YoungtimerFranklin 405 : Construit pour durer

Dans certaines situations, la lame à l’avant peut faire office de chasse-neige, ouvrant la voie aux véhicules moins aguerris aux conditions difficiles.
Dans certaines situations, la lame à l’avant peut faire office de chasse-neige, ouvrant la voie aux véhicules moins aguerris aux conditions difficiles.

Laurent Pourrat est abatteur-débardeur forestier. Afin de mener à bien sa tâche, il s’est tourné vers le constructeur américain Franklin pour la robustesse de ses débusqueurs. Après avoir travaillé pendant cinq ans avec un modèle 405 de 1990, il a renouvelé ce partenariat en 2013 avec l’achat d’un 170, plus récent. Cependant, son ancien articulé demeure à l’abri, prêt à démarrer et à rendre service. Rencontre enneigée dans la montagne auvergnate.

C'est dans un paysage enneigé que Laurent Pourrat m’a reçu fin décembre. Autour d’un café, il me raconte son parcours dans le monde de l’exploitation forestière et l’histoire des tracteurs débusqueurs qui l’ont accompagné. « J’ai commencé avec un Mercedes MB Trac 800, se remémore-t-il. Il était équipé d’un simple treuil Pan et d’un tablier Escomel. Cependant, sa vocation agricole ne lui permettait pas d’affronter les conditions rencontrées en forêt. »

Laurent Pourrat apprécie les débusqueurs Franklin pour leur robustesse et leur efficacité.

En effet, l’exploitant a connu plusieurs ennuis mécaniques avec le Mercedes. Son châssis s’est rompu sous la contrainte imposée par l’utilisation de la lame frontale, si bien qu’il fallut démonter le véhicule afin de le réparer et de le renforcer. Les essieux ont également donné des signes de faiblesse. En 2008, Laurent décide donc de le remplacer au profit d’un articulé spécifiquement adapté au débardage forestier. Il se tourne vers un débusqueur Franklin 405 de 1990 vendu d’occasion dans l’Oise, affichant 14 000 heures au compteur.

Le confort n’était pas une priorité au début des années 1990. Les deux pédales et le drôle de volant permettent la conduite de l’engin.

Ce modèle intègre un moteur Cummins à quatre cylindres de 3,9 L développant 116 ch, turbocompressé et équipé d’un intercooler. La transmission powershift fabriquée par Franklin bénéficie d’un convertisseur de couple hydraulique. Elle offre quatre rapports en marche avant et deux en arrière dont la sélection s’opère depuis un levier circulant dans une piste en cascade, et situé à droite du siège conducteur. La transmission anime ainsi les ponts provenant du même fabricant dotés de réducteurs terminaux, supportant des roues en 23.1 x 26. Comme sur un chariot télescopique, deux pédales suffisent à manœuvrer le véhicule : l’une pour le freiner, l’autre pour accélérer.

L’actionneur électrique commande l’engagement et le défreinage du treuil. À côté, les distributeurs de la lame et du tablier hydraulique se manœuvrent manuellement.

Particularité propre à la marque et à quelques-uns de ses concurrents : le pont avant n’est pas oscillant, mais l’articulation centrale, comparable à celle d’un tombereau de chantier, autorise la rotation sur le plan horizontal entre les parties avant et arrière afin de suivre les irrégularités du terrain. Le propriétaire apprécie : « Lorsque je veux placer le tablier en dessous d’un chemin, je peux reculer sans risquer de faire basculer l’avant. Par contre, avec une charge importante à traîner, le Franklin se cabre et le demi-châssis abritant le moteur se tourne sur le côté à cause de son poids. »

Le petit pare-brise, encrassé par l’échappement, procure une visibilité limitée.

Le strict nécessaire

Installé au poste de conduite, le confort s’avère rudimentaire. Le petit pare-brise à l’avant constitue le seul vitrage de cet habitacle, les autres côtés étant protégés par des grilles. Deux profilés carrés relient l’avant du toit au haut de la calandre, protégeant ainsi le compartiment moteur en cas de chute d’un arbre et évitant aux branches de heurter la cabine. La direction du véhicule s’opère grâce à une poignée semblable au tiers supérieur d’un volant. Celle-ci manœuvre sur un quart de tour de chaque côté et agit comme un distributeur sur les vérins de direction. « C’est un coup de main à prendre, mais c’est assez pratique », commente l’utilisateur.

À gauche de la direction, les cadrans délivrent les informations relatives à la mécanique. La poignée rouge correspond au frein de parc.

Derrière cette commande, à gauche de la colonne de direction, le tableau de bord regroupe les quelques cadrans essentiels à la conduite de l’engin. Il comprend l’ampèremètre, afin de vérifier la charge de la batterie, les indicateurs de pression et de température d’huile de transmission, le thermomètre de liquide de refroidissement et le compteur d’heures mécanique. Un voyant d’alerte et les commandes de klaxon et d’arrêt moteur prennent place sur ce panneau. Juste à côté, une poignée ronde et rouge permet l’activation du frein de parc.

À droite, quelques voyants et boutons complètent l’instrumentation.

