L'enracinement détermine le rendementImplantation de Colza PART 2

Implantation de Colza PART 2

Le colza est sûrement l'une des plantes les plus fainéantes qui soit. Son suivi cultural a déjà donné du fil à retordre à bien des agriculteurs. Chacun s'accorde à dire que sa réussite tient à son enracinement. Celui-ci doit en effet être suffisamment développé avant l'arrivée de l'hiver et en prémices du coup de fouet qu'offre le printemps. Sa racine pivotante aime bien avoir le champ totalement libre pour puiser l'eau et les nutriments. Dans sa quête de profondeur, elle tombe hélas bien souvent sur une semelle, parfois de labour, difficilement pénétrable, un sol trop tassé, trop sec ou au contraire asphyxié par des excédents d'eau. L'oléagineux se contente alors d'un enracinement superficiel et perd en potentiel de rendement. Les deux agriculteurs que nous avons rencontrés pour ce dossier ont décidé de ranger leur charrue et leur herse rotative au profit de techniques de semis facilitant le travail de cette plante paresseuse. Du travail simplifié en apparence. En apparence seulement.

« Je sème 25 grains/m² grâce au strip-tiller combiné au semoir monograine »   Insatisfait des levées de ses colzas, Philippe Lacroix, agriculteur installé à côté de Chartres (Eure-et-Loir), a changé radicalement de technique de semis il y a cinq ans. Cet adepte de la simplification du travail du sol depuis vingt ans a choisi le strip-tiller, qu'il combine avec un semoir monograine. Économies de semence, gain de temps et qualité d'enracinement au programme.   «Malgré les idées reçues, le colza est loin d'être la culture la plus facile à conduire en techniques culturales sans labour, commente Philippe Lacroix, agriculteur à Dammarie, en Eure-et-Loir. Tassement du sol, nuisibles, maladies... nombreuses sont les raisons de ne pas la réussir. » Cet adepte de la simplification du travail du sol ne laboure plus depuis près de vingt ans. Il s'est naturellement intéressé il y a cinq ans à la technique du strip-till et a opté pour un appareil combinable. Il s'est tourné vers le matériel Duro, suite à l'achat d'un modèle de la marque par un voisin et en raison de la proximité du siège du constructeur de Viabon (Eure-et-Loir). « Le strip-tiller assure la levée du colza, estime cet agriculteur de la Beauce chartraine. Le travail sur le rang affine la ligne de semis et remonte un peu d'humidité en surface. Pour la conserver lors de ces semis en conditions sèches, je combine les deux opérations. » Cette association permet, en un seul passage et à une seule personne, l'implantation de 1,5 hectare de colza par heure avec un appareil de six rangs espacés de 50 cm.   Par la suite, le pivot du colza se développe mieux en raison de son implantation dans le passage de la dent du strip-tiller. Celle-ci est réglée à une profondeur de l'ordre de 15 cm. « Il n'est pas nécessaire de travailler plus profond, en tout cas dans mes sols, des limons-argileux sur argile à silex, qui ne présentent pas de semelle. » Insatisfait des levées de colza, mais malgré tout pas trop déçu par les rendements avec son précédent combiné herse rotative et semoir, l'agriculteur savait qu'il n'était pas nécessaire de semer dru. Le semoir, un Monosem NG Plus 3, assure une bonne qualité de semis. Il est en effet équipé d'un système d'enterrage à double disque et d'une roue de plombage Pro assurant le contact entre la terre et la graine pour favoriser sa germination. Sa distribution autorise une faible densité, ce que ne permettent pas les semoirs à céréales classiques. « Au final, j'économise 50 % de semence par rapport à mon ancien combiné de semis. L'idéal, avec le monograine, est d'atteindre une densité de 25 grains/m² », estime l'agriculteur.  

50 % d'économie de semence

L'une des principales contraintes de cette technique de semis reste les ravageurs, notamment les limaces. « Cette année, en raison des conditions sèches après le semis, je n'ai pas réalisé de traitement antilimace. Je suis malgré tout intervenu en urgence après une pluie mais cela m'a quand même valu un ravage de l'ordre de neuf hectares. Une surface que j'ai été contraint de semer à nouveau à la volée avec mon épandeur Delimbe », déplore l'agriculteur. Autre inconvénient du système : les dents du strip-tiller peuvent être sensibles au bourrage quand la présence de débris végétaux est importante. Pour cette raison, l'exploitant déchaume systématiquement avant ses semis de colza. Cette intervention superficielle, en plus de son rôle de faux-semis, aide à la décomposition des pailles. Elle participe également à la lutte contre les limaces en détruisant leurs oeufs.   Tous les 30 à 50 hectares, l'agriculteur recharge les dents en carbure de son outil. « Les pièces d'usure coûtent cher », estimet- il. Malgré tout, Philippe Lacroix sème désormais ses 40 hectares de colza avec son strip-tiller. Il en emblave même 200 hectares au total en comptant les échanges et prestations de services avec des voisins. Le strip-tiller plaît et s'avère assez polyvalent. Il autorise la préparation du sol, en combiné ou en décomposé, de différentes cultures sarclées. « J'envisage notamment de l'utiliser une semaine avant les semis de printemps pour implanter ensuite une vingtaine d'hectares de maïs ou de tournesol, toujours à 50 cm d'écartement car le changement d'interrang s'avère assez fastidieux. »

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