Dossier : Valorisation des fourragesAvis d'expert : Le séchoir modifie les charges et les revenus de l'exploitation

Avis d'expert : Le séchoir modifie les charges et les revenus de l'exploitation
(©F.D.)

Florian Daloz, ingénieur commercial en séchage des fourrages au bureau d’études Base, est au service des éleveurs français pour apporter des solutions adaptées à leur projet d’installation d’un séchoir agricole.

« Lors de l’investissement dans un séchoir, deux étapes importantes sont à prendre en compte : le montant de l’installation du système et le calcul de sa rentabilité pour payer les annuités du projet », annonce sur-le-champ Florian Daloz, ingénieur commercial en séchage des fourrages au bureau d’études Base.

Dans un premier temps, l’installation du bâtiment de séchage exige l’intervention de nombreux acteurs.

« La construction d’un séchoir, c’est un marathon sur plusieurs années. L’éleveur doit être en capacité de monter un projet complexe avec de nombreux acteurs et de financer avec des fonds propres les frais de ce montage compris entre 5 000 et 10 000 € (études, permis de construire, demandes de raccordement électrique, prestation d’accompagnement, etc.) ».

Terrassiers, maçons, charpentiers, menuisiers, électriciens, bureau d’études, vendeurs de matériels : tout un écosystème gravite autour du projet. Les vendeurs du système de séchage interviennent plus ou moins dans le dimensionnement du projet et l’accompagnement du porteur de projet.

« Les aménagements à grande échelle gagneront en organisation par l’embauche d’un maître d’œuvre, tandis que les responsables de plus petites exploitations auront davantage intérêt à s’en occuper eux-mêmes, avec un accompagnement personnalisé leur permettant de mettre en concurrence les différents acteurs et ainsi d'espérer des prix plus intéressants. L’accompagnement complet sur un projet a un coût, le coût de la réussite », précise Florian Daloz.

Sur un site d’élevage ou en système collectif, la mise en place d’un séchoir en grange entre dans le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). Ce dernier, en fonction des régions, fournit différentes aides financières pour la modernisation des établissements d’élevage, comme les bâtiments de stockage ou de séchage.

« Suivant le projet, l’éleveur pourra espérer au minimum 10 % de subventions sur l’enveloppe globale de son investissement », affirme l'expert.

Régler ses annuités grâce au système de séchage

« À l’élaboration du projet d’installation du séchoir en grange, poursuit Florian Daloz, l’agriculteur doit estimer l’évolution de ses revenus d’exploitation impactant son excédent brut d’exploitation [EBE]. »

En effet, l’usage du séchoir en grange sur l’exploitation modifie automatiquement les produits et charges de celle-ci, comme un surplus de production fourragère séchée pouvant être revendu l’hiver, donc à des prix intéressants.

« Avec un séchoir, l’éleveur aura tendance à rechercher la qualité constante de l’alimentation de son troupeau, explique-t-il. La qualité du lait ou de la viande des animaux augmente grâce aux rations de qualité offerte par le séchoir. »

De multiples autres produits de l’exploitation peuvent subir une évolution à la suite d'un tel changement d’orientation : la valorisation du lait ou de la viande, les surfaces en céréales, la revente de l’électricité des panneaux photovoltaïques, etc.

« Avec ce type d’infrastructure, l’achat de concentrés diminue de 30 à 50 %, ajoute l'expert. Avec une ration de base à plus haut potentiel, il est parfois plus intéressant économiquement d’acheter du concentré en complément de sa production personnelle que d’être à 100 % autonome. »

La qualité de fourrage permise par le séchoir garantit, en sus, le bon état sanitaire du troupeau, limitant ainsi les frais vétérinaires.

« À 14 heures, il est plus intéressant de faire la sieste que de faner », illustre-t-il sur le ton de l’humour.

Faner au-delà de 50 % de matière sèche en système de séchoir en grange crée des charges de mécanisation inutiles. Supprimer un fanage dans la chaîne de récolte économisera l’énergie électrique consommée par le système de séchage. Florian Daloz estime que la qualité de fourrage dépend à 25 % de la météo, à 25 % du système de séchage et à 50 % de la technicité de l’éleveur dans la gestion de la chaîne de récolte et du suivi de son séchoir.

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