. Cette implantation nous rend facilement accessibles pour les transporteurs, un réel atout pour la livraison des fournitures mais aussi pour expédier nos produits. Nous profitons en effet du flux de camions desservant la zone artisanale. La distance de neuf kilomètres avec les anciens locaux s'est aussi avérée raisonnable afin de ne pas trop éloigner certains salariés de leur domicile », précise le directeur général. L'usine de 4 000 m², édifiée dans la foulée sur ce site, est pensée à l'époque pour être évolutive. Tous les poteaux en acier sont par exemple prédisposés à recevoir des portiques de levage, un critère important car la manutention est omniprésente dans le processus de fabrication des bennes. Le bâtiment apporte par ailleurs davantage de confort aux salariés car l'atelier historique de Bourbriac n'était notamment pas isolé. En 2004, Bruno Chevance recrute Samuel Larmet comme apprenti et lui confie la mission de mettre en place un bureau d'études. Toujours dans l'entreprise, cet étudiant en alternance est devenu le responsable de la production. « À mon arrivée, j'ai vite analysé que tout le savoir-faire était dans la tête du fondateur et des salariés. Seuls des gabarits servaient de base à la fabrication. Mon premier travail a donc consisté à regrouper les connaissances et à les consigner sur des plans. Heureusement, la stabilité de l'équipe en place m'a facilité la tâche », reconnaît Samuel Larmet. Dans l'usine, les opérateurs affichent en effet entre 10 et 30 ans d'ancienneté et certains viennent de partir à la retraite après 40 à 42 ans de bons et loyaux services. La création de plans a permis de mieux organiser l'approvisionnement des postes de travail avec la mise en place, en 2006, de la méthode Kanban. L'année suivante, l'entreprise a acquis une table de découpe plasma haute définition. « Cette machine garantit une qualité de travail quasi similaire à celle du laser mais avec un moindre coût d'utilisation. Elle s'est révélée indispensable à l'amélioration du design des bennes et au gain en efficacité de production. Le programme électronique permet en effet de réaliser des marquages sur les tôles qui simplifient ensuite les opérations d'assemblage avant soudure. Plus besoin de sortir le mètre pour s'assurer du bon emplacement des pièces », apprécie le responsable de la production.  

Gros travail sur l'acier

  Le bureau d'études, composé aujourd'hui de quatre personnes, s'est ensuite affairé en 2009 au renouvellement des gammes de remorques agricoles. Son objectif a été de standardiser un maximum de composants pour réduire les coûts de production. Un gros travail sur la qualité des aciers a également été mené durant cette phase de modernisation des produits. Chevance a alors joué la carte de l'acier suédois Domex 700 MC à haute limite d'élasticité (HLE) pour réaliser les caisses monocoques des remorques agricoles Farmer GV. Ce matériau plus résistant qu'un acier classique permet notamment d'utiliser des épaisseurs moins importantes afin de réduire le poids mort et d'accroître la charge utile. Chevance l'utilise également sur certaines parties du châssis (flèche et support de train roulant) ainsi que pour les bras de porte arrière. L'adoption de l'acier HLE s'est notamment accompagnée d'un nouveau design des côtés des caisses et a permis de limiter le nombre de poteaux de renfort. « Les plis des parois latérales assurent la rigidité tout en facilitant le nettoyage en raison de l'absence d'angles vifs. Nos véhicules présentent ainsi un design moderne en phase avec celui des dernières générations de tracteurs », apprécie Alain Jullo, le directeur commercial. L'achat en 2014 d'une plieuse de capacité de 700 tonnes apporte une touche supplémentaire à la finition. Cet investissement, d'un montant de 750 000 euros, accepte des longueurs de tôles de huit mètres et permet de réaliser les côtés des bennes en une seule pièce. « En limitant le nombre de soudures, nous gagnons du temps, limitons les risques de déformation et améliorons la robustesse », souligne Samuel Larmet. Cette construction profite également aux bétaillères Bovi Trac, aux remorques de travaux publics RocTrailer ainsi qu'aux récentes monocoques First et Welter. Les modèles First constituant l'offre économique reprennent en revanche des composants déjà éprouvés par la marque à l'instar des bras de porte arrière particulièrement effilés. Disponibles en 11, 13 et 15 tonnes de charge utile, les First ont été initialement développées pour une clientèle du sud-ouest de la France. Les variantes Welter, lancées en mai, privilégient, elles, la charge utile. Leur conception allégée a permis de réduire de 20 % le poids mort. Le modèle 185, équipé d'un anneau d'attelage classique, présente ainsi 18,5 tonnes de charge utile pour un poids total autorisé en charge (PTAC) de 24 tonnes. Le PTAC passe à 25 tonnes pour la Welter 195 grâce à l'adoption d'une rotule d'attelage Scharmüller. Sa charge utile grimpe par conséquent à 19,5 tonnes. À côté de ces véhicules produits en série, la société développe des matériels spécifiques pour satisfaire à des demandes locales. Elle vient, par exemple, de concevoir une remorque adaptée au maraîchage sur la base d'un plateau avec avant-train à sellette.

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