Du côté droit de la colonne de direction, un second panneau supporte les voyants respectifs du frein de parc et des blocages de différentiel des deux ponts. Il dispose également d’un commutateur d’enclenchement du blocage, de la tirette d’arrêt moteur, du bouton de démarrage et de l’interrupteur d’allumage des feux. À droite du siège, derrière le levier de transmission, trois distributeurs hydrauliques activent différentes fonctions sur le véhicule : montée et descente de la lame avant et du tablier arrière, et embrayage ou défreinage du treuil. Cette dernière commande reçoit un actionneur électrique répondant au système de pilotage à distance. Le récepteur de la radiocommande prend place à gauche du siège, à l’arrière de la cabine. « Le Franklin n’avait pas de télécommande lorsque je l’ai acheté. Celle-ci a été adaptée par les Éts Gouttequillet, à quelques kilomètres d’ici », précise le propriétaire.

Protégé par un boudin en caoutchouc, le câble d’accélération est actionné par le récepteur en cabine.

En plus d’agir sur le pilotage du treuil, le dispositif fabriqué par Fusilier, un spécialiste français de grande renommée dans le domaine, provoque l’arrêt et le démarrage du moteur, et module son accélération. Un actionneur dissimulé dans le boîtier du récepteur tire plus ou moins sur un câble relié à la biellette mécanique d’accélérateur sous le capot. La télécommande se recharge lorsqu’elle reste en cabine, sur son support dédié. Alors que le moteur de l’articulé ronronne au ralenti, Laurent saisi la télécommande et l’installe à sa ceinture, la bretelle intégrée à sa protection en cuir permettant de porter le boîtier en aluminium plus aisément. Il manipule les quelques commandes disponibles directement à portée de main et le Franklin s’anime sous les ordres de son opérateur, placé à plusieurs mètres du poste de conduite. L’enclenchement d’un interrupteur permet de relâcher le frein de la bobine de câble et de dérouler ce dernier pour l’attacher à un arbre.

Le puissant treuil Franklin accueille une bobine de 80 m de câble.

« Le treuil ne cale pas »

Le basculement de l’interrupteur déclenche la commande hydraulique d’embrayage et le filin d’acier entame son retour vers le débusqueur. Afin d’accélérer ce mouvement, le potentiomètre disposé au centre de la télécommande pilote, proportionnellement à sa position, le régime du moteur. Lorsque l’arbre est arrivé à proximité de l’engin, le retour à la position centrale du commutateur stoppe le mouvement du treuil et provoque le serrage de son frein. En cas de problème, ou lorsque le débardeur n’est pas utilisé pendant une longue période, un bouton permet l’arrêt du moteur. À l’inverse, il autorise également son redémarrage.

Fixée à la ceinture, la télécommande tombe sous la main. Elle offre plusieurs commandes : mise sous tension, démarrage/arrêt moteur, accélérateur, treuil droit, treuil gauche.

L’utilisateur m’exprime son ressenti vis-à-vis du treuil H-42 d’origine : « Sur ce modèle, il n’y a qu’un treuil de 16 t, mais il est très puissant, je ne l’ai jamais calé. Soit c’est le moteur qui s’arrête, soit c’est le câble qui casse. Ou bien le tracteur se cabre. Son seul défaut réside dans la taille de la bobine, qui ne peut accueillir que 80 m de câble. » Le système de radiocommande n’a jamais failli, donnant entière satisfaction à son utilisateur.Au cours des 4 400 heures qu’il a effectué au service de Laurent, le Franklin n’a connu que peu de soucis techniques : « J’ai remplacé les croisillons de cardan au niveau de l’articulation et les joints spi des trompettes. Mais vu le nombre d’heures, c’est de l’usure normale. »

Le tablier arrière se pose à terre afin d’augmenter la stabilité lors du treuillage et se relève pour les déplacements. En haut, il comporte les rouleaux entre lesquels circule le câble.

Le treuil, pour sa part, a donné un peu plus de fil à retordre. En effet, sa conception intègre le vérin de freinage à l’intérieur du boîtier et lorsque les joints de celui-ci commencent à fuir, l’huile qui s’en réchappe s’écoule dans les garnitures de frein et altère son efficacité. La bobine sur laquelle le câble s’enroule a également fait l’objet d’un remplacement puisque ses joues se sont écartées suite à d’importants efforts de traction.

Le levier de sélection du rapport de transmission s’avère pratique et son maniement est intuitif.

Désormais, le 405 jouit d’un repos mérité, mais reste fidèle au poste comme second tracteur et effectue quelques heures par an sur des chantiers de petite envergure ou lorsqu’il est plus simple de l’utiliser que de rapatrier son successeur, un Franklin 170 T3. Si ce dernier offre des caractéristiques semblables à celles de son aîné, son moteur Cummins à six cylindres développe 170 ch et anime deux treuils dont la capacité de traction s’élève à 16 t. Laurent a acheté ce second modèle en mai 2013, mais ne compte pas se séparer de son bon vieux 405.

 

Franklin, un demi-siècle de débusqueurs

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