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Manutention - chariot télescopique  Essai du Bobcat TL43.80HF V-Drive : le félin s'assouplit

Le félin conserve son moteur maison de 135 ch, sa flèche de 7,5 m et sa cabine dotée d’un pare-brise bombé garantissant une bonne visibilité.
Le félin conserve son moteur maison de 135 ch, sa flèche de 7,5 m et sa cabine dotée d’un pare-brise bombé garantissant une bonne visibilité. (©Florentin Portail)
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Bobcat dévoilait en début d’année 2025 sa transmission hydrostatique de dernière génération nommée « V-Drive » pour ses chariots télescopiques de la série TL ((R ?)). Nous avons profité de notre semaine estivale d’essais sur plusieurs exploitations dans la Haute-Saône pour mettre à l’épreuve le plus gros modèle de la marque au lynx, le TL43.80HF, doté de cette transmission et en apprécier ainsi les évolutions. Au programme, ramassage et empilage de balles rondes de paille, d’enrubannées et chargement de compost et de fumier au champ.

En apercevant dans la cour de la ferme le Bobcat TL43.80HF V-Drive, modèle de génération précédente que nous avions déjà eu à l’essai lors de notre comparatif de neuf chariots télescopiques de 2021, rien ne présage de différences notables. En s’approchant, le seul signe distinctif extérieur accordé à cette évolution de la transmission se réduit à un simple autocollant indiquant « V-Drive ». Côté point technique idem, seul le réservoir dédié à la transmission hydraulique est augmenté de 11 L pour atteindre 70 L. Même en cabine, le bouton sur le joystick pour passer des gammes lièvre à tortue est identique. C’est bien en prenant les commandes du félin que je vais pouvoir me rendre compte du comportement de la bête. Allez, c’est parti pour une semaine d’essai juste après la moisson sur deux exploitations de la Haute-Saône. Le premier chantier de la semaine va me permettre de prendre en main le Bobcat sur la route, pour rejoindre les parcelles où je dois regrouper les balles rondes fraîchement pressées puis les charger sur les plateaux.

Le passage sous charge entre les gammes lièvre et tortue rend les chantiers de ramassage de bottes au champ plus rapides. (© Henri Etignard)

Régulateur de vitesse

Florian Hilbert, chef produit de la marque, m’a auparavant présenté les évolutions de ce chariot télescopique, dont le régulateur de vitesse. Les 8 kilomètres de route seront idéaux pour tester cette nouvelle fonction. Sécurité oblige, il faut boucler sa ceinture pour que la fonction Cruise Control soit programmable. Une fois lancé à l’allure souhaitée, j’appuie sur un bouton orange positionné à ma droite en cabine pour valider la vitesse, que je peux ensuite modifier à l’aide des boutons « + » et « - » au joystick. Je roule à 40 km/h à 1 700 tr/min sans utiliser la pédale. Au poste de conduite, j’apprécie la touche raccourcie sur l’accoudoir, à portée de main, pour passer en mode deux roues directrices. Je l'utilise instinctivement pour rouler sereinement à 40 km/h. Les autres modes sont accessibles dans le terminal tactile. 

Toute la partie inférieure du lynx est protégée par des tôles ornées de trappes boulonnées pour l’entretien. (© Henri Etignard)

Passage sans contrainte des gammes

En arrivant dans la parcelle, d’un simple appui du pouce sur le bouton orange au joystick, représentant un lièvre et une tortue, je diminue la plage de la transmission tout en continuant à rouler. Un pictogramme « tortue » s’affiche en haut du terminal couleur de 7” prenant place à droite du volant, sur la console. Je repasse en quatre roues directrices et me dirige vers le fond de la parcelle. Pour gagner en rapidité d’exécution, je reviens au mode lièvre, ce qui me permet de rouler à plus de 20 km/h. Afin de gagner en précision lors de la manutention et du chargement des balles, je repasse en « tortue ». Le félin conserve ici les mêmes aptitudes et la même stratégie de commande. Au lancement de cette génération R, en 2021, Bobcat a quelque peu modifié la conduite de ses engins en plaçant notamment l’inverseur derrière le joystick. Dans cette configuration, le pouce reste alors disponible pour télescoper la flèche et gérer la troisième fonction avec la seconde commande.

