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Essai tracteur standard  Essai Claas Arion 660 CMatic Night Edition : l’ultime version du best-seller

Avec la finition Night Edition, la couleur grise Claas s'étend aux jantes, au toit de cabine et aux autocollants, et de nombreuses options sont proposées de série.
Avec la finition Night Edition, la couleur grise Claas s'étend aux jantes, au toit de cabine et aux autocollants, et de nombreuses options sont proposées de série. (©Joseph Marien)
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Modèle le plus vendu par Claas en 2025, l’Arion 660 CMatic se présente ici dans sa finition haut de gamme « Night Edition ». Nous l’avons évalué au labour et au transport de fumier pendant une semaine.

En attendant d’essayer la série 6 et son premier modèle, le Claas Arion 6.190, dévoilé à Agritechnica en fin d’année dernière, nous testons son prédécesseur : le Claas Arion 660 CMatic. Si nous l’avions déjà pris en main en 2019, le modèle a depuis connu quelques évolutions, notamment du côté du software de la transmission et du freinage. Je n’en dis pas plus, suivez-moi pour cet essai hivernal sur une exploitation essonnienne. À mon arrivée sur la ferme, je découvre le tracteur, qui bénéficie d’une finition toute particulière : la Night Edition. L’Arion revêt ainsi la couleur grise du châssis sur ses jantes, le toit de cabine, les capots latéraux et les autocollants. Contour d’échappement chromé, vitre arrière teintée, toit ouvrant, trompe de klaxon et feux clignotants jaunes placés à l’avant de la cabine… le tracteur s’équipe de nombreuses options d’office. À bord s’ajoute un autoradio doté des fonctions Apple CarPlay et Android Auto, pour connecter son smartphone. Le volant en cuir et le siège comportent une inscription rappelant l’édition spéciale. J’adore le rendu de cette « Night Edition ». Mais il est maintenant temps d’en prendre les commandes.

Comme à la maison

Pour accéder à la cabine, j’emprunte trois marches. Si ces dernières sont bien positionnées en escalier, j’aurais tout de même préféré qu’elles soient plus larges. Une fois à bord, je ne suis pas perdu, alors que je connais peu l’univers Claas. Tout est clair et bien à sa place. J’apprécie le bon nombre de commandes en physique à disposition, à l’heure où de plus en plus de fonctions se gèrent via le terminal. Je me dirige pour atteler la charrue de huit corps Rapidlab de Bugnot. Par habitude, j’utilise dans un premier temps l’inverseur. Ce dernier offre une position parking, malheureusement trop proche de la marche avant. Il m’est ainsi arrivé de confondre ces deux positions plusieurs fois au cours de l’essai.

Le Claas Arion 660 CMatic reste fidèle au bloc-moteur Deere Power Systems (DPS) de 6,8 L de cylindrée. (© Joseph Marien)

La transmission se gère, au choix, à l'aide des pédales ou du levier CMotion. Pour atteler, celui-ci m’apporte plus de précision et me permet d’évoluer à une vitesse minimale. Avant de partir au champ, j'entre dans la partie optimisation, aussi appelée « Cemos ». Étape par étape, je suis guidé dans le terminal pour remplir les informations de mon outil : type d’attelage, poids, largeur de travail… Le système me propose en conséquence une préconisation de pression des pneumatiques et de lestage. La masse de 1 t concorde avec la proposition du Cemos. J’abaisse la pression à 1 bar à l’arrière et à 0,7 bar à l’avant. Un schéma illustre le compactage estimé sur trois niveaux de profondeur de 15 à 45 cm pour bien comprendre l’impact du gonflage et du lestage.

L’assistant Cemos permet d’obtenir une préconisation de lestage et de pression pour les pneumatiques en fonction de l’outil attelé. (© Joseph Marien)

Tout sur le levier principal

Arrivé dans la parcelle, je prends le temps de régler une temporisation et de réduire le débit dans le distributeur chargé du retournement de la charrue. La manipulation se fait aisément, directement en cliquant sur le distributeur affiché sur l’écran en « mode champ » ou via le menu dédié à l’hydraulique. Si l'interface est globalement fluide, je note tout de même une légère latence lors du choix des valeurs. J’affecte ensuite ce distributeur aux boutons F7 et F8 placés sur le levier CMotion. Les commandes du relevage (butée haute, vitesse de descente, contrôle d’effort…) placées dans le montant arrière droit me simplifient la vie pendant les réglages de la charrue, puisque je suis naturellement tourné vers l’arrière. La charrue travaillant hors raie, je compte bien profiter du guidage GPS pour moins me fatiguer et réaliser un joli labour au cordeau. J'entre alors à nouveau les informations de mon outil dans l’écran Cemis alloué au guidage. Je regrette que ce dernier ne communique pas avec le terminal principal, ce qui m'éviterait cette nouvelle manipulation. Après chaque demi-tour, une fois placé au bord de la raie, je dois recentrer mon placement GPS sur l’écran, car la charrue ne travaille pas au centre du tracteur. J'active donc le guidage, directement sur le levier, puis adapte le décalage pour être bien positionné. La manipulation est simple, mais la position de l’écran, dans le plafonnier de cabine à droite, n’est pas des plus ergonomique. L’idéal serait de pouvoir affecter un bouton à la fonction de recentrage, voire aux décalages.

