Can-am Commander rOD 800r : joindre l'utile à l'agréable

Can-am Commander rOD 800r : joindre l'utile à l'agréable

Le Commander ROD 800R de Can-Am cache derrière son look sportif une réelle vocation utilitaire. Avec son moteur puissant et ses divers aspects pratiques, il possède de nombreux atouts pour conquérir une clientèle professionnelle prête à joindre l'utile à l'agréable.

BRP n'est pas vraiment connu sur le petit marché des véhicules légers tout-terrain. Le groupe canadien a plutôt forgé sa réputation avec ses quads, ses motoneiges Skidoo, ses jet-skis Sea-doo ou encore ses motos à trois roues Spyder. Le nom Can-Am, auparavant Bombardier, est d'ailleurs plus associé aux domaines récréatifs et sportifs qu'à celui de l'utilitaire. Depuis peu, notamment la sortie en 2010 du premier SSV Commander, la firme amorce un virage et convoite plus sérieusement la clientèle professionnelle, qu'elle avait jusqu'à présent un peu boudée. Ce changement de cap n'impose heureusement pas une modification d'ADN au coeur des fabrications de la marque, comme en témoigne le dernier Commander 800R essayé fin août chez Philippe Crépon, à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute- Provence). Vu de l'extérieur, le SSV s'inspire fortement des quads. Ses lignes tendues et ses formes saillantes lui confèrent un look agressif. Avec tous ces attributs et son gabarit imposant, je vous garantis que notre passage dans les rues de la ville n'a pas manqué d'attirer les regards. D'abord installé côté passager, je profite, comme le pilote Philippe Crépon, d'un siège baquet un peu ferme mais confortable. L'univers sport et loisir est bien présent. En plus d'un appuie-tête et de renforts latéraux intégrés aux assises, la barre de maintien face à moi et la poignée à portée de la main gauche rendent ce premier trajet routier plutôt agréable. Il est dommage que le bruit du moteur soit très présent et empêche une discussion sereine avec le conducteur. Le bicylindre en V signé Rotax, installé juste devant le poste de conduite, fait malheureusement trop de vocalises. Le confort d'amortissement figure toutefois parmi les points forts de ce SSV. Empruntée aux quads de la marque, la suspension arrière indépendante, à bras oscillant avec amortisseur et barre stabilisatrice, filtre efficacement les défauts de la route. Elle se caractérise par son point de pivotement situé devant les roues arrière, à l'instar d'une moto, limitant, selon le fabricant, le ripage et les changements de carrossage. La suspension avant n'est pas en reste puisqu'elle adopte une double triangulation de type MacPherson et se débat sur 25,4 cm, soit autant que l'arrière. Notre passage dans un élevage de chevaux met en valeur la vocation utilitaire de l'engin. Le Commander adopte en effet une benne basculante à double fond de 272 kg de charge utile. Elle comprend deux compartiments séparés par un panneau étanche et amovible. La plateforme supérieure autorise une charge maximale de 181 kg tandis que le coffre inférieur protège de la pluie jusqu'à 91 kg de marchandise. La benne reçoit en option deux pinces montées sur l'arceau arrière de protection, bien pratiques pour fixer une pelle à main ou un balai par exemple. Le Commander tracte jusqu'à 680 kg avec sa boule d'attelage montée de série. Il tire une charge de 1 814 kg au moyen d'un treuil électrique optionnel facilement adaptable grâce au prééquipement d'usine. Le catalogue Can-Am permet d'accessoiriser le Commander de barres d'arrimage à l'avant ou à l'arrière, de différents pare-chocs ou encore de protections sous châssis.  

L'ergonomie d'une automobile

  Au sein de l'élevage équin, le SSV se montre à l'aise en raison de sa bonne maniabilité. Il profite notamment d'une direction à trois niveaux d'assistance variant en fonction de l'allure. Récemment, le constructeur canadien a également introduit un différentiel arrière verrouillable sur son Commander 800R. L'engin braque ainsi plus court et se révèle plus stable dans les virages sans endommager les parcelles enherbées. Après avoir chargé du bois puis nourri les chevaux, Philippe Crépon reprend les commandes. Il active depuis le tableau de bord les quatre roues motrices avant d'entrer sur un terrain accidenté. Le Commander révèle alors ses bonnes aptitudes en tout-terrain. Il profite en effet d'une généreuse garde au sol, de 27,9 cm, et du moteur le plus puissant de sa catégorie. Avec son différentiel avant autobloquant Visco-Lok, là encore emprunté aux quads Can-Am, il donne l'impression de pouvoir grimper partout. Il se faufilerait aussi bien qu'un quad s'il n'avait pas une carrure plus imposante. Lorsque le différentiel détecte le patinage de l'une des roues, il transfère la traction à l'autre. Je prends à mon tour les commandes. L'accès à bord n'est malheureusement pas des plus faciles en raison de la hauteur du poste de conduite et de la position reculée des sièges par rapport à la cage de protection. Mais une fois la ceinture de sécurité et le filet de protection bouclés, je retrouve le sourire en raison de l'espace à bord, de la position de conduite ergonomique et de l'assise, comparable à celle d'une automobile. Je m'installe facilement grâce au volant réglable en hauteur, de surcroît en cuir, et au siège conducteur ajustable en profondeur. L'habitacle dispose de nombreux espaces de rangement, à l'instar de la boîte à gants, de 17,2 litres, d'un compartiment sous le siège chauffeur de 13,1 litres et d'un porte-bouteilles dans la console centrale. Il intègre une cage de protection tubulaire en acier de 5 cm de diamètre, homologuée ROPS et dotée, en option, d'un toit ou d'un pare-brise intégral ou à mi-hauteur. Ainsi protégé et malgré l'absence de pare-brise sur notre modèle d'essai, je me sens en sécurité au volant du Commander. Sur la route, la réactivité du moteur ne déçoit pas plus que hors asphalte. Je dois même être vigilant en entrée de courbe ou lors des changements rapides de direction car le Commander a une légère tendance à laisser flotter son train arrière sur le bitume, même s'il semble plutôt bien posé sur ses quatre roues. Alors, pour ceux qui souhaitent plutôt conduire le Commander que le piloter, l'utiliser davantage comme utilitaire qu'en récréatif ou tout simplement empêcher le stagiaire de faire des cabrioles, Can-Am le livre avec deux clés. L'une délivre toute l'énergie du bicylindre Rotax tandis que l'autre bride sa puissance et l'allure à 70 km/h.    

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