PicardieFeu vert pour l’extension de l’usine Massey Ferguson

Feu vert pour l’extension de l’usine Massey Ferguson
(©B.S. )

Vendredi 2 juillet 2021 pourrait être une date amenée à compter dans l’histoire industrielle de Massey Ferguson en France. Après un premier agrandissement (Beauvais 2), puis un deuxième (Beauvais 3), un quatrième (Beauvais 4) ainsi que le projet de maison mondiale de Massey Ferguson sont à présent sur les rails.

En annonçant accepter de débourser une somme de 11 à 13 M€ pour réaliser un pont déviant la circulation routière de son avenue Blaise-Pascal, la ville de Beauvais, son agglomération, le département de l’Oise, la région des Hauts-de-France et l’État vont permettre au groupe Agco de concrétiser son projet d’extension de son site français sur un espace unifié de 54 ha. Dans la mesure où l’entreprise débourse chaque année 2,3 M€ de taxes foncières, a investi près de 350 M€ durant les trois dernières années et emploie 2 500 salariés dans la région, il est difficile pour les responsables politiques locaux de ne pas l’accompagner dans ses projets de développement.

Actuellement, ce site produisant près de 80 tracteurs par jour et fabriquant, via la coentreprise Gima, des transmissions pour des modèles Claas et Massey Ferguson, peine à trouver des marges de productivité en raison de son emplacement. Il se trouve coincé entre une voie ferrée, une station d’épuration et surtout, une avenue Blaise-Pascal très fréquentée. Les échanges avec l’usine de cabine Beauvais 2 et son site logistique Beauvais 3 l’obligent à organiser près de 120 navettes par jour, et donc à alourdir encore le trafic de cet axe routier supportant un passage quotidien de près de 19 000 véhicules légers, 2 000 poids lourds et quelques convois exceptionnels.

Une maison mondiale Massey Ferguson

C’est pourtant de ce côté de la rue que le constructeur a trouvé de la place pour concrétiser ses projets de développement industriel. Les friches laissées vacantes depuis l’arrêt de l’usine de crèmes glacées Froneri vont lui permettre de trouver une continuité entre son site historique et ses deux nouveaux, Beauvais 2 et Beauvais 3. Il va surtout donner le coup d’envoi du projet Beauvais 4. Ce dernier est plutôt ambitieux, car en plus de prévoir de nouveaux ateliers de personnalisation de tracteurs ou de production de sous-ensembles et composants destinés à l’ensemble des usines du groupe, il ambitionne d’implanter un centre d’essai et de validation des produits équipé d’une piste dédiée. Il veut ainsi hisser le site au rang de centre décisionnel mondial de la marque Massey Ferguson. D’un côté, des ateliers reprendront des fabrications de composants jusque-là sous-traitées. De l’autre, des spécialistes issus de tous les pays viendront grossir les équipes de recherche-développement, de vente et de marketing.

Les travaux ont déjà démarré pour remettre en état les sites industriels à l’abandon, désormais propriétés d’Agco. Sur un budget prévisionnel de 50 M€, près de 15 ont déjà été dépensés. Ils ont permis de mettre en place un atelier de fabrication de pièces en plastique par imprimantes 3D, un autre de confection des milliers d’autocollants de signalisation, d’information et de décoration apposés sur les tracteurs et surtout, un troisième entièrement automatisé façonnant des tubes hydrauliques pour tracteurs. Dimensionné pour produire annuellement 700 000 unités de 1 400 références, cet investissement de 8 M€ est destiné générer de la flexibilité et des économies de coûts par rapport aux approvisionnements actuels venant d’Allemagne, d’Italie et de France. 

Par ailleurs, du côté de son site historique, le constructeur entend transformer et agrandir son showroom pour en faire la maison mondiale de Massey Ferguson. Avec une qualité d’accueil similaire à celle d’espaces équivalents existants dans l’industrie automobile, il pourrait accueillir, avec son restaurant, sa boutique, son amphithéâtre et son espace d’exposition, près de 20 000 visiteurs par an.

Le pont routier déviant le trafic de l’avenue Blaise-Pascal s’est imposé comme la solution la plus simple pour que le constructeur puisse organiser les flux logistiques entre ses anciens et ses nouveaux sites. La présence d’une nappe affleurante rendait en effet impossible la construction d’une trémie souterraine.

Réagir à cet article

Les dernières annonces de matériel agricole d'occasion

Sur le même sujet

Nominations

Un Américain et un globe-trotter à la tête de Case IH

Tama

Des ficelles mieux recyclées

Véhicules agricoles

Un configurateur en ligne chez Joskin

Dialogue social

10 000 travailleurs en grève chez John Deere

Pénurie de composants

CNH met des usines à l’arrêt

Arrachage de betteraves

Cure de jouvence pour les automotrices Moreau et Matrot

Pologne

Ursus va mal

Matériels de fenaison

Roc rejoint Kverneland

Réseaux

Champagne pour McCormick