Les quelque 200 ch de l’Arion 660 CMatic sont plus que suffisants pour tracter la charrue Bugnot Rapidlab de huit corps. (© Joseph Marien)

Le labour est réalisé à 15 cm, et j’évolue avec un cruise (régulateur) à 7 km/h. Selon les zones de terre, le régime moteur oscille entre 1 300 et 1 400 tr/min. Je pilote l’ensemble des fonctions (relevage, retournement, lancement du guidage et vitesse cible) au pouce sur le levier. J’aurais pu créer des séquences de bout de champ pour plus de confort, mais au vu de la configuration de la parcelle, je privilégie le maniement de chaque commande, une à une. Pour les habitués de l’inverseur à gauche du volant, dont je fais partie, il faudra un temps d’adaptation, mais cette fonction est également disponible sur le levier CMotion. Seuls prérequis, l’inverseur « classique » doit être en position neutre et le premier changement de sens au joystick doit s'accompagner d’un mouvement du levier en avant ou en arrière. Ensuite, l’appui sur le bouton d’inversion suffit à modifier le sens de marche. Un vrai confort pour les demi-tours ! La main droite fait tout, et la main gauche reste sur le volant.

(© Joseph Marien)

Sécurisant au transport

Le lendemain matin, alors que je m'apprête à monter dans la cabine de l’Arion, je constate que la condensation a embué toute la surface vitrée extérieure. Je prends donc un chiffon pour y voir clair. Je note la présence d’une large plateforme côté droit et de petits crans formés sur le réservoir à droite : parfait pour nettoyer ses vitres en toute sécurité. J’en profite pour allonger les tiges des rétroviseurs non motorisées, les miroirs principaux se commandant quant à eux depuis la cabine. La charrue et la masse retirées, j’attelle la benne Dangreville B-One 29 à deux essieux. Avant de prendre la route, j’augmente la pression des pneumatiques à l’aide de la sortie d’air au-dessus du marchepied. En cabine, je passe de la plage de vitesse virtuelle intermédiaire à rapide. Je m’engage à vide pour rejoindre le centre équestre où nous chargeons le fumier. La forme atypique du levier me paraît ergonomique, la conduite est plaisante. Mon index et mon pouce sont sur le dessus et mes trois autres doigts prennent place naturellement sur l’arrière. Une fois la benne chargée d’une quinzaine de tonnes de fumier, je m’élance pour atteindre les 40 km/h. La vitesse cible est rapidement atteinte, et le régime moteur se stabilise à 1 400 tr/min. Dans les montées, la transmission s’adapte et le régime atteint les 1 800 tr/min. Pendant ces phases, ainsi qu'à l’accélération, le bruit ressenti en cabine est bien présent. 

L’Arion 660 CMatic, tractant une benne Dangreville B-One 29 chargée de 15 t de fumier, atteint facilement les 40 km/h au régime économique de 1 400 tr/min. (© Joseph Marien)

La benne étant équipée du freinage pneumatique, j'essaie le système de maintien en ligne de l’ensemble tracteur-attelage. Grâce à un capteur de couple dans la transmission, cette assistance au freinage détecte quand la benne entraîne le tracteur dans les descentes. L’automatisme freine alors automatiquement la remorque pour éviter qu'elle ne se mette en portefeuille. Pour cette partie, difficile de ressentir l’action de l’assistance mais, du moins, je me sens sécurisé dans les descentes. Le système permet aussi d’assister le freinage de la benne dans les phases de ralentissement. Lorsque le levier est tiré vers l’arrière, même avec une conduite à la pédale, l’automatisme ralentit le convoi, en plus du frein moteur du tracteur. Après plusieurs allers-retours, je désactive la fonction depuis le bouton qui lui est associé. La différence est plutôt parlante : en ralentissant dans les mêmes conditions, le tracteur atteint en effet un régime de 2 400 tr/min, contre 2 200 tr/min avec l'assistance au freinage active. Côté confort enfin, rien à redire, le siège pneumatique haut de gamme, combiné à la cabine suspendue sur quatre points et au pont avant, offre un agrément de conduite sur route. Après une petite semaine à ses commandes, je retiens de cet Arion 660 sa facilité de prise en main et son bon niveau de confort. Pas de doute : reprenant les mêmes bases, son remplaçant saura séduire les utilisateurs. Reste à savoir s'il aura le privilège de la Night Edition ?

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