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Essai chargeuse articuléeEssai chargeuse Claas Torion 738 T Sinus : un angle bienveillant

Essai chargeuse Claas Torion 738 T Sinus : un angle bienveillant
(©H.E.)

La Torion 738 T Sinus, unique chargeuse articulée à bras télescopique proposée par Claas, est issue du partenariat signé avec Liebherr depuis 2017. Capable de lever 3,8 t et d’atteindre une hauteur de manutention de plus de 4,8 m, elle se démarque par son double système de direction. Celui-ci repose sur une articulation centrale associée à l’essieu arrière directeur, nommée « Sinus », diminuant l’angle de braquage. Dommage, son moteur de 73 ch limite les performances lors des déplacements routiers. 

N’ayons pas peur des mots. Nos voisins allemands sont très friands des machines de manutention à châssis articulé, tandis que nous, les Français, le sommes moins. Attention, je ne jette la pierre à personne. Avant d’avoir pris moi-même le volant d’une machine similaire, j’étais sceptique quant à la stabilité d’une chargeuse articulée à bras télescopique. Porter une lourde charge en hauteur et « casser » le châssis pour tourner donne parfois des guilis au ventre ! Mais après quelques heures de conduite, la confiance et les performances sont bien là.

La Torion 738 T Sinus de Claas sort tout droit de l’usine de chargeuses à pneus Liebherr située au Tyrol, en Autriche.

Claas, via son partenariat avec Liebherr pour la fabrication de ses matériels de manutention, propose depuis peu ce type de machine avec la Torion 738 T, une chargeuse à bras télescopique d’un poids opérationnel de 7 t. Celle-ci se distingue par une double direction nommée « Sinus ». Le but ? Diminuer l’angle de braquage, permettant ainsi d’augmenter la stabilité et, au passage, la capacité de charge. Comment ? En remplaçant l’essieu fixe à l'arrière par un pont directeur relié à l’articulation du châssis.

L’oscillation pour le suivi des irrégularités du sol prend place au centre de la machine, au niveau de l’articulation, et offre +/- 10° de débattement.

Le constructeur annonce une charge de basculement de 3,8 t avec les roues et le châssis braqués, et de 4,3 t lorsque ce dernier reste droit. Pour en avoir le cœur net, nous avons pris les commandes de cette chargeuse de 73 ch le temps d’une journée, sur une exploitation en polyculture-élevage située dans la Haute-Saône. Au programme, alimentation du digesteur de la méthanisation et chargement de digestat solide au champ pour son épandage.

Notre modèle d’essai reçoit une monte de pneumatiques agraires en 400/70 R20, la taille maximale pour cette machine de 7 t de poids à vide.

Une cabine sobre

L’accès en cabine se fait à l’aide de deux marchepieds sécurisés par des poignées et uniquement du côté gauche de la Torion. À bord, je m’installe sur le siège à suspension mécanique muni d’un appuie-tête et d’un accoudoir réglable à droite au bout duquel prend place le joystick. La colonne de direction s’ajuste par une pédale au plancher, basculant ainsi le volant à ma guise.

En cabine, les commandes tombent sous la main, les pictogrammes sont identifiés et la structure à quatre montants offre une bonne visibilité générale.

Malgré la faible profondeur de la cabine à quatre montants, je me sens très à l’aise. Les deux pédales, réparties de part et d’autre de la colonne de direction et légèrement inclinées vers l’intérieur, favorisent le bon contrôle de l’avancement à l’aide des pieds. Une fois la clé de contact tournée au niveau de la console de droite, il est regrettable de devoir attendre plusieurs secondes avant que le terminal ne s’allume pour, enfin, démarrer le moteur. Le temps que la mécanique chauffe, j’en profite pour naviguer dans l’écran tactile. Fixé au montant avant droit, ce dernier regroupe les informations et les réglages de la partie hydraulique.

Le joystick permet de gérer les fonctions hydrauliques, à l’instar de la montée et de la descente de la flèche, de la sortie du télescope et du contrôle de l’outil.

Le menu principal apporte un grand nombre d’éléments (voir partie technique). Pour apprivoiser la Torion 738 T Sinus, je commence par repousser le digestat tombé sous le séparateur de phases. La visibilité générale depuis la cabine est bonne, et la conduite est rendue souple grâce à la transmission hydrostatique. Le joystick pilote des distributeurs proportionnels permettant des mouvements précis lors de mon approche près du mur.

Le sens de marche se gère à l'aide de l'index derrière le joystick.

L’inversion du sens de marche se contrôle par un interrupteur placé derrière le joystick, à l’aide de l’index. Il me suffit d’accélérer au pied pour avancer, tandis que la pédale de gauche facilite les manœuvres d’approche et freine la Torion par un appui plus marqué. Après avoir remonté le tas de digestat, je rejoins les agriculteurs au champ, situé à une dizaine de kilomètres, sur un chantier d’épandage. J’en profite pour activer la suspension de flèche en mode automatique depuis la console de droite. Un pictogramme au terminal m’indique la validation de ce paramètre.

Un levier en croix piloté à l’aide du pouce contrôle aisément les troisième et quatrième fonctions hydrauliques de l’outil.

Une force de poussée notable

La transmission compte deux gammes à passage automatique. Elle me permet de rouler à 40 km/h une fois la Torion lancée. Sur le parcours vallonné, la chargeuse peine quelque peu dans les montées et pèche par un manque de puissance moteur. Arrivé dans la parcelle, je passe en gamme tortue, limitée à 20 km/h et schématisée au terminal par le code « G1 ». Un pictogramme aurait été plus explicite. La machine dispose d’une transmission intégrale permanente et d’un blocage de différentiel à glissement limité au niveau du pont avant. Je suis bluffé par sa capacité à pousser le tas pour charger le godet malgré ses roues de 20 pouces et son moteur relativement peu puissant. Je regrette le temps nécessaire à la sortie de la flèche pour charger l’épandeur.

L’oscillation pour le suivi des irrégularités du sol prend place au centre de la machine, au niveau de l’articulation, et offre +/- 10° de débattement.

Notre machine d’essai était équipée de la petite pompe à engrenage débitant 93 L/min. L’optionnel modèle de 124 L/min devrait la rendre plus véloce. Après plusieurs godets, je limite le débit du bennage depuis le terminal, trop brusque à mon goût. Le chargement de l’épandeur au champ me donne la possibilité d’apprécier la stabilité annoncée par la marque allemande. Pour le suivi du sol, l’articulation centrale offre une oscillation entre les deux ponts. La direction de l’essieu arrière limite le braquage du châssis articulé pour manœuvrer du tas vers l’épandeur. Cela me permet de commencer la levée de la flèche bien avant d’atteindre la caisse de l’épandeur, sans crainte que la machine ne tangue trop. Ma main droite gère l’intégralité des fonctions de la flèche.

L’empattement de 2,15 m et la double direction – articulation et essieu directeur arrière – génèrent un rayon de braquage de 4,50 m.

La partie supérieure du petit levier en croix m’autorise à ouvrir la pince tout en bennant l’outil. Après plusieurs épandeurs chargés, je me sens à l’aise et en toute sécurité pour ce travail sur un sol meuble.

On a aimé

- La prise en main instantanée.

- La stabilité de la machine.

- La visibilité panoramique offerte par la position haute du poste de conduite.

On a moins aimé

- Le manque de puissance et de débit hydraulique.

- Le démarrage long du terminal.

- L'affichage lièvre/tortue peu explicite.

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