La transmission semble moins bruyante que la version précédente. En tout cas, elle ne nous a pas perturbés pendant nos divers chantiers. (© Florentin Portail)

Après une journée à ramasser quelques centaines de balles rondes, les deux jours suivants me permettent d'apprécier les capacités de la transmission en chargeant du fumier puis du compost au champ. Le branchement des deux flexibles dédiés à la troisième fonction est un jeu d’enfant. Les prises plates tolèrent une connexion sous pression. Il me suffit de maintenir le raccord femelle contre le mâle, puis la pression s’équilibre, et le branchement se fait rapidement. Prenant gentiment mes marques avec le lynx sur la route, je me rends compte du frein moteur de la transmission.

La large pédale de frein permet, lors d’un faible appui sur cette dernière, d’approcher avec précision de l’épandeur au chargement de fumier. (© Florentin Portail)
(© Henri Etignard)

Start&Stop en standard

Dans les intersections, j’utilise à peine le frein. Le seul fait de lâcher l’accélérateur fait nettement ralentir l’automoteur. Une fois au tas, je règle l’accélérateur à main au régime de 1500 tr/min. Je note une bonne visibilité générale, notamment sur l’avant, mais aussi sur l’arrière en l’absence de montant arrière droit dans l’axe de la roue arrière opposée. Dans les bâtiments, c’est un avantage notable. Mon collègue vient me demander mon avis sur l’engin, quand, au bout de 30 secondes, le moteur se coupe tout seul. Il s’agit du Start&Stop.

Ce rangement d’une vingtaine de litres permet de stocker une sangle, une chaîne, des manilles ou d'autres outils comme une paire de tenailles. (© Henri Etignard)

Une fonction programmable mais bien utile pour limiter les heures inutiles au compteur. Si je reprends les commandes avant un temps imparti réglable depuis le terminal, le moteur redémarre sans que j’aie besoin de tourner la clé de contact. C’est un gage de confort, de simplicité et d’optimisation des heures au compteur de la machine. Autre évolution sur ce TL, le frein de parking s’active automatiquement. Au redémarrage, il me suffit de choisir le sens de marche au joystick ou au volant, et il se désenclenche de lui-même. Idem, si je descends de la machine et oublie de le mettre, dès que je quitte le siège, il s’active. C’est très sécurisant.

La fonction Start&Stop qui coupe le moteur après 30 secondes d’inactivité est un vrai plus pour diminuer les heures inutiles au compteur de la machine. (© Aurélien Guillard)

Un bilan positif

Bon, et cette transmission ? Difficile de se rendre compte des différences sans avoir le précédent modèle pour comparer. Le fabricant annonce une baisse de 3 dB(A) en cabine, liée au montage de la transmission sur silentblocs. Après avoir chargé des balles, du fumier au champ et même terrassé de la terre, ce chariot télescopique reste un bon compagnon de manutention. La pompe débitant 190 L/min rend les mouvements rapides, et s’ils le sont trop, il est possible de limiter le débit à l'aide de la commande SHS, ainsi qu'avec les boutons « + » et « - » du joystick pour gagner en précision. J’ai apprécié le régulateur de vitesse et le frein moteur de ce chariot télescopique facile à prendre en main. Le passage des gammes lièvre/tortue sans rupture de couple est un confort, et la transmission semble moins bruyante que la précédente. En effet, dans notre précédent comparatif, nous avions noté une nuisance sonore bien présente. Ce n’était vraiment pas le cas sur notre version V-Drive.  

Petite pointe d’humour du constructeur avec le dessin d’un télescopique chargeant des gravats représentés par les points entourant la vitre. (© Henri Etignard